Jeux interdits

Quand, pareille à Vénus en son bain, tu te lèves
Et que ton corps se mêle au moiré du satin,
Suis-je alors sous le dais d’un palais byzantin
Ou près du lac Amour aux bords couverts de glaives ?
Je ne sais plus… Où suis-je ? Est-ce le paradis ?
Ou peut-être l’enfer… Oh ! mais quelle importance !
Ignorons les jaloux et leurs salmigondis.
Je veux, auprès de toi, braver les interdits,
M’allonger sur ta couche, et sans te faire offense,
Goûter les mots sucrés qui rendent étourdis.
Tes yeux sont le miroir transparent de mes rêves
Dont les velléités ont effacé le tain,
Où j’ai cru voir briller l’éclair adamantin
Du plaisir partagé d’étreintes bien trop brèves.
----------
Illustration: La Baigneuse par Christophe-Gabriel ALLEGRAIN, Musée du Louvre, Paris
Et que ton corps se mêle au moiré du satin,
Suis-je alors sous le dais d’un palais byzantin
Ou près du lac Amour aux bords couverts de glaives ?
Je ne sais plus… Où suis-je ? Est-ce le paradis ?
Ou peut-être l’enfer… Oh ! mais quelle importance !
Ignorons les jaloux et leurs salmigondis.
Je veux, auprès de toi, braver les interdits,
M’allonger sur ta couche, et sans te faire offense,
Goûter les mots sucrés qui rendent étourdis.
Tes yeux sont le miroir transparent de mes rêves
Dont les velléités ont effacé le tain,
Où j’ai cru voir briller l’éclair adamantin
Du plaisir partagé d’étreintes bien trop brèves.
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Illustration: La Baigneuse par Christophe-Gabriel ALLEGRAIN, Musée du Louvre, Paris
8 commentaires
louis · le vendredi 27 novembre 2015 à 18:12
Amitié.
Nemo · le vendredi 27 novembre 2015 à 19:27
La forme qui j'ai utilisée ici est celle du sonnet irrégulier dit polaire, càd que les tercets sont placés entre les quatrains et pas après ceux-ci. Baudelaire a utilisé la forme polaire dans son poème "L'avertisseur", par exemple.
J'ai ajouté un effet miroir aux rimes, n'ayant ainsi que quatre rimes (ABBA CDC // CDC ABBA) alors que le sonnet doit en compter cinq (ABBA ABBA CCD EED ou ABBA ABBA CCD EDE).
Si je modifiais l'ordre comme tu me le suggères, je ne respecterais donc ni la forme marotique, ni celle de Peletier et mon sonnet resterait donc irrégulier.
Par contre, j'ai essayé de suivre scrupuleusement toutes les règles imposées par la prosodie.
Tu as peut-être vu que j'ai apporté un changement : interdits et maudits ne pouvaient pas rimer car ils ont la même racine latine : "dicere".
Amicalement,
Pierre.
Plumeflore · le vendredi 27 novembre 2015 à 22:03
Vraiment magnifique!
Plumeflore!
yanrevesud · le samedi 28 novembre 2015 à 00:24
Beau "sonnet".
Yves
guillaume · le samedi 28 novembre 2015 à 09:25
louis · le samedi 28 novembre 2015 à 11:14
Mais dans quel vers envisageais-tu de faire rimer "maudits" avec "interdits" ?
Peut-être en écrivant:
"Goûter les mots sucrés qui les rendent maudits" ?
De plus, en quoi 2 mots qui ont la même racine latine, ne pourraient-ils pas rimer ?
Amitiés.
Nemo · le lundi 30 novembre 2015 à 19:58
Le sonnet est la forme la plus exigeante de la poésie française. Elle demande, en plus du respect absolu de la prosodie, qu'on ne fasse pas rimer des mots ayant la même racine. De même, au niveau des rimes, il faut varier le nombre de syllabes et utiliser en mélange substantifs, adjectifs, verbes, etc.
@Plumeflore : je suis allé te lire et je trouve tes poèmes bien écrits. Tu n'as pas de raison de te plaindre, me semble-t-il. Je repasserai certainement plus souvent chez toi.
@Yanrevesud et Guillaume : merci de vous être arrêtés sur ma page.
louis · le mercredi 2 décembre 2015 à 20:50
Amitiés.
(mespoemes.net/louis/)
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