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🐎🐃🩅5 - La fĂącheuse conquĂȘte de l'ouest

Le jeudi 23 mai 2019 à 22:59, posté par FRANCOIS · 172 lectures

Illustration du poĂšme « 🐎🐃🩅5 - La fĂącheuse conquĂȘte de l'ouest »
Quelles sont les Ă©nergies dĂ©ployĂ©es par d’astucieux arcanes,

qui drainent d’amphigouriques perceptions, s’amusant à

tambouriner les versants crĂ©pusculaires de l’inconscient, en

saupoudrant tout un amalgame d’illustrations vaporeuses,

tourbillonnant dans vos méninges endolories.




DĂšs que la plus insignifiante Ă©tincelle de l’inspiration jaillit

dans une infrastructure de votre esprit, il ne faut pas hésiter

Ă  capturer ce faisceau lumineux, bien souvent fugitif, afin

d’accommoder une versification divergente de la prĂ©cĂ©dente,

en s’efforçant d’expliquer au casuel lecteur les fondements

de cette nouvelle narration.



Avant d’évoquer la pĂ©riode relatĂ©e dans la «fĂącheuse conquĂȘte

de l’Ouest», il est nĂ©cessaire d’effectuer un retour en arriĂšre,

en se penchant sur l’intervalle temporel antĂ©rieur Ă  l’exposĂ©

des événements, qui ont concouru à la naissance du terme

Wild West («Ouest Sauvage»),appellation plus adaptée que

Far West («Ouest Lointain»), mot suffisamment familier dans

les pays européens.



Bien entendu, en s’autorisant quelque dĂ©sinvolture, l’on peut

prétendre, à juste titre, que ce gigantesque espace, soumis

Ă  maints caprices climatiques,s’étend dans l’incroyable fraction

située au ponant du majestueux fleuve Mississippi.



Cette exceptionnelle artĂšre mouvante, magnifiant un prodigieux

bassin aquatique, féconda le germe initial de cette épopée

fantastique lors du traité de Madrid du 27 octobre 1795, qui

fut signĂ© Ă  San Lorenzo d’El Escorial, entre les États-Unis

et l’Espagne pour garantir les droits de navigation sur toute

la longueur de la voie fluviale.



Bien que le prédominant consul Napoléon-Bonaparte eût

l’intention de ressusciter un prĂ©pondĂ©rant empire colonial

dans le Nouveau-Monde, dont le cĂŽne de dĂ©part s’ancrait

dans la précieuse ßle de Saint-Domingue, ses projets furent

fortement contrariés.



Non seulement, il dut faire face aux mouvements de révolte

diligentés par Toussaint-Louverture, mais aussi se battre contre

un captieux adversaire, un compétiteur inattendu, la fiÚvre

jaune, une épidémie causée par des malades contagionnés

lors de la Campagne d’Egypte, et confortablement transportĂ©

sur le navire de guerre Duguay-Trouin, le vaisseau Le

Duquesne et la frégate GuerriÚre.



NapolĂ©on-Bonaparte n’était plus capable d’assurer la protection

de cette vaste étendue appelée Louisiane française, immense

horizon, moissonné au moment de la conclusion de

l’arrangement subreptice de San Ildefonson du 1 octobre 1800

avec l’empire espagnol, en difficultĂ© dans ses possessions



Les prĂ©mices de la rupture des accords de Paix d’Amiens avec

la perfide Albion furent confirmées le 18 mai 1803, date retenue

par le fomentateur de la révolution Jean-Jacques Dessalines,

arborant le premier drapeau haĂŻtien, qui mettait fin aux

prétentions françaises par son éclatante victoire du 18

novembre sur les armées commandées par le général

Donatien-Marie-Joseph de Vimeur, comte de Rochambeau,

Ă  la bataille de VertiĂšres.



Aprùs d’innombrables tergiversations et pourparlers, la France

dĂ©cida le 30 avril 1803 de vendre, d’une façon dĂ©lictueuse, ce

territoire devenu embarrassant, au troisiÚme président de la

jeune démocratie américaine,Thomas Jefferson,ayant participé,

prĂ©cĂ©demment Ă  la dĂ©claration d’indĂ©pendance du 4 juillet

1776, contre l’apprĂ©ciable somme de quatre-vingt millions de

francs, soit Ă  cette Ă©poque l’équivalent de quinze millions de

dollars, mais cette cession fut une aubaine inespérée pour

l’acquĂ©reur.



