Ma jeunesse
Approche mon petit, viens près de ton grand-père :
Peux-tu t'imaginer qui j'étais autrefois ?
Nous venions de sortir de la dernière guerre,
Et je te ressemblais bien plus que tu ne crois.
Oh, bien sûr, nous n'avions pas d'écrans au plasma,
Et pas de téléphone, et non plus de console ;
C'était exceptionnel d'aller au cinéma !
Nous jouions dans la rue au retour de l'école.
Nous n'avions pas d'auto mais pourtant on roulait
Car c'était à vélo qu'on partait en vacances ;
Notre seul carburant : la force du mollet !
Aux filles nous voulions montrer nos performances.
Je fabriquais un arc comme Robin des Bois
D'une branche de saule et d'un peu de ficelle ;
Je me faisais un sabre avec un bout de bois,
J'incarnais Du Guesclin et ma soeur... la Pucelle !
Je grimpais dans un arbre et devenais Tarzan ;
Mais je savais aussi m'adresser à la Lune
Et m'envoler vers elle, imitant Peter Pan,
Ou comme Cyrano sur la plage à la brune.
A présent, le pouvoir corrosif de l'argent
A créé le besoin d'un avenir ludique
Et l'homo sapiens se croit intelligent
Pendant qu'il s'inféode au monde informatique.
Comme toi, mon petit, quand j'étais un enfant,
J'étais rempli d'espoir et les yeux pleins de rêves,
J'ai traversé mon temps, pas toujours triomphant,
Et ce sont mes défis qu'aujourd'hui tu relèves.
Peux-tu t'imaginer qui j'étais autrefois ?
Nous venions de sortir de la dernière guerre,
Et je te ressemblais bien plus que tu ne crois.
Oh, bien sûr, nous n'avions pas d'écrans au plasma,
Et pas de téléphone, et non plus de console ;
C'était exceptionnel d'aller au cinéma !
Nous jouions dans la rue au retour de l'école.
Nous n'avions pas d'auto mais pourtant on roulait
Car c'était à vélo qu'on partait en vacances ;
Notre seul carburant : la force du mollet !
Aux filles nous voulions montrer nos performances.
Je fabriquais un arc comme Robin des Bois
D'une branche de saule et d'un peu de ficelle ;
Je me faisais un sabre avec un bout de bois,
J'incarnais Du Guesclin et ma soeur... la Pucelle !
Je grimpais dans un arbre et devenais Tarzan ;
Mais je savais aussi m'adresser à la Lune
Et m'envoler vers elle, imitant Peter Pan,
Ou comme Cyrano sur la plage à la brune.
A présent, le pouvoir corrosif de l'argent
A créé le besoin d'un avenir ludique
Et l'homo sapiens se croit intelligent
Pendant qu'il s'inféode au monde informatique.
Comme toi, mon petit, quand j'étais un enfant,
J'étais rempli d'espoir et les yeux pleins de rêves,
J'ai traversé mon temps, pas toujours triomphant,
Et ce sont mes défis qu'aujourd'hui tu relèves.
9 commentaires
Henri · le samedi 14 mars 2015 à 06:58
Il y en a beaucoup d'autres : "console/école",qui tombe comme une évidence, "roulait/mollet", "relèves/rêves", dont on devine qu'elles ne sortent pas toutes machées d'un dictionnaire, et surtout celle en "bois" qui se laisse soupeser, mais la majuscule fait la différence. C'est une belle trouvaille.
J'ai eu un petit temps d'arrêt sur "plasma" qui m'a semblé trop moderne, mais c'est juste un ressenti.
Pour le reste, c'est un régal ; le ton est d'une justesse délicieuse (mais j'imagine que l'auteur et le narrateur sont de mèche), l'emploi et le mélange des temps, passé/présent, est plus que parfait, et la morale, s'il en est, me semble vouloir dire que la culture disparaît (parce que des Cyrano et Du Guesclin vs une console, pour moi, y’ a pas photo !).
Voilà pour ma lecture.
domi · le samedi 14 mars 2015 à 08:40
à bientôt de te relire !
Michel (Signes de Vie) · le samedi 14 mars 2015 à 10:23
L'espoir demeure, et reste essentiel.
Bravo, et amitié
domidom · le samedi 14 mars 2015 à 15:27
Je suis née pendant la guerre, et ton poème formidable, comme toujours, m'a rappelé, ma jeunesse, les bals du dimanche, c'était à vélo que nous nous rendions aux assemblées, nous dansions sous les parquets, avec notre petit tampon sur le poignet..etc...etc...
Qu'elle était belle cette époque...
Au plaisir mon ami...
DomiE...
Lucille · le samedi 14 mars 2015 à 19:41
violette · le samedi 14 mars 2015 à 19:44
maumau
Micheline 1940 · le lundi 16 mars 2015 à 07:51
Amicalement, M.
Nemo · le mercredi 18 mars 2015 à 18:12
Rosaly · le vendredi 20 mars 2015 à 17:02
Un poème magnifique, riche de souvenirs et transmis via « la toile» , et oui finie la plume sergent- major!
Les temps changent et se succèdent, le progrès n'a pas que du bon bien sûr,mais qui peut y échapper? Et qui le voudrait vraiment?
Hélas on ne peut faire le tri entre le bon grain et l'ivraie !
On reste tous nostalgiques du temps de notre jeunesse ...comme nos petits-enfants le seront à leur tour.
Ce retour sur le passé, m'a procuré un grand plaisir de lecture, votre style coule sans «accrocs» avec grand talent.
Les références changent, les héros ne sont plus les mêmes...mais le pouvoir du rêve reste intact!
C'est le «pont » reliant toutes générations et vous le dites :
«Et je te ressemblais bien plus que tu ne crois»
« Comme toi, mon petit, quand j'étais un enfant,
J'étais rempli d'espoir et les yeux pleins de rêves, »
Merci pour ce partage,
Mes amitiés,
Rosaly
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