LES INCONSTANTS MYSTERES - MARTHA Ep. 6

« Je courais en silence au soir mélancolique,
Récitant mon serment au vent venu des plaines,
La pluie comme compagne et mon coeur amnésique
Sur le pavé trempé les voix semblent lointaines ».
Malcom entama les premières mesures de l’étude n° 1 de Scriabine. Une petite pièce musicale lente et délicate. Cette fois-ci il fermait les yeux. Vers la vingtième mesure, à la reprise du thème, alors que ses deux mains se déplaçaient vers l’extrémité inférieure du clavier, une seconde mélodie se fit entendre, répondant aux accords et aux notes du jeune musicien.
Ce dernier ouvrit les yeux et tourna légèrement la tête. Martha se trouvait près de lui et lui souriait de son même regard à la fois doux et malicieux, tout en continuant à jouer des notes aériennes.
………………………………………………………………………………………….....
Et soudain, l’Instant s’était figé. Leurs yeux restaient ouverts, et leurs souffles tranquilles, mais le temps s’était arrêté et les souvenirs récents de leurs propres existences, comme des torrents sauvages indomptés, remontaient en rugissant au creux de leurs âmes.
(Six mois auparavant – CARLISLE – North Cumberland, Royaume Uni)
Au début des années 30, Carlisle était, malgré son climat et les tensions qui agitaient la « vieille Angleterre », une grande cité, un peu endormie, où il faisait bon vivre et que la crise qui s’était abattue sur le pays dix ans plus tôt n’avait pas affectée.
Lorsque l’on était natif du North Cumberland, on n’était pas écossais, bien que Carlisle n’en fût situé qu’à une vingtaine de miles.
Malcom était né dans cette ville et l’aimait, bien qu’il fit la plupart de ses études à Londres. Revenu au pays, il avait cependant préféré se fondre avec les étudiants des Beaux-Arts du Cumbria Institute of the Arts. Un rêveur, Malcom, qui n’avait pas la fibre pour être avocat, ainsi qu’il pensait s’y destiner.
Il est des horizons de l’âme plus impétueux que les tourbillons qui entrainent sans fin les hommes vers de dérisoires conquêtes.
« Quand, pareille aux sournois et pâles byzantins,
La foule des loups gris, jaillissant du néant
Emporte dans ses pas, ses monstrueux matins,
Nos couronnes d’espoir s’en vont à l’océan.
Dans le silence blême où se confond le jour,
Mon regard est Lumière et mes mains rêvent d’or,
Pour peindre aux infinis, le délicat contour
Des horizons nacrés dans leur précieux décor ».
Ainsi couraient les jours, dans ces boucles de vie qui font l’Eternité.
Malcom, le rêveur un peu fou, au charme enfantin et au regard fiévreux allait quitter pour longtemps la quiétude de ses paradis bleus.
Il était assis, songeur, dans un des profonds divans de la vieille taverne The Rose and the Crown, un établissement centenaire qu’affectionnaient nombre d’habitants de la ville, près du petit cours d’eau, le Barrock Gill. Mais c’était surtout le lieu du rendez-vous que lui avait fixé son oncle, le Major Dumfries, un ancien héros de la deuxième guerre des Boers.
Malcom avait toujours eu une tendresse particulière pour cet oncle, souvent bourru mais au regard pétillant de malice et au jugement droit. Son admiration était d’autant plus vive, que le major avait été un ami proche de Kipling
Mais ce soir-là cette rencontre allait peser sur le destin de Malcom. A jamais. Un destin croisé avec celui de Martha. Martha qui se tenait près de lui, dans l’ivresse délicate des notes du piano.
« Ô, cieux, mers, étoiles
Connaitrais-je la trame
Des inconstants mystères
Qui font de nos frontières
Des instants inconnus,
Des secrets détenus
Par ces mille comètes
Qui bravent les tempêtes…….
..... quand survient le matin.
(à suivre)
Récitant mon serment au vent venu des plaines,
La pluie comme compagne et mon coeur amnésique
Sur le pavé trempé les voix semblent lointaines ».
Malcom entama les premières mesures de l’étude n° 1 de Scriabine. Une petite pièce musicale lente et délicate. Cette fois-ci il fermait les yeux. Vers la vingtième mesure, à la reprise du thème, alors que ses deux mains se déplaçaient vers l’extrémité inférieure du clavier, une seconde mélodie se fit entendre, répondant aux accords et aux notes du jeune musicien.
Ce dernier ouvrit les yeux et tourna légèrement la tête. Martha se trouvait près de lui et lui souriait de son même regard à la fois doux et malicieux, tout en continuant à jouer des notes aériennes.
………………………………………………………………………………………….....
Et soudain, l’Instant s’était figé. Leurs yeux restaient ouverts, et leurs souffles tranquilles, mais le temps s’était arrêté et les souvenirs récents de leurs propres existences, comme des torrents sauvages indomptés, remontaient en rugissant au creux de leurs âmes.
