Un moment parfait
Un texte (très) légèrement modifié.
Merci à tous ceux dont j'ai effacé le commentaire. Soutine avait pour habitude de déchirer ses toiles.
Un moment parfait
Sur le bord d'un chemin
où des hêtres frissonnent
reflets sonores éclaboussés
dans la lumière
et ses piqûres d'oiseaux éparpillées
je découvre
s'achevant sur les feuilles
le destin d’un pigeon
infime part divine
aux confins du néant
Fasciné
je me suspends alors
à sa faible chaleur
au trou noir de son oeil aspirant l'univers
à l'affût de l'instant où
sa vie insignifiante
sans bruit
dans le secret des arbres
dans l'attente des mouches
va s’éteindre
La nature se tend jusqu'au vacarme puis
quand son oeil rond se vide
silence
la lumière se tait
et je bois l'univers
Merci à tous ceux dont j'ai effacé le commentaire. Soutine avait pour habitude de déchirer ses toiles.
Un moment parfait
Sur le bord d'un chemin
où des hêtres frissonnent
reflets sonores éclaboussés
dans la lumière
et ses piqûres d'oiseaux éparpillées
je découvre
s'achevant sur les feuilles
le destin d’un pigeon
infime part divine
aux confins du néant
Fasciné
je me suspends alors
à sa faible chaleur
au trou noir de son oeil aspirant l'univers
à l'affût de l'instant où
sa vie insignifiante
sans bruit
dans le secret des arbres
dans l'attente des mouches
va s’éteindre
La nature se tend jusqu'au vacarme puis
quand son oeil rond se vide
silence
la lumière se tait
et je bois l'univers
8 commentaires
Loïc · le dimanche 11 avril 2010 à 01:06
Il y a comme un parfum de vampirisme dans celui-ci. Je ne parle pas seulement de "je bois l'univers", mais le fait que l'oeil du pigeon fasse auparavant de même, "aspire l'univers", indique la passation. Après tout, puisqu'on ne peut pas vivre sa mort...
Un philosophe (j'ai oublié qui) disait en gros: "Le monde n'existe que grâce à nous. Si nous cessons d'exister, il cesse d'exister tout entier."
Tu es tombé dans le trou noir du pigeon plus que tu ne l'as étudié, apparemment.
Loïc · le dimanche 11 avril 2010 à 01:18
patrice · le dimanche 11 avril 2010 à 11:25
J'aime bien la citation du philosophe inconnu.----
http://www.mespoemes.net/patrice
Loïc · le dimanche 11 avril 2010 à 17:31
cauria · le dimanche 11 avril 2010 à 17:52
http://www.mespoemes.net/cauria
voicileure · le lundi 12 avril 2010 à 06:48
Mais cet arrêt sur la vie qui s'enfuit dans l'oeil de l'oiseau... Cette tristesse contenue... cette réflexion et la chute... "La lumière se tait" ! C'est beau !
http://www.mespoemes.net/voicileure
patrice · le lundi 12 avril 2010 à 22:20
Pourquoi "piqûres d'oiseaux" ? Cette métaphore me semblait plutôt réussie, n'avez vous pas l'impression que les cris des oiseaux sont comme des piqûres faites à la lumière, lors d'une journée de printemps ? L'adjectif éparpillé m'a posé quelques problèmes. Le mot le plus juste aurait été "disséminé", seulement voilà, les mots ont aussi une couleur, et celle du premier me rappelait le printemps et sa douceur.----
http://www.mespoemes.net/patrice
avenance · le dimanche 23 mai 2010 à 21:36
par l'irreprésentable,silence soudain de la lumière dans la nuit de la mort,fascination par la métamorphose de la Présence en Rien,incorporation finale de l'univers et de sa double Loi dans l'ivresse et l'acceptation,dans le consentement.Ai-je bien interprété le sens du poème?
PS.Le geste final serait-il une réminiscence du calice de la cène et de la promesse de régénération?
PS2.Merci pour ton commentaire:tu as bien vu le sens nietzchéen de la dernière strophe mais l'essentiel du texte est d'inspiration heideggérienne:la liberté comme libération à l'existence pour la mort,la liberté comme errance,comme exposition à l'énigme et à la puissance silencieuse de l'Etre,comme épreuve de la finitude et de la temporalité indépassables.A bientôt;Avenance.PS3.Oui la collusion des deux espérances est voulue mais peut-être maladroite!
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.