Suite au désastre des opérations militaires caribéennes et

la reprise des hostilités britanniques diligentées par le Premier

Ministre Henry Addington, cette transaction fut négociée entre

l’ambassadeur amĂ©ricain Robert Robert Livingston, secondĂ© par

James Monroe, et François Barbé-Marbois, le Ministre du Trésor

du Consul à vie français.



Les États-Unis n’avalisùrent cet acte que le 20 octobre 1803, si

bien que le président Thomas Jefferson ne fut autorisé à jouir

de cet accroissement de 22% de l’actuelle superficie que le 31

octobre, et pour finaliser cette importante page d’histoire, la

proclamation de l’entrĂ©e en vigueur de la souverainetĂ©

américaine fut décidée le 20 décembre.



Quoique cette adjudication fut véhémentement chicanée par

le parti fédéraliste, fortement implanté dans son bastion du

Nord-Est, composé du Maine, du Vermont, du New-Hampshire,

du Rhode Island, du Connecticut, et du Massachusetts, Thomas

Jefferson dynamisa l’autoritĂ© de sa formation rĂ©publicaine

démocrate, et balaya son adversaire Charles Catesworth

Pinckney le 4 mars 1805 lors de l’investiture de son second

mandat.



Dans la fameuse péripétie, qui devait se perpétuer durant

quelques dĂ©cennies, les noms de deux officiers devaient ĂȘtre

extraits des mĂ©andres de l’oubli, Meriwether Lewis, et William

Clark, qui avec l’appui d’une AmĂ©rindienne Sacagawea, servant,

dĂšs l’ñge de seize ans, de guide et d’interprĂšte, car elle Ă©tait

descendante de l’ethnie des Shoshones,occupant le domaine

du Grand-Bassin, (endroit inculte suffisamment montagneux,

repĂ©rĂ© Ă  l’est de la Sierra Nevada, et Ă  l’ouest du plateau du

Colorado) et les Grandes-Plaines, réussirent à atteindre les

cĂŽtes du Pacifique le 7 novembre 1805.



Dans le pays des Kickapoos, oĂč une majestueuse voie

aquatique, se déverse par la droite dans la Wabash, flux

tributaire de l’Ohio, se produisit, le 7 novembre 1811, un

terrible affrontement entre les troupes autochtones, conduites

par le chef religieux Tenskwatawa, surnommé le ProphÚte,

frÚre du chef shawnee Tecumseh, tué le 5 octobre 1813 à la

bataille de la riviĂšre Thames, ce qui enterra la terrible menace

d’une confĂ©dĂ©ration indienne, et le victorieux gĂ©nĂ©ral major,

William Henry Harrison, éphémÚre 9 Úme président américain,

obtint un bref mandat s’étalant du 4 mars 1841 au 4 avril 1841.



Rien ne saurait enrayer le front pionnier, sur le continent boréal,

cet inexpugnable phĂ©nomĂšne s’écartait de sa prĂ©occupation

premiÚre,la spéculation financiÚre cordonnée à la collecte des

fourrures, qui lors de multiples décennies avaient opposé les

trappeurs français aux marchands anglais et hollandais.



Cette omnipotence juvĂ©nile ne manqua pas d’appĂ©tit, aussi elle

ne tarda à se développer entre le 18 juin 1812 et le 14 février

1815, en prétextant un arraisonnement continuel par les

Britanniques des bateaux commerçant avec la France, afin de

s’emparer de territoires canadiens entretenant des relations

mercantiles et culturelles avec elle.



Cette Ă©tape du processus d’appropriation privilĂ©gia le potentiel

militaire disposé sous la conduite du major général Andrew

Jackson, qui corrigea le 27 mars 1814 Ă  la bataille de

Horseshoe Bend, en plein centre de l’Alabama, les Red Sticks,

un groupe de Creeks s’opposant Ă  l’expansion amĂ©ricaine.



Les hostilitĂ©s envers les peuplades indigĂšnes s’accentuaient, si

bien qu’au cours de la premiĂšre Guerre SĂ©minole, se produisit

le 27 juillet 1816 l’échauffourĂ©e de Fort NĂ©gro, bastion investi

spécialement par des esclaves évadés, des esclaves fugitifs

et des Choctaws.



