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Le départ du lache

Le dimanche 5 juillet 2015 à 03:12, posté par NoOne · 97 lectures

Fade fut le départ du lâche,
Tristement fidèle à l’insignifiant frileux
Sans accrocs, sans fracas et sans tache.
Le décevant le fut même dans ses adieux
Ses mots doux n’étaient-ils pas dérisoires ? Vérité arrangeante pour qui ne veut point voir.
Par l’attente de sa belle la fierté flattée, Le poltron se vit gonflé de pouvoir
Mu de prétentions déplacées et drapé de fatuité, il se rêva si haut qu’il ne se vit plus choir,
Accord parfait de ce piteux homme, son départ fut silencieux et doux tel un soupir,
Apeuré de sortir quelque peu des normes, il ne se hasarda point à assumer ses désirs.
Le versatile encore amoureux hier, Indécis et désormais disparu,
Sa perle n’avait plus son éclat il voulut s’en défaire, admettrait-il en ce jour l’avoir jamais connue ?
Triste réalité d’un homme sans ambitions, veillant à diluer chaque parcelle de son être,
En manque de reconnaissance et affamé d’attentions, refusant l’amour préférant le paraitre.
Usé de guetter un éclat d’admiration, dans le regard de l’indépendante
Il finit donc par se faire une raison, lâcha prise et ravala enfin sa langue pendante.

Le naturel chassé revint soudain au galop, il ne lâchera rien ni la femme ni l’amante.
Puis d’une voix empreinte de son âme d’escroc, il tenta une énième approche larmoyante
Sans doute son cœur ne serait-il point sourd, il sortit son arme et son plus beau discours
« Un sourire engageant au coin des lèvres, regard mièvre et le cœur en fièvre
Vous m’avez tenté vous m’avez hanté, que de fééries m’avez vous conté
La fierté à vif, piquée de vos griffes, J’ai certes le cœur bien vindicatif
Mon ego voyez vous n’a pas ses égaux, vous me faites de l’ombre, insoutenable fardeau
Vous êtes celle que j’aime non celle qui m’admire, j’ai besoin des deux sans vous mentir »
Elle le regarda l’air mi narquois mi pontois, et le vit déblatérer, la hache sera déterrée
« Lasse je m’arrache à vos bras de lâche, je lâche mon emprise, triste traitrise...
Car je me perds plus je m’attache, inévitable revers de cette lourde bêtise
A un espoir cinglant je me suis sanglé, cela vous indiffère, je le réalise
Acharnée sur vos sentiments décharnés, j y ai cru quoi qu’en on dise
Je vous ai cerné, vous m’avez bernée, mille et unième de vos milles prises
Mon désarroi je revêts ; j’annonce que je m’en vais, revendiquant mon forfait et ma couardise
Vous m’avez heurtée vous m’avez leurrée, assez de pleurer l’ego est de mise
Je ne suis plus une femme apeurée, femme à regret, femme qui s’enlise, la leçon est apprise
N’est-ce point légitime d’exiger le meilleur, quand le meilleur était pour vous valeur acquise ?
Savez-vous aimer comme je l’ai fait, quand vous perdre était ma pire hantise ?
N’est-ce point un droit d’être votre combat, quand pour vous je suis déjà terre conquise ?
Ai-je à être parmi celles et non la seule ? Vous vous partagez par pure gourmandise
Je vous ai aimé pour ce que je vous êtes, mais mon cher ce que vous êtes désormais me brise
Je vous invite donc à un oubli, qui je le sais, ne sera pas un torrent, juste une brise »
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