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🎇🎆 🌠20.3 – Souvenirs d’enfance (suite2)

Le lundi 9 novembre 2020 à 13:39, posté par FRANCOIS · 35 lectures

Illustration du poĂšme « 🎇🎆 🌠20.3 – Souvenirs d’enfance (suite2) »
En appliquant l’amputation des circonstances secondaires, nous nous

mouvons graduellement sur les layons caillouteuxdu temps pour rallier

en parfaite fraĂźcheur le samedi dix janvier mille-neuf-cent-quarante-huit,

qui vit converger le jour de floraison de notre cadette avec l’émergence

d’un champion cycliste hexagonal, germant à Saint-Julien-de-Civry, au

lieu-dit Le Guidon, en SaÎne-et-Loire, qui conquit, avec un étincelant

panache, deux tours de la Grande Boucle.




Confectionner, par une écriture objective, les souvenances anciennes

enterrĂ©es secrĂštement par nos familiers dans l’insondable barathre de

leur disjonctive mémoire, afin de manipuler lentement les escarbilles

chloroformĂ©es de notre jeunesse, qu’elles soient nouĂ©es par des

pessimistes cordonnets, ou ficelĂ©s par de sombres rubans, n’est point

une démarche complaisante à accomplir.




Équivalents aux dĂ©ferlements impulsifs des ocĂ©ans, nos prĂ©occupations

latentes s’étaient attardĂ©es devant une confondante imposte surplombĂ©e

d’une voĂ»te sibylline, Ă©ventuellement surabondĂ©e d’ancestrales arcanes

décrivant les vies raboteuses des générations précédentes.



En proscrivant d’une effervescence prompte de la pogne les nĂ©bulositĂ©s

opaques du passé, nous espionnons distinctement les incoercibles anneaux

d’une paire interminable d’attaches mĂ©talliques solidement ancrĂ©es Ă 

d’infrangibles crochets sĂ©questrant Ă  perpĂ©tuitĂ© deux moitiĂ©sde portes

massives, dont la nécessité avait disparu avec les décennies écoulées.




L’innommable indiscrĂ©tion persuade tout examinateur circonspect Ă  poursuivre

son incursion tĂ©mĂ©raire dans un royaume insoupçonnĂ© en franchissant d’un

pas étouffé un impressionnant porche débouchant sur un espace découvert

Ă©toffĂ© d’un pavement panachĂ© de jalets protĂ©iformes encerclĂ©s de mousses fort

profuses, cette cour accorte Ă©tait entourĂ©e d’ancestrales bĂątisses Ă©quipĂ©es de

spacieux balcons et d’escaliers tortueux.




Nos énergiques parents et nos majestueuses frangines étaient logés dans une

de ces souriantes maisons, dont les séparations murales étaient maculées de

chaux, les parterres essentiellement élaborés en mortier de terre ou en argile

crue, avec des tomettes gibbeuses pour les intérieurs plus huppés,quant à la

faible luminosité, elle était principalement garantie par de chétives bougies en

cire.




Immanquablement, l’incontournable Ăątre Ă  cheminĂ©e ouverte sur le devant Ă©tait

au sein de la pĂ©tulance coutumiĂšre, mĂȘme si les pĂ©riodes hiĂ©males Ă©taient

courtes, les tempĂ©ratures glaciales vous rĂ©frigĂ©raient l’ossature, vu que cette

insuffisante mĂ©thode de chauffage Ă©tait l’exclusive thĂ©rapie pour revivifier des

membres gourds.




En ces heures préhistoriques, ils pùtissaient des violentes tocades de toux,

engendrées par les épaisses exhalaisons, en se pelotonnant périlleusement

autour du foyer quitte à se brûler le corps, en fredonnant des chants légers

pour atténuer la froidure des piÚces attenantes, et supporter les diverses

particules polluantes infestant les intérieurs malsains des appartements.




Dans cet engourdissement social collectif, l’irrĂ©fragable cuisine se

mĂ©tamorphosait en lieu majeur de regroupement en pĂ©riphĂ©rie d’une

vaste table Ă  trĂ©teaux flanquĂ©e de part et d’autre d’un long banc en

bois, oĂč s’installaient l’ethnie familiale et les quelques commensaux, Ă 

l’opposite de substantielles soupiĂšres saturĂ©es de pĂątes enveloppĂ©es d’une

succulente sauce tomates d’un rouge flamboyant, parfois accommodĂ©es

d’anchois, cĂąpres et olives, principalement les jours festifs lors des fĂȘtes

religieuses.
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