(Six mois auparavant – CARLISLE – North Cumberland, Royaume Uni)
Au début des années 30, Carlisle était, malgré son climat et les tensions qui agitaient la « vieille Angleterre », une grande cité, un peu endormie, où il faisait bon vivre et que la crise qui s’était abattue sur le pays dix ans plus tôt n’avait pas affectée.
Lorsque l’on était natif du North Cumberland, on n’était pas écossais, bien que Carlisle n’en fût situé qu’à une vingtaine de miles.
Malcom était né dans cette ville et l’aimait, bien qu’il fit la plupart de ses études à Londres. Revenu au pays, il avait cependant préféré se fondre avec les étudiants des Beaux-Arts du Cumbria Institute of the Arts. Un rêveur, Malcom, qui n’avait pas la fibre pour être avocat, ainsi qu’il pensait s’y destiner.
Il est des horizons de l’âme plus impétueux que les tourbillons qui entrainent sans fin les hommes vers de dérisoires conquêtes.
« Quand, pareille aux sournois et pâles byzantins,
La foule des loups gris, jaillissant du néant
Emporte dans ses pas, ses monstrueux matins,
Nos couronnes d’espoir s’en vont à l’océan.
Dans le silence blême où se confond le jour,
Mon regard est Lumière et mes mains rêvent d’or,
Pour peindre aux infinis, le délicat contour
Des horizons nacrés dans leur précieux décor ».
Ainsi couraient les jours, dans ces boucles de vie qui font l’Eternité.
Malcom, le rêveur un peu fou, au charme enfantin et au regard fiévreux allait quitter pour longtemps la quiétude de ses paradis bleus.
Il était assis, songeur, dans un des profonds divans de la vieille taverne The Rose and the Crown, un établissement centenaire qu’affectionnaient nombre d’habitants de la ville, près du petit cours d’eau, le Barrock Gill. Mais c’était surtout le lieu du rendez-vous que lui avait fixé son oncle, le Major Dumfries, un ancien héros de la deuxième guerre des Boers.
Malcom avait toujours eu une tendresse particulière pour cet oncle, souvent bourru mais au regard pétillant de malice et au jugement droit. Son admiration était d’autant plus vive, que le major avait été un ami proche de Kipling
Mais ce soir-là cette rencontre allait peser sur le destin de Malcom. A jamais. Un destin croisé avec celui de Martha. Martha qui se tenait près de lui, dans l’ivresse délicate des notes du piano.
« Ô, cieux, mers, étoiles
Connaitrais-je la trame
Des inconstants mystères
Qui font de nos frontières
Des instants inconnus,
Des secrets détenus
Par ces mille comètes
Qui bravent les tempêtes…….
..... quand survient le matin.
(à suivre)
12 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 15 mai 2014 à 20:08
Et, toujours, les détails, les lieux, le contexte historiques sont le reflet de la réalité de l'époque (l'histoire se déroule dans les années 30).
Ainsi, le pub The Rose & the Crown (la Rose & la Couronne) a réellement existé, depuis 1822 ! Il est hélas, maintenant, voué aux pioches des démolisseurs. Le major Dumfries aurait très bien put rencontrer Kipling puisque ce dernier est mort en 1936, etc... Exigence du contexte historique ! Voilà, je vous souhaite une bonne...ou plutôt, une....."douce" lecture. Ce ne sont que des mots, sans prétention. Laissez vous simplement bercer par ces mots. Pour rêver, s'évader....l'espace d'un instant.
Amitiés à toutes et à toutes. Votre bien dévoué, Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
euphonie · le jeudi 15 mai 2014 à 22:15
http://www.mespoemes.net/euphonie
En lisant, j'ai l'impression que Malcom et notre Philip ne font qu'un
Je suis peut être gourmande mais je reste sur ma faim.
On commence à lire, nous sommes entrés dans le récit et plouf cela s'arrête et il attendre encore...........Pour avoir la suite
Quel bonheur pour moi, d'avoir un jour cliquer sur mespoèmes et de pouvoir bénéficier de temps de beaux poèmes et de récits.
Je te souhaite une bonne soirée
Marie
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 16 mai 2014 à 05:53
Bonjour Marie.
"Plouf, cela s'arrête !". Eh bien oui, car en fait :
1/ Je n'écris pas vraiment un roman ni un feuilleton. Même si, ici, l'écriture est libre, nous sommes quand même sur un site de poésie avant tout. Et il ne s'agit pas de poster à chaque fois des épisodes qui font 15 pages.
2/Justement, à chaque....."épisode", je me trouve contingenté par un peu plus de 20 lignes, à peu près. Car, le récit, en plus de ça est entrecoupé de vers. Et enfin, comme j'avais interrompu Martha, il m'a fallu sacrifier plus de 10 lignes pour reprendre au début la fin de l'épisode précédent.