Ce noyau de rĂ©sistance fut pourvu d’armes, intentionnellement

et vigoureusement, par l’officier anglo-irlandais des Royal

Marines Edward Nicolls en 1815, lors de son retrait, et érigé

dans un endroit éloigné de la Floride espagnole, sur la riviÚre

Apalachicola, d’une longueur d’environ cent-quatre-vingt

kilomĂštres draine un bassin, oĂč convergent les cours d’eau

de Géorgie, la Flint, prenant sa source dans le Haut du

Piedmont, région de plateaux, et la Chattahoochee, et

arrose le golfe du Mexique.



Andrew Jackson donna l’ordre au brigadier gĂ©nĂ©ral Edmund

Pendleton Gaines de détruire ce centre de contestation, ce qui

fut exĂ©cutĂ©, lorsque une manƓuvre de l’officier Duncan Lamont

Clinch mit au point une manƓuvre, par laquelle l’artillerie navale

frappa de plein fouet la poudriÚre de cette poche de sédition, en

causant la mort de plusieurs centaines de défenseurs.



Les conflits récurrents entres les peuples aborigÚnes et les

envahisseurs se propageaient sur une plus vaste superficie, ce

fut pour cette raison, qu’en dĂ©cembre 1817, le gĂ©nĂ©ral Andrew

Jackson prit l’initiative de pĂ©nĂ©trer en Floride, bien entendu

il annonça sa décision au cinquiÚme président en place James

Monroe.



À la tĂȘte de huit cent rĂ©guliers de l’ArmĂ©e de Terre des

États-Unis,habituellement abrĂ©gĂ© en U.S. Army, de mille

miliciens originaires du Tennessee, d’environ mille quatre

bellicistes Lower Creek, ce cruel dominateur embrasa le 31

mars 1818 la localité amérindienne de Tallahassee, puis

s’octroya le village de Miccosukee en dĂ©truisant au passage

une centaine de tipis, action qu’il entreprit sans aucune

compassion pour les victimes.



Rien ne put calmer stopper la marche de cet ogre féroce, il

s’accapara brutalement du Fort San Marcos d’Apalache le

7 avril 1818, puis il élabora un subterfuge tortueux en appùtant

le chef du Red Stick Creek Josiah Francis, célÚbre sous le nom

indigĂšne de Hillis Hadjo, qui s’était cachĂ© dans la brousse,

situĂ©e Ă  proximitĂ© du territoire infĂ©odĂ© en compagnie d’un

autre homme du ruisseau Homathlemico.



Les deux pauvres victimes n’avaient pas flairĂ©s le traquenard,

car ils avaient intercepté une embarcation pour se diriger vers

la gueule du loup, et s’étaient prĂ©cipitĂ©s vers des partenaires

imprévisibles pour se constituer prisonniers.



HĂ©las, l’inexorable souriciĂšre s’était cadenassĂ©e sur ces deux

imprudents, ils étaient à bord de cette maudite goélette

américaine Thomas Shields, arborant indûment les couleurs

britanniques, vu qu’ils avaient supposĂ© Ă  tort, que ce navire

appartenait Ă  la flotte anglaise de George Woodbine en

provenance de la Nouvelle Providence.



Comble de malheur, le responsable de la flottille américaine

Isaac McKeever ne se montra pas coopératif, et il ne tarda

pas à les livrer, si bien que les deux captifs furent incarcérés,

mis aux fers, pour la plus grande jubilation d’Andrew Jackson,

qui ordonna aux environs du 8 avril 1818 une pendaison rapide

et sommaire au large de Saint Mark sans cour martial et sans

procédure judiciaire pour ces soit disant sauvages.



Le carriérisme présomptueux du général Andrew Jackson

n’admit aucune limite, aussi il ne dĂ©ploya aucune vacillation

pour appréhender deux sujets britanniques, un ancien

lieutenant de marine Robert Chrystie Ambrister, et un

marchand écossais,exerçant les activités de traducteur

et d’entremetteur diplomatique, à l’occasion, Alexander

George Arbuthnot.



