Les ombres portées
Un texte très allégé par rapport à la première version postée (merci Alto).
Je me dis que je n'ai pas été sympa en effaçant tous mes textes et avec eux tous les commentaires, mais que voulez-vous, j'ai été victime d'une pulsion nocturne devant les trop nombreuses imperfections que mes textes contenaient, une manière de faire (presque) table rase du passé pour repartir du bon pied, enfin, autant que faire se peut quand on a deux jambes de bois.
Les ombres portées
Dans les violons de l'herbe d'une vieille montagne
qui pénètre oubliée l'hostile intimité du ciel
je m'époumone nu
vers les oiseaux captifs de leur cage d'azur
et leur offre mes mains
Des nuages ça et là lentement s'exilent
ils glissent sur la peau d'un temps indivisé
dont l'aiguille à mon bras
cherche en vain la fracture
un temps presque palpable
enchâssant cet îlot où s'est posée ma fuite
comme la pie se pose sur la plus haute branche
pour narguer le métal qui jaillit du fusil
Je suis seul comme un dieu dans l'âpreté du vent
nul donc ne peut me voir
nul donc ne peut m'entendre
si ce n'est
discrète
la brindille cassant qui figure la biche
et je resterai là encore
sur ce chemin d'absence
jusqu'à l'apocalypse
jusqu'à mes yeux vidés
l'ultime seconde de l'ultime journée
Et je resterai là dans cette solitude
Mais des nuages lentement s’exilent
et leurs ombres portées sont les ombres portées
des autres
et de l'amour
qui ne seront jamais
jusqu'à l'apocalypse
jusqu'à mes yeux vidés
l'ultime seconde de l'ultime journée
que d'impossibles deuils
Je me dis que je n'ai pas été sympa en effaçant tous mes textes et avec eux tous les commentaires, mais que voulez-vous, j'ai été victime d'une pulsion nocturne devant les trop nombreuses imperfections que mes textes contenaient, une manière de faire (presque) table rase du passé pour repartir du bon pied, enfin, autant que faire se peut quand on a deux jambes de bois.
Les ombres portées
Dans les violons de l'herbe d'une vieille montagne
qui pénètre oubliée l'hostile intimité du ciel
je m'époumone nu
vers les oiseaux captifs de leur cage d'azur
et leur offre mes mains
Des nuages ça et là lentement s'exilent
ils glissent sur la peau d'un temps indivisé
dont l'aiguille à mon bras
cherche en vain la fracture
un temps presque palpable
enchâssant cet îlot où s'est posée ma fuite
comme la pie se pose sur la plus haute branche
pour narguer le métal qui jaillit du fusil
Je suis seul comme un dieu dans l'âpreté du vent
nul donc ne peut me voir
nul donc ne peut m'entendre
si ce n'est
discrète
la brindille cassant qui figure la biche
et je resterai là encore
sur ce chemin d'absence
jusqu'à l'apocalypse
jusqu'à mes yeux vidés
l'ultime seconde de l'ultime journée
Et je resterai là dans cette solitude
Mais des nuages lentement s’exilent
et leurs ombres portées sont les ombres portées
des autres
et de l'amour
qui ne seront jamais
jusqu'à l'apocalypse
jusqu'à mes yeux vidés
l'ultime seconde de l'ultime journée
que d'impossibles deuils

9 commentaires
Loïc · le lundi 5 avril 2010 à 12:01
Amusant: ça doit être subliminal, mais j'ai d'abord lu: "la brindille pour casser la figure qui biche"!!
alto · le lundi 5 avril 2010 à 12:31
"la brindille...biche"est un "alexandrin ..."de
13 pieds...!C'est ton éloquence !Vigoureuse!Mais au vieux...l'absence de la virgule coupe le souffle!pas le plaisir!
Salut!
http://www.mespoemes.net/alto
José · le lundi 5 avril 2010 à 13:28
Loïc · le lundi 5 avril 2010 à 23:38
patrice · le mardi 6 avril 2010 à 21:33
Si José Repasse dans le coin, j'aimerais qu'il me dise par rapport à quoi il juge cette forme poétique novatrice, par rapport aux autres poèmes postés sur mespoemes ou alors à la poésie d'une manière générale ?
Je n'avais pas remarqué avoir fait des alexandrins.
Merci à tous - et à alto pour "l'éloquence vigoureuse".
----
http://www.mespoemes.net/patrice
José · le mercredi 7 avril 2010 à 16:32
Patrice, je trouve cet écrit novateur sur la forme (mi prose mi poème, peu lue en effet sur le site) que surtout sur le fond, où chaque élément environnemental entretient à travers justement ces "jolis" enchevêtrements métaphoriques un rapport mytonymique avec le "je" du poème, au point que sa pensée en acquiert la puissance. Une symbiose auusi loin poussée, il ne m'a encore jamais été donné de lire, d'où ce qualificatif de "novateur"
patrice · le mercredi 7 avril 2010 à 22:56
En revanche je ne sais pas ce que veut dire mytonymique, et mon dictionnaire non plus. Enfin, je crois comprendre, et tant mieux si mon rapport à l'environnement est si bien rendu. Il y a tout de même deux petites choses un peu bancales dans ce texte. ----
http://www.mespoemes.net/patrice
José · le jeudi 8 avril 2010 à 11:59
patrice · le samedi 10 avril 2010 à 12:35
http://www.mespoemes.net/patrice
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