Enfin, est-ce qu'il y a un peu de moi dans la personne de Malcom ? Bonne question !
Réponse : c'est ma sensibilité que j'exprime souvent à travers le personnage de Malcom. Car, il n'est pas si facile que ça de faire vivre de façon romancée une autre personnalité. Certes je le fais avec les personnages de mon autre nouvelle "Azatoth" dont j'ai quelques épisodes sur le site ou même dans "Smile, souriez vous êtes en enfer" où je campe un bon gros flic américain.
Mais là, il m'est certes plus facile de représenter un peu de moi-même dans Malcom. Par ailleurs, comme je joue du piano, pour les références musicales, je peux mieux exprimer les émotions.
Pour le côté british de Malcom, et les ambiances anglaises, il est vrai que j'ai une culture anglo-saxonne que j'affectionne, bien que mes pas me conduisent plus souvent aux Etat-Unis qu'en Angleterre.
Quand aux ressentis du personnage, ses valeurs, sa vision du monde, sa sensibilité oui, j'ai la fierté qu'il y ait un peu de moi. Mais c'est seulement ce que je pense être ce qu'il y a de mieux en moi. Ceux qui me connaissent savent l'étendue de mes piètres défauts. Alors, la limite - j'ai déjà été trop prétentieux en parlant de moi sous un jour embelli - est que Philip (désolé de parler à la 3ème personne, lol !) n'est certainement pas le beau jeune homme romantique et brillant qu'incarne Malcom. Non, même si je pense "ne pas être banal" comme on me l'a dit un jour, je ne suis pas un héro de roman !!!!!! Voilà la réponse à ta question, chère Marie. Amitié. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
euphonie · le vendredi 16 mai 2014 à 08:03
http://www.mespoemes.net/euphonie
Je sais Philip que mes poèmes est un site de poésie
Mais ton écris je ne lis pas comme un roman, mais plutôt un havre de paix ou se mélange la musique, les sentiments, l'histoire, la passion
Merci Philip
Marie
fokouajeancarlos · le vendredi 16 mai 2014 à 09:38
Prière de ne plus nous sevrer très longtemps.Bonne journée.
J-C
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 16 mai 2014 à 10:39
Merci Jean-Carlos. La citation que tu évoques et qui est "Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m'enrichis" est de Saint-Exupéry. C'est une de mes phrases préférée, car je l'ai toujours vécu intensément.
Pour EUPHONIE :
Nne t'inquiète pas, il y a bien longtemps que Loïc, l'administrateur du site, à qui je m'en ouvrait, m"a dit que toutes sortes d'écrits (dans le respect) étaient autorisés, sur le site, pas exclusivement que des poèmes (même s'ils constituent 99% du site), l'essentiel étant de nous retrouver dans nos différences (voir la phrase de St-Ex plus haut !) dans le partage et l'échange autour de mots qui nous interpellent. Tu sembles bien l'avoir compris, car tu considère Martha non pas comme un roman mais.....comme un havre de paix. Eh bien, tant mieux. D'autres préféreront mes poèmes. Il y a en pour tout le monde. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
fokouajeancarlos · le vendredi 16 mai 2014 à 10:52
Guy · le vendredi 16 mai 2014 à 22:50
Amitiés. Guy
http://www.mespoemes.net/renato
domidom · le dimanche 18 mai 2014 à 14:56
A plus Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
rose · le lundi 19 mai 2014 à 14:04
la j'adore ..
« Ô, cieux, mers, étoiles
Connaitrais-je la trame
Des inconstants mystères
Qui font de nos frontières
Des instants inconnus,
Des secrets détenus
Par ces mille comètes
Qui bravent les tempêtes…….
..... quand survient le matin.
http://www.mespoemes.net/rose
philipchevalier · le mardi 20 mai 2014 à 14:25
Merci, cher Guy. Bah, l'histoire n'a rien de transcendant. Surtout dans les passages peu poétiques. Alors ce qui importe c'est la joliesse de certaines tournures, à l'exemple du "Ainsi couraient les jours, dans ces boucles de vie qui font l’Eternité".
Pour DOMIE :
Prends tout ton temps, chère Domie.
Pour ROSE :
Oh, chère Sylvie, je comprends que le passage que tu as aimé te touche particulièrement, puisque je connais un peu de ta vie.
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
cerise · le mardi 1 juillet 2014 à 16:18
Et évidemment comme mes petits camarades, j'attends la suite ! (sourire)
J'ai observé que tu n'as pas repris avec exactitude le déroulement de l'histoire où tu l'avais laissé. Mais ça fonctionne.
Dans le contexte de ton histoire, j'aime particulièrement cette phrase : "Il est des horizons de l’âme plus impétueux que les tourbillons qui entrainent sans fin les hommes vers de dérisoires conquêtes."
à bientôt et surtout belle fin de journée,
Amicalement,
Béatrice
http://www.mespoemes.net/cerise
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.