Ces deux créatures perpétuaient de trop louables connexités

avec les indigĂšnes, et ce fait avait provoquĂ© l’indignation et la

fureur de ce mercenaire, qui les avait chùtiés pour ce simple

motif, en les accablant des pires crimes contre les États-Unis

et en les accusant de conspiration.



Sous l’autoritĂ© de cet intraitable despote fut instituĂ© un tribunal

d’une lĂ©galitĂ© plus que douteuse orchestrĂ© par une personnalitĂ©

acquise Ă  sa cause, Edmund Pendleton Gaines, qui confirma

les affirmations, selon lesquelles les deux prévenus avaient aidé

et encouragĂ© l’ennemi



Inculpés de piraterie et de sédition, les deux prisonniers furent

taxĂ©s d’infractions capitales et reconnus coupable par une cour

martiale exclusivement composĂ©e d’officiers sĂ©lectionnĂ©s, qui

les reconnaissaient coupables et les livrĂšrent Ă  une sanction

irrémédiable.



Le gĂ©nĂ©ral Andrew Jackson s’était appropriĂ© une Ă©minente

autorité supérieure à celle au autorisée par Washington, et il

avait toujours cherché à envenimer les hostilités frontaliÚres, ce

qui lui permettait d’accroĂźtre son prestige polĂ©mologique et

soldatesque, aussi son opportunisme s’était concrĂ©tisĂ© lors

de son irruption en Floride espagnole.



Arbuthnot et Ambrister n’étaient Ă  ses yeux que d’ordinaires

espions à étrangers, du menu gibier de basse extraction, mais

ils devaient pĂ©rir titre d’exemple, afin de vivifier l’omnipotence

américaine, si bien que le 29 avril 1818, le premier reclus fut

pendu tout en haut de la vergue de son propre navire, quant

au second il succomba sous les tirs d’un peloton d’exĂ©cution.



Cette justice expéditive fut décelée tant en Grande-Bretagne,

que dans les autres nations comme une initiative d’une extrĂȘme

cruauté et sauvagerie transgressant les dispositions de la

guerre, toutefois les équations financiÚres liées aux

consĂ©quents Ă©changes Ă©conomiques avec les États-Unis

suppléÚrent les questions associĂ©es Ă  la morale et Ă  l’honneur,

et la vie de deux hommes ne légitima nullement la mise en

souffrance d’une Ă©conomie nationale.



AprÚs avoir confié une partie de ses effectifs au Fort San Mark,

formidable ouvrage construit en blocs de pierre extraits des

carriÚres environnantes, protégé par des bastions de dimension

presque similaires, en majorité munis de puissantes tours de

guet,autorisant une vue sur terre et sur eau, et de quatre murs

d’enceinte de jonction, d’une Ă©paisseur de douze pieds Ă  la

basse, de neuf au sommet, et de vingt-cinq en hauteur,

dĂ©signĂ©s sous l’appellation de rideaux, Andrew Jackson se

dirigea en direction de Gadsden.




Il quitta cette place forte le 7 mai 1818, entourĂ© d’un bataillon

Ă©valuĂ© Ă  mille hommes, et atteignit Ă  la vitesse de l’éclair la

ville de Pensacola le 23, en raillant toutes les surérogatoires

récriminations de José Fascot, gouverneur et commandant

militaire espagnol de la Floride occidentale, qui soutint que la

bourgade était essentiellement fréquentée par des femmes,

des enfants et quelques hommes désarmés.




Évidement quelques dĂ©tracteurs d’Andrew Jackson, assimilĂ© Ă 

un despote martial du passé, se référant à Alexandre le Grand

pour la GrÚce, à César pour Rome, Oliver Cromwell pour

l’Angleterre ou Bonaparte pour la France, sous la houlette de

Henry Clay criĂšrent au scandale, et censurĂšrent publiquement

la liquidation de deux ressortissants allogĂšnes




AssurĂ©ment le congrĂšs amĂ©ricain avait blĂąmĂ© l’incident, et des

commissions parlementaires se dĂ©veloppĂšrent, d’innombrables

auditions constitutionnelles statuÚrent sur les procédés

meurtriers adoptés par Jackson, qui hérita du surnom «Old

Hickory», mais Ă©tant soutenu par le secrĂ©taire d’état John

Quincy Adams, et une forte renommée populaire, il fut acquitté

et blanchi de toute répréhension en décembre 1818.




