Lettre à Marie-Thérèse
Gambais, le 21 décembre 1919.
Ma chère Marie-Thérèse,
Votre lettre m’apprend, selon toute hypothèse,
Que vous ne viendrez pas à notre rendez-vous.
J’avais tant espéré vous voir, Belle Mytèse ;
Ne serez-vous point là, ni vos toutous, ni vous ?
Quand on est amoureux, la moindre circonstance,
Les plus petits détails, nous les romantisons ;
Ne viendrez-vous donc pas malgré mon insistance ?
Ne serez-vous point là pour Noël aux tisons ?
J’avais tant espéré, qu’en cette fin d’année,
Vous puissiez me rejoindre en mon humble foyer ;
Sans vous à mes côtés, ma joie est condamnée !
Ne serez-vous point là pour vous faire choyer ?
Peut-être aurai-je osé vous déclarer ma flamme,
Et couvrir votre main de mes baisers brûlants
Tant est grand le désir que j’ai de vous, Madame.
Ne serez-vous point là pour combler mes élans ?
Oui, depuis bien longtemps, ce feu dort sous la braise,
Mon âme se consume, attendant que l’amour
Naisse entre nos deux cœurs, chère Marie-Thérèse.
Ne serez-vous point là, qu’il puisse voir le jour ?
Sans vous, mon avenir sera gris comme cendre,
Mais je garde l’espoir qu’à la fête des Rois,
De Paris, jusqu’à moi, vous voudrez bien descendre :
Vous serez enfin là ! Vos chiens aussi ! Tous trois !
Votre très affectionné,
Henri Désiré
Ma chère Marie-Thérèse,
Votre lettre m’apprend, selon toute hypothèse,
Que vous ne viendrez pas à notre rendez-vous.
J’avais tant espéré vous voir, Belle Mytèse ;
Ne serez-vous point là, ni vos toutous, ni vous ?
Quand on est amoureux, la moindre circonstance,
Les plus petits détails, nous les romantisons ;
Ne viendrez-vous donc pas malgré mon insistance ?
Ne serez-vous point là pour Noël aux tisons ?
J’avais tant espéré, qu’en cette fin d’année,
Vous puissiez me rejoindre en mon humble foyer ;
Sans vous à mes côtés, ma joie est condamnée !
Ne serez-vous point là pour vous faire choyer ?
Peut-être aurai-je osé vous déclarer ma flamme,
Et couvrir votre main de mes baisers brûlants
Tant est grand le désir que j’ai de vous, Madame.
Ne serez-vous point là pour combler mes élans ?
Oui, depuis bien longtemps, ce feu dort sous la braise,
Mon âme se consume, attendant que l’amour
Naisse entre nos deux cœurs, chère Marie-Thérèse.
Ne serez-vous point là, qu’il puisse voir le jour ?
Sans vous, mon avenir sera gris comme cendre,
Mais je garde l’espoir qu’à la fête des Rois,
De Paris, jusqu’à moi, vous voudrez bien descendre :
Vous serez enfin là ! Vos chiens aussi ! Tous trois !
Votre très affectionné,
Henri Désiré
8 commentaires
nemo · le vendredi 21 décembre 2012 à 19:11
Le 13 janvier 1919, Marie-Thérèse Marchadier, ancienne prostituée parisienne, connue sous le nom de la belle Mytèse, fut tuée, découpée puis brûlée dans le poêle de la villa Tric de Gambais (dans les Yvelines) où elle était venue passer quelques jours chez son amant, avec ses trois chiens. D’elle, on ne retrouva que des cendres, mais la police découvrit les cadavres des trois chiens, étranglés. Elle fut (fort probablement) la onzième et dernière victime de Henri Désiré Landru.
J'ai donc imaginé qu'un premier rendez-vous manqué avait donné naissance à un corresondance entre les deux protagonistes.
Amusez-vous maintenant à retrouver les mots qui pouvaient vous mettre sur la voie...
Bonne recherche,
Pierre.
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Michel (Signes de Vie) · le vendredi 21 décembre 2012 à 23:15
Pauvre Marie-Thérèse !
Ce Landru de désir avait des yeux de braise ?
Bon week-end Pierre
Amitié
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nemo · le dimanche 23 décembre 2012 à 21:12
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 24 décembre 2012 à 07:00
Dès qu'à la première ligne, j'ai lu que cette lettre venait de Gambais, je me suis bien inquiété pour cette pauvre Marie-Thérèse. De schoorsteen die rookt, c'est mauvais signe dans la maison de M. LANDRU. Comme toutes les "autres", Marie-Thérèse, amoureuse, avait la tête ailleurs et n'a pas fait attention quand son galant, en prenant les billets de chemin de fer à la gare St-Lazare demanda à l'employé, comme dans un rituel : "Un aller-retour et un aller.....simple !!!!".
Amitiés et bonnes fêtes, Pierre. Si tu as une cheminée, fait y plutôt brûler de joyeuses buches qui égaieront la maison et laisse s'éteindre dans l'oubli la macabre cheminée de Gambais ! Philip.
nemo · le lundi 24 décembre 2012 à 11:20
Quant à l'histoire de l'aller simple, cela pouvait se justifier s'il disait qu'il resterait, lui, plus longtemps à Gambais. Comme tu le dis, une femme amoureuse a la tête ailleurs (où ? That's the question !), mais n'est-ce pas vrai aussi pour l'homme (si ma mémoire est bonne) ?
Prettige Kerstdagen en Gelukkig Nieuwjaar, Philip en tot ziens !
Pieter
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:-) · le jeudi 27 décembre 2012 à 22:30
Mais noel avec vous me mettait à mon aise…
Devinez qui je suis n’est point chose facile
Bien sur, ma répartie est souvent malhabile,
Mais vous l’aimiez jadis, vous en souvenez vous?
A quand puis-je espérer un premier rendez-vous?
nemo · le lundi 31 décembre 2012 à 08:56
http://www.mespoemes.net/sites/lire.php?id_poeme=96462&login=nemo&page=1
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rejane · le jeudi 3 janvier 2013 à 21:26
Quant à ta belle inconnue, se peut-il que tu ne l'aies pas reconnue ? (j'ai bien ma petite idée qui demande confirmation...), c'est là une plume qui ne me semble pas aussi inconnue, et elle n'était pas la dernière à venir mettre son grain de sel au milieu de nos joutes poésielandiennes.
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