Demain, dès l'aube

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor HUGO 1802-1885
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor HUGO 1802-1885
2 commentaires
lesprosesdeslim · le mardi 7 février 2012 à 08:33
cette image de ce cher et vieil Hugo traversant le temps, contre vents et marées, bravant l'insupportable froidure de cette terrible aube hivernale, avec dans les bras ce magnifique bouquet de houx verts et de bruyère en fleurs pour aller à la rencontre de sa fille dont il sait qu'elle l'attend de cette attente terrible et émouvante car vécue dans un contexte particulièrement triste pour le poète, cette image donc n'a jamais quitté mon esprit dés le moment où je l'ai lu. Merci pour ce partage. Slim.
domidom · le mardi 7 février 2012 à 17:23
Merci de ce délicieux moment de lecture...
Amitiés....Domie...
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