Bien qu’il soit critiquĂ© par de nombreux adversaires, Andrew

Jackson est fortement soutenu par le SecrĂ©taire d’État John

Quincy Adams, qui savait que la conquĂȘte de la Floride forcerait

l’Espagne Ă  capituler et Ă  cĂ©der cette province, ce qui fut fait

grĂące au traitĂ© d’Adams-OnÍs signĂ© Ă  Washington le 22 fĂ©vrier

1819.




Lorsque la machine de guerre américaine amorça son

dĂ©veloppement rien ne pouvait l’enrayer, et petit Ă  petit

elle grignota tous les territoires amĂ©rindiens, et mĂȘme les

vives protestations du chef Cherokee John Ross,appelé Oiseau

Blanc ne put obvier Ă  l’épouvantable drame dĂ©clenchĂ© par

le flétrissant Indian Removal Act suggéré le président Andrew

Jackson, qui fit approuver l’expulsion des Indiens par le SĂ©nat le

24 avril 1830, et confirmer cette décision le 14 mai 1830 par la

Chambre des Représentants.



Cette infùme sanction entra en vigueur le 28 mai 1830, malgré

l’opposition du trappeur Davy Crockett, aussi la pĂ©riode

comprise entre 1831 et 1838, connut une déportation massive

et brutale confiĂ©e Ă  l’armĂ©e, qui n’hĂ©sita pas Ă  employer des

méthodes peu orthodoxes, contraignant des milliers

d’AmĂ©rindiens Ă  des marches forcĂ©es destinĂ©es Ă  exterminer

le maximum de population.




Cette infĂąme page d’histoire, qui fut Ă©tiquetĂ©e sous la

dénomination de la Piste des Larmes vit de nombreuses

familles dĂ©portĂ©es sur l’impitoyable route de l’exil, oĂč furent

enchaßnées des personnes jugées dangereuses et nuisibles,

beaucoup furent immolées par la rougeole, décimées par le

cholĂ©ra, les malades et les blesses Ă©taient livrĂ©s Ă  l’infortune,

bien souvent abattus comme des bĂȘtes enragĂ©es, et les morts

étaient jetés dans des fosses sans aucune digne sépulture.




Ma narration s’arrĂȘte Ă  cet Ă©pouvantable passage, mais ma

poĂ©sie relate d’autres passages ultĂ©rieurs tout aussi

dramatiques, qui n’ont aucunement bouleversĂ©s l’opinion

publique américaine,dont la majorité de la population ne pense

qu’à amasser des millions de dollars sans se soucier des

personnes crevant dans la pauvreté et la misÚre, car ceux,

qui n’ont pas rĂ©ussi Ă  se faire une place au soleil, sont d’inutiles

parias






------------------------------------1----------------------------------

Quand ravissants pavots, | et beaux coquelicots,

Seront abandonnés | par vers et asticots,

Je verrais ces ferments | de pois, et d’haricots

S’étoffer sur velours, | satins, et calicots.


---------------------------2-----------------------------------------

Puis j’irais honorer | Balzac, son loupiot :

Rastignac, Birotteau, | Vautrin ou Goriot,

L’Humaine ComĂ©die, | ses nids de loriots,

Avant d’assujettir | mon sort aux chariots.



-------------------------------3-------------------------------------

Plus tard, j’admirerais | la beautĂ©, qui se grime,

Dont l’attrait embrase | le berger, qui l’estime.

J’entendrais le vacher, | qui continĂ»ment trime,

Quand le lourd brisement | soudainement le brime.


-------------------------------4------------------------------------

Mais je fuirais ce gars, | qui sottement s’exprime,

En parlant des brigands, | des fripons, de leurs crimes,

Des shérifs, des adjoints, | et des chasseurs de primes,

Dont les mots ne sont que | calembredaine˜ et frime.


----------------------------------5----------------------------------

QuelleËœ est incroyable | la saisie de l’Ouest,

Quand le colt domine | cholĂ©ra, rageËœ et peste,

Et que le rĂ©volver | s’émeut Ă  chaque geste,

Quittant l’étui, visant | et finissant le reste.


