La chandelle
Le bougeoir est debout sur un rond de dentelle ;
Un vieil homme réchauffe au feu de la chandelle
Ses doigts rendus noueux par l’âge et le travail.
On entend au-dehors, le bruit sec d’un vantail
Que le vent fait claquer : on croirait qu’il s’amuse
À réveiller la nuit par des coups d’arquebuse.
La chambre est froide et vide, aucun ameublement,
Les murs sont dénudés, on y voit seulement
Un vieux calendrier, une image jaunie
Qui lui donnent un air de tristesse infinie ;
Le plâtre se détache en de nombreux endroits,
Sous un rameau de gui, Jésus meurt sur sa croix.
Au milieu de la pièce, en manière de table,
Une planche posée en équilibre instable,
Accompagne une chaise ; un fromage, un quignon
Font un maigre repas auprès du lumignon.
La flamme, unique éclat en cette humble chaumière,
Éclaire les objets d’une étrange lumière,
Elle jette au plafond des fantômes mouvants
Venus mêler leur thrène à celle des vivants.
Seul le bruit du volet vient troubler le silence
Par ses martèlements qui marquent la cadence
D’une danse macabre aux accents de Saint Saëns
Dont les valseurs osseux s’agitent en tous sens.
Le vieillard est ailleurs, perdu dans ses pensées,
Sans qu’il en soit conscient, des heures sont passées,
Au clocher de l’église, il sonne le minuit
Mais il ne l’entend pas et le temps qui s’enfuit
Le laisse indifférent car plus rien ne le touche.
Par moments, un rictus plisse un coin de sa bouche :
On ne peut savoir si, paisiblement, il dort
Ou si, par un sourire, il attire la Mort.
Un vieil homme réchauffe au feu de la chandelle
Ses doigts rendus noueux par l’âge et le travail.
On entend au-dehors, le bruit sec d’un vantail
Que le vent fait claquer : on croirait qu’il s’amuse
À réveiller la nuit par des coups d’arquebuse.
La chambre est froide et vide, aucun ameublement,
Les murs sont dénudés, on y voit seulement
Un vieux calendrier, une image jaunie
Qui lui donnent un air de tristesse infinie ;
Le plâtre se détache en de nombreux endroits,
Sous un rameau de gui, Jésus meurt sur sa croix.
Au milieu de la pièce, en manière de table,
Une planche posée en équilibre instable,
Accompagne une chaise ; un fromage, un quignon
Font un maigre repas auprès du lumignon.
La flamme, unique éclat en cette humble chaumière,
Éclaire les objets d’une étrange lumière,
Elle jette au plafond des fantômes mouvants
Venus mêler leur thrène à celle des vivants.
Seul le bruit du volet vient troubler le silence
Par ses martèlements qui marquent la cadence
D’une danse macabre aux accents de Saint Saëns
Dont les valseurs osseux s’agitent en tous sens.
Le vieillard est ailleurs, perdu dans ses pensées,
Sans qu’il en soit conscient, des heures sont passées,
Au clocher de l’église, il sonne le minuit
Mais il ne l’entend pas et le temps qui s’enfuit
Le laisse indifférent car plus rien ne le touche.
Par moments, un rictus plisse un coin de sa bouche :
On ne peut savoir si, paisiblement, il dort
Ou si, par un sourire, il attire la Mort.
12 commentaires
lucille · le vendredi 15 novembre 2013 à 19:48
http://www.mespoemes.net/lucille
DIDOU · le vendredi 15 novembre 2013 à 20:15
merci pour ce beau partage
amicalement didou
salus · le samedi 16 novembre 2013 à 00:26
C'est très beau, mon capitaine,
et c'est d'un vrai poète !
(minuscule détail : 13 syllabes à ce pourtant superbe vers, "la cloche de l'église sonne qu'il est minuit")
Salus
salus · le samedi 16 novembre 2013 à 00:58
Ah, et puis j'ai appris "thrène", un mot beau comme un antique chant de deuil...
Merci !
salus · le samedi 16 novembre 2013 à 01:04
Hum !
D'ailleurs, le vers qui contient ce mots pêche lui aussi d'une syllabe surnuméraire ! (mais là, c'est facile a réparer !)
Bon, Morphée m'attend !
A bientôt,
Salus
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 16 novembre 2013 à 06:58
Je dirai comme Lucille, que ton poème est une peinture. Ton poème est long, ce qui lui donne une lenteur descriptive comme si chaque mot est une invite, non pas à balayer du regard, rapidement; le tableau, mais à scruter chaque détail de la toile. Est-ce parce que tu es belge, Pierre, que ton poème-tableau me fait penser aux peintres.....flamand ??? Ca doit être parce le thème de ton poème est une chandelle dont la flamme donne des variations aux objets qu'elle entoure. Ce que tu as remarquablement décrit avec tes vers. Alors, je pense forcément à quelques tableaux de Rubens, entre autre. Amitiés et au plaisir de te lire. Philip.
belespoirs · le samedi 16 novembre 2013 à 09:15
http://www.mespoemes.net/belespoirs
bonjour Pierre
j'aime beaucoup ton poème ! il nous invite dans cette maison ou un vieil homme est perdu dans ses songes ta description est si précise qu'on peut voir les images et entendre ce volet qui claque ! merci de ce beau partage
Amitiés
domidom · le samedi 16 novembre 2013 à 22:04
Toujours beaucoup de plaisir à te lire....
Amitiés, Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
Nemo · le dimanche 17 novembre 2013 à 09:30
A Salus : merci de m'aider à parfaire la prosodie de cet écrit.
A Philip : en l'écrivant, je ne m'en rendais pas compte mais c'est vrai qu'on y retrouve un peu de l'âme flamande qui doit sommeiller au fond de moi.
rivaudais · le mercredi 27 novembre 2013 à 19:24
nemo · le jeudi 28 novembre 2013 à 19:26
Merci pour votre suggestion, mais entre-temps, j'avais modifié.
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http://www.mespoemes.net/nemo
rejane · le samedi 30 novembre 2013 à 14:10
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http://www.mespoemes.net/rejane
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