Le Dernier Crépuscule
LE CHANT DU CYGNE
XVII
LE DERNIER CRÉPUSCULE
Rendez-vous compte du bien trop pâle intérêt
Dont je suis, las, l’objet, de la part de ma fille,
Ne se souciant pas si je porte béquille,
De ne prendre nouvelle et ne s’inquiéter ?
Son silence à Noël me fut lourd à porter,
Comme même ne pas m’en formuler excuse,
Ou bien, tenter encor la boutade qui fuse ?
J’y pense et reste là, seule à délibérer…
Sur mon rôle de mère à qui, Bonheur donné,
Fut repris brusquement, comme celui d’épouse,
Quand me vient à l’esprit l’image de l’arbouse
Fort agréable à voir, mais au goût condamné !
Or, ce fruit bien amer mais gracieux d’aspect,
À qui touche à l’objet bien vite le regrette
Pour avoir porté l’œil sur cette bogue à crête
Qui sait, à qui le sait, lui paraîtra suspect…
Le vingt et un juillet, jour mémorable en soi,
Puisque immuable jour de mon anniversaire,
Date bien émissaire et qui m’est adversaire,
Fut le dernier moment où j’entendis sa voix.
Les mois passent si vite à mon âge, et mon lot,
Est d’attendre qu’enfin, à ma rencontre vienne,
Le dernier crépuscule enrubanné d’antienne,
Qui m’emportera vers cet Ailleurs qui me chaut.
M.A.B.M.
Cannes le 18 Février 2017
Page 18
Droits Réservés.
XVII
LE DERNIER CRÉPUSCULE
Rendez-vous compte du bien trop pâle intérêt
Dont je suis, las, l’objet, de la part de ma fille,
Ne se souciant pas si je porte béquille,
De ne prendre nouvelle et ne s’inquiéter ?
Son silence à Noël me fut lourd à porter,
Comme même ne pas m’en formuler excuse,
Ou bien, tenter encor la boutade qui fuse ?
J’y pense et reste là, seule à délibérer…
Sur mon rôle de mère à qui, Bonheur donné,
Fut repris brusquement, comme celui d’épouse,
Quand me vient à l’esprit l’image de l’arbouse
Fort agréable à voir, mais au goût condamné !
Or, ce fruit bien amer mais gracieux d’aspect,
À qui touche à l’objet bien vite le regrette
Pour avoir porté l’œil sur cette bogue à crête
Qui sait, à qui le sait, lui paraîtra suspect…
Le vingt et un juillet, jour mémorable en soi,
Puisque immuable jour de mon anniversaire,
Date bien émissaire et qui m’est adversaire,
Fut le dernier moment où j’entendis sa voix.
Les mois passent si vite à mon âge, et mon lot,
Est d’attendre qu’enfin, à ma rencontre vienne,
Le dernier crépuscule enrubanné d’antienne,
Qui m’emportera vers cet Ailleurs qui me chaut.
M.A.B.M.
Cannes le 18 Février 2017
Page 18
Droits Réservés.
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6 commentaires
aurorefloreale · le samedi 11 mars 2017 à 11:09
Bon chemin à vous, comme je vous comprends, les miens sont revenus épanouis et reconnaissants...
Aurorefloreale
Aurorefloreale
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 11 mars 2017 à 11:36
Oui, cela est bien personnel. Cependant, quel talent d'écriture, comme toujours, Micheline, pour décrire cette petite tranche de vie à laquelle s'attache votre émotion.
Passez une belle fin de semaine, Micheline. Avec ma fidèle amitié. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Plumeflore · le dimanche 12 mars 2017 à 20:15
c'est tout à votre honneur!
bonne soirée chère dame!
Marc!
Micheline 1940 · le dimanche 12 mars 2017 à 20:17
Micheline.
Micheline 1940 · le lundi 13 mars 2017 à 13:55
Voyez-vous, je ne pense pas « sur jouer » de mon émotion, car aujourd'hui je sais avoir atteint le point de non retour. Lorsque l'on a offert à son unique enfant, désiré et attendu comme un trésor, tout son amour comme aussi les meilleures études dans les meilleurs établissements, les plus beaux voyages, un bel appartement personnel, de beaux meubles et moult tableaux, objets d'art pour le garnir, voiture pour aller ) la Faculté, bijoux, et que l'on s'entende dire "la maison n'a pas pour vocation à nourrir les improductifs" à cause d’une grasse matinée permise à 70 ans, j'ai cru mourir de honte, pour elle et pour moi... Jamais de sa part un moindre remord ni une seule excuse, aussi je me renferme sur mes certitudes qui sont hélas ce quelles sont, de bien tristes choses...Merci d'être passé me lire, Philip, cela me fait toujours plaisir de vous voir sur mes lignes.
Bien amicalement,
Micheline.
Micheline 1940 · le lundi 13 mars 2017 à 14:39
C'est si gentil à vous de venir me marquer un signe d'amitié au pied de ce texte si chargé de douleur, et malheureusement véridique, bien au-delà de ce que j’ai pu en écrire, car m'ayant longtemps crucifiée, et qui, maintenant, me laisse démunie d'amour filial. Je sais qu'en Asie, les Anciens sont respectés, aimés et choyés comme de fragiles trésors qui sont prêts à disparaître pour jamais, et que l'on cherche à retenir par un trop plein d'amour et de tendresse. Mon rejeton, sous ces latitudes, aurait été tout bonnement jeté aux flammes et voué aux pires critiques de la communauté, majorité de gens de bien.
C'était autrefois une enfant pleine d'amour, puisque l’amour régnait chez nous, et toujours à réclamer tendresses que nous lui donnions avec une admiration sans bornes pour sa vive intelligence et sa beauté de coeur comme de belle personne...
C'était une autre époque, et le passé ne revient jamais, n'est ce pas ? Pourtant, si nous pouvions remonter l’écheveau du Temps, il ferait si grand soleil dans mon cœur !
Merci, Marc, d'être venu m'écrire vos lignes, pour me montrer ainsi que vous n'étiez pas indifférent à ce qui me touchait au moment où j’en souffrais...
Mes bonnes amitiés au Poète de la Nature, ainsi qu'à votre bien douce Marie.
Bonne journée !
Micheline.
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