--------------------------------------6------------------------------

Dans les tonnants saloons, | des outlaws aux doigts lestes

S’affrontent sur un air| hystĂ©riqueËœ et funeste.

Dans les ranchs, éleveurs, | gauchos font la sieste,

Car la trĂȘveËœ est comptĂ©e| pour tous les gens modestes.


---------------------------------7-----------------------------------

Dùs l’aube, je suivrais | colons et instructeurs,

Afin d’assimiler | astuces d’éclaireurs,

D’ avoir la main haute| sur de bons conducteurs,

Et d’acquĂ©rir savoirs, | aptitudes, rigueurs.


------------------------------------8---------------------------------

Sans remords, j’exclurais | terreurs, frayeurs, sueurs,

Serpentant et glissant | sous de faibles lueurs,

A l’approche des lynx, | et des loups prĂ©dateurs,

Distillant les craintes| par cris provocateurs.



---------------------------------9--------------------------------

Conquérant, il faudrait, | que tu te souviennes,

Qu’entre dominateurs, | et tribus indiennes

Meurtries par les folies | d’armĂ©es prĂ©toriennes

Les accords ne sont plus | douces méridiennes.



---------------------------------10-------------------------

Les vols et rapines | d’hordes miliciennes

Enfantent gangrĂšne, | lĂšpre microbienne,

LĂ©sant, sans nul Ă©gard, | hardeËœ amĂ©rindienne,

Rongeant, et altérant | croyances anciennes.



-----------------------------------11----------------------------

Bats ta coulpe, serval | aux instincts assoupis,

Qui grĂąceËœ Ă  tes galons, | tuniques bleues, kĂ©pis

A tué maints sioux | répandus sur tapis,

A pondu orphelins | et engendré champis.



---------------------------12-----------------------------------

Combien d’apache, | de natchez, de tipi,

De cheyenneËœ au-delĂ  | du grand Mississippi,

Ont connu réserves, | lieux aux puits croupis,

Qui ont contaminé | ces miséreux flapis.



------------------------13-------------------------------

Quand d’une technique, | souvent ingĂ©nieuse,

Le clan amĂ©ricain| prit l’ñme factieuse,

Le sachem s’endormit | aux racines des Rocheuses,

Et les arcs se turent | dans les prairies herbeuses.



-------------------------14-----------------------------------

L’aigle blessĂ© partit | vers cimes nĂ©buleuses,

Et tous les wapitis, | aux richesses ligneuses,

Prirent, dans ces forĂȘts | bien mystĂ©rieuses,

Leurs ambulations | souvent silencieuses.



------------------------------15----------------------------------

OĂč sont partis tarpans, | mustangs en cavalcade

Galopant pour jaillir | pendant les algarades,

Et ces champs de bisons, | toujours en promenade,

Patiemment escortés | par ces mouvantes peuplades.



-----------------------------16--------------------------------

L’humeur du manitou | est demeurĂ©e en rade,

Le tomahawk s’ébroue |Ëœ en protĂ©e de bravade,

Le totem se sclĂ©rose |Ëœ en pantin de façade,

Hormis, le calumet | vacant pour la parade.



---------------------------------17----------------------------

Sigisbées comanches | ne battent plus campagne,

Depuis que les trappeurs | les ont conduits au bagne,

Dans l’ñpreËœ Oklahoma | avec enfants, compagnes,

Mais, leurs soupirs planent | au-dessus des montagnes.


----------------------------18----------------------------------

Prisonniers astreints | Ă  un fragment de pagne,

Esclaves dépouillés | de leur vie de cocagne,

Ils sont exterminés | par la mort, qui les gagne,

MinĂ©s par froid ou faim | qui s’éterniseËœ et stagne.



-----------------------------------19-------------------------------

Sur ce sol des larmes, | en toutËœ hĂąteËœ et urgence,

Geronimo, Red Cloud, | soleils de l’indigence,

On a prĂ©cipitĂ©| songes d’adolescences,

Sous les roues des carrosses, | convois et diligences.



-----------------------------20-----------------------------------

Au sein du panthéon, | mer des préexcellences

Les rivaux ont proscrit | le pouvoir d’ingĂ©rence,

Afin de se croiser, | en bonne˜ intelligence,

En faisant abstraction | des heurts et divergences.
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