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Poésies clériciennes

L'île brisée

Le mardi 14 juillet 2015 à 18:43, posté par Pierre · 170 lectures

Un fantôme m’embête et m’emboîte le pas.
Ce rôdeur a saisi de mes rêves les rênes !
Un fantôme m’envoûte et m’invite ici-bas
À pâtir en sa geôle où pâlissent les chênes.

Dans le gîte où je goûte une pêche de blé,
Sur mon île à mi-août je me crois en nivôse.
Mais la gîte d’un mât dans la houle d’été
Me câline et me lâche au-delà de ventôse.

Sans dégât ni dégoût, je serais tâcheron,
Si mon âge voûté n’était plus à la traîne.
Je serais plâtrier, maraîcher, bûcheron,
Si mon âme bâtée n’avait plus une chaîne.

Je ferais de mon île un superbe château,
De mon âtre brûlant j’ôterais les embûches.
Mais je sais qu’en dépôt je n’ai plus qu’un râteau,
Une bêche et un âne et un vieux tas de bûches.

À l’affût, je m’apprête à me cloître à jamais
Sur mon île si blême où je blâme les mânes.
Mes ancêtres n’ont plus les genêts que j’aimais
Et ma tête saumâtre enchevêtre leurs crânes.

Ci-gît donc le benêt, le suppôt des tripots,
Qui mûrit et se meurt en brûlant de renaître.
Veut-on n’être plus rien qu’un appât d’asticots,
Remâchait le rêveur pour ne point disparaître.

Un rôdeur l’embêtait, lui emboîtant le pas,
Sans qu’il pût renâcler, restant là sans réflexe.
Le pêcheur rabâchait son mal-être ici-bas,
Sur son île brisée en accent circonflexe.
Note : 8/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

1 commentaire

PEARL · le mercredi 22 juillet 2015 à 12:29

Bonjour et Bravo Pierre :)
Pearl...

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