Le Pingouin et l'Ours polaire
Sentant que l’été revenait,
Dame Pingouin se promenait.
On aurait dit une poupée
A la démarche chaloupée
Qui s’en allait clopin-clopant ;
Elle glissait sur la banquise
Souvent debout, parfois rampant,
Goûtant cette douceur exquise :
Il faisait à peine moins vingt !
Quand brusquement, un ours blanc vint
Interpeller la voyageuse :
– Que faites-vous dans mon terroir ?
Lui dit-il d’une voix rageuse,
Vous n’auriez pas pu mieux échoir,
Étant donné que l’heure approche
Où je dois prendre mon repas.
– Ne suis encor sur votre broche !
Et surtout n’imaginez pas
Qu’il soit si simple de me prendre ;
Ne chantez pas coquerico !
Lui répondit-elle illico.
– Comment pourriez-vous vous défendre ?
Vous n’avez même pas de bras
Tandis que moi… voyez mes griffes.
– Je n’ai point peur des escogriffes ;
Fi ! vous n’êtes qu’un fier-à-bras
Qui, quand il doit passer à l’acte,
Change d’avis et se rétracte.
Sous l’insulte, l’ours blanc pâlit,
Pousse un terrible cri de rage ;
On croirait entendre un chie-en-lit
Comme en peignit le Caravage,
Figure hideuse de l’enfer.
Dame Pingouin s’élance et glisse
A toute allure vers la mer
Qu’elle sait être sa complice ;
L’ours emporté par son élan
Atteint le bout du banc de glace
Veut s’arrêter mais… rataplan !
La banquise craque et se casse.
D’un seul bon l’oiseau, lui, ressort
Tandis que le lourdaud n’arrive
Pas à se hisser sur la rive…
Et va subir un triste sort.
Moralité :
Impuissante face à ce drame,
Notre Dame Pingouin s’exclame :
« A quoi sert d’avoir les bras longs
Quand on a si peu de cervelle ?
Bien sûr qu’elle est courte notre aile,
Mais, nous, jamais, nous ne coulons ».
Dame Pingouin se promenait.
On aurait dit une poupée
A la démarche chaloupée
Qui s’en allait clopin-clopant ;
Elle glissait sur la banquise
Souvent debout, parfois rampant,
Goûtant cette douceur exquise :
Il faisait à peine moins vingt !
Quand brusquement, un ours blanc vint
Interpeller la voyageuse :
– Que faites-vous dans mon terroir ?
Lui dit-il d’une voix rageuse,
Vous n’auriez pas pu mieux échoir,
Étant donné que l’heure approche
Où je dois prendre mon repas.
– Ne suis encor sur votre broche !
Et surtout n’imaginez pas
Qu’il soit si simple de me prendre ;
Ne chantez pas coquerico !
Lui répondit-elle illico.
– Comment pourriez-vous vous défendre ?
Vous n’avez même pas de bras
Tandis que moi… voyez mes griffes.
– Je n’ai point peur des escogriffes ;
Fi ! vous n’êtes qu’un fier-à-bras
Qui, quand il doit passer à l’acte,
Change d’avis et se rétracte.
Sous l’insulte, l’ours blanc pâlit,
Pousse un terrible cri de rage ;
On croirait entendre un chie-en-lit
Comme en peignit le Caravage,
Figure hideuse de l’enfer.
Dame Pingouin s’élance et glisse
A toute allure vers la mer
Qu’elle sait être sa complice ;
L’ours emporté par son élan
Atteint le bout du banc de glace
Veut s’arrêter mais… rataplan !
La banquise craque et se casse.
D’un seul bon l’oiseau, lui, ressort
Tandis que le lourdaud n’arrive
Pas à se hisser sur la rive…
Et va subir un triste sort.
Moralité :
Impuissante face à ce drame,
Notre Dame Pingouin s’exclame :
« A quoi sert d’avoir les bras longs
Quand on a si peu de cervelle ?
Bien sûr qu’elle est courte notre aile,
Mais, nous, jamais, nous ne coulons ».
9 commentaires
salus · le samedi 23 novembre 2013 à 21:50
c'est parfaitement exécuté !
Je t'avouerais que la fable est un genre que je ne prise guère, et puis, les ours blancs sont champions du monde de natation en eau glacée, et apnéistes hors pair !
Pardonne-moi ces réflexions dont j'eusse peut-être dû me passer !
Salus
Nemo · le samedi 23 novembre 2013 à 22:35
pegaze · le dimanche 24 novembre 2013 à 00:01
salus · le dimanche 24 novembre 2013 à 10:47
Ah ! oui, le double sens politique des fables !
J'avoue n'y avoir pas songé !
(Karl Von Linné, le naturaliste ?)
Amitiés,
Salus
domidom · le lundi 25 novembre 2013 à 17:26
L'homme, ne se sert pas toujours de sa cervelle, il devrait souvent réfléchir avant de parler, ce qui hélas, n'est pas toujours le cas......
Toujours très bien écrit...
Je me sens un peu idiote, mais bon, juste une petite question pour mon enrichissement personnel...
C'est quoi un (chie- en- lit), je n'ai jamais entendu ce mot ou expression....
Au plaisir de te lire...
Amitiés, Domie...
nemo · le mardi 26 novembre 2013 à 11:11
Le chie-en-lit est le nom que les enfants et les gens du peuple donnent aux masques qui courent les rues pendant les jours gras.
Voltaire l'a écrit sous la forme (fautive) "chiant-lit" : Les amours en chiant-lit déguisés dans ces lieux Sont toujours les amours.... (Poésies mêlées)
Le Général De Gaulle aimait beaucoup cette expression. Mais tu n'étais pas née à cette époque.
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http://www.mespoemes.net/nemo
domidom · le mardi 26 novembre 2013 à 15:40
Le Général De Gaule!!!
Hélas, j'aurais pu lui serrer la main...
Amitiés, Domie...
nemo · le mardi 26 novembre 2013 à 17:16
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http://www.mespoemes.net/nemo
rejane · le samedi 30 novembre 2013 à 14:05
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http://www.mespoemes.net/rejane
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