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MesPoèmes.net

Celui de qui la tête au ciel était voisine*

Le vendredi 6 mars 2015 à 21:12, posté par Pierre · 344 lectures

Tandis que tout là-haut brille encore une étoile,
Une brume opaline endimanche le pré ;
De son voile elle couvre un géant effondré :
On croirait un défunt allongé sous le poèle.

Hier on pouvait voir sa tête couronnée
Qu’entourait une cour de centaines d’oiseaux ;
A présent, il est mort et seuls quelques roseaux
Ont une larme au bout de leur tige fanée.

Il n’a pu résister à la force d’Éole
Déchaînant contre lui la colère du vent,
Il n’avait pas d’espoir de s’en tirer vivant,
Car le dieu draconien décida qu’on l’immole.

Le chêne - ou l’olivier ? - plusieurs fois centenaire
Se vantait très souvent de ne jamais plier ;
La Fontaine et Ésope, il dut les oublier,
Car David est debout et Goliath gît à terre.

__________________________________________________
* Vous avez bien sûr reconnu un vers de Jean de La Fontaine.

Thèmes : Mort et deuil Nature

5 commentaires

louis · le vendredi 6 mars 2015 à 21:52

"Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts"

violette · le vendredi 6 mars 2015 à 22:06

le chêne et le roseau
très beau

rivaudais · le vendredi 6 mars 2015 à 23:11

Poétique et savant. De plus fort bien écrit. Je pense que "le bonhomme Jean" n'aurait pas renié cette version poétique de la fable d'Esope. Qu'il a lui-même reprise. Et améliorée, si tant est que je suis qualifié pour émettre un tel jugement concernant deux époques, deux langues, deux éminents fabulistes, deux personnages historiques et deux modèles d'écriture importants

mamine · le samedi 7 mars 2015 à 09:43

très poignant
cela dit j'ai adoré vous lire
à bientôt pour d'autres aventures!!!
Rosa

Micheline 1940 · le samedi 14 mars 2015 à 11:49

Jolie révérence à notre merveilleux Jean qui fit parler les bêtes, les gens et les forêts, les arbres et le vent !!! Une riche et bonne idée que de vous en inspirer !
Amicalement,
M.

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