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đŸ’”đŸ’˜đŸ’„20.4 – Souvenirs d’enfance (suite3)

Le lundi 9 novembre 2020 à 15:20, posté par FRANCOIS · 39 lectures

Illustration du poĂšme « đŸ’”đŸ’˜đŸ’„20.4 – Souvenirs d’enfance (suite3) »
En ce siÚcle de disgrùce et de détresse, couramment ébranlé par les

commotions tautologiques des tremblements de terre, les plus craintifs

emmitouflés dans leurs haillons de névrose et de terreur somnolaient lors

des obscuritĂ©s taciturnes sur des Ă©tendues plates arables de peur d’ĂȘtre

ensevelis sous la toiture de leur güte, quant aux plus impavides, ils s’abritaient

le soir dans leur modeste chambre Ă  coucher pour ne plus entendre les

hurlements stridents et térébrants des canidés déchirant pleinement les voiles

trémmulantes des nuits almandines.




Hasardons-nous à esquisser laconiquement l’environnement discret des

alcÎves, endroit délicieux pour se prélasser, qui ne jouissaient pas de

conforts analogues, selon les distinctions anthropologiques, attendu que la

majorité des nécessiteux recueillait une paillasse miteuse et acrimonieuse,

la coterie fastueuse bénéficiait de couettes moelleuses réalisées en duvet

d’oie ou de canard, et la caste supĂ©rieure de futons ordonnancĂ©s avec les

derniĂšres technologies.




Dans ces refuges confidentiels, oĂč se frĂ©quentaient la prĂ©sence et le trĂ©pas, la

mortalité infantile, déclenchée par les nocives altérations gastro-intestinales,

les douloureuses inflammations des bronches, les terribles fluxions de poitrine,

les redoutables phtisies, les corruptibles épidémiologies de la diphtérie, les

quintes de toux microbiennes sublimées par la coqueluche, les infections

virales éruptives aigues de type rougeole , sans oublier la maléfique méningite,

Ă©tait impertinente pendant ces moments d’absurditĂ© et de disette.




Dans les chambres Ă  coucher spartiates, les plausibles compartiments

positionnĂ©s dans la conception infĂ©rieure de l’édifiant meuble de rangement,

achalandĂ© de rayonnages succincts, et outillĂ© de portes, dont l’une Ă©tait

pourvue d’une psychĂ© chanfreinĂ©e , ne devaient point inclure de belles

guĂȘpiĂšres, d’affolants balconnets, et de luxueux bas nylon, mais dans la

révérencieuse déférence des coffres, et des volumineuses malles reposaient

sereinement les Ă©lĂ©ments composites d’un trousseau nuptial, constituĂ© de

vĂȘtements corporels, de linges de table, et d’accessoires pour la literie.




Sur cette ubuesque planÚte, notre téméraire pußnée trottinait gaillardement dÚs

l’ñge de neuf mois, et cette pile galvanique s’égayait facĂ©tieusement tout en

s’empressant de moissonner la clĂ©, que notre mĂšre admirative projetait en l’air

par simple jeu, bien qu’elle craignĂźt quelque chute de notre intrĂ©pide benjamine.




Une autre délectable anecdote se rapportant à notre impulsive cadette serait à

raconter, les incidents relatés se déroulaient par une radieuse journée

ensoleillĂ©e, lorsque notre bienveillante gĂ©nitrice fut dans l’obligation de

s’absenter une poignĂ©e de minutes pour se diriger sur l’environnante

boulangerie pour acquérir notre quota de pain céleste, et voici notre prompt

et dynamique junior , qui accomplissait une remarquable sieste, s’extirpa

subitement de son assoupissement et de sa torpeur pour déferler furieusement

vers le balcon ceinturé de belles protections, immobilisa malencontreusement

sa petite frimousse entre deux atrabilaires barreaux, et s’égosilla

frénétiquement en ameutant tout le voisinage.




En revivant cette dĂ©sopilante historiette, qui aurait pu s’avĂ©rer dramatique,

nous orientĂąmes nos talons vers un eldorado fantastique, en immolant le

vaste porche guidant à cette anodine dénivellation pavée, finalisée par une

fabuleuse source, oĂč les villageoises portant sur leur tĂȘte un chiffon entortillĂ©

en rond se rendaient pour gorger leurs récipients en eau, les agriculteurs

déposaient leurs bouteilles de vin au frais aprÚs une rude journée de travail aux

champs, et les bambins adoraient y batifoler et se rafraĂźchir les pieds.
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