A LA TABLE DU POETE (re-post)

A sa table pétillaient des sonates éphémères
Que nous écoutions ébahis, les yeux mi-clos,
Jusqu’au petit matin où sous les réverbères,
Le cerveau fatigué, nous récitions ses mots.
Tandis que rougeoyaient les lueurs de l’aube,
Nous étions des savants, amphitryons rêveurs.
Il mettait dans notre âme une chiquenaude,
Et nous repartions pour un jour, saouls, mais vainqueurs.
L’absinthe verdoyait dans nos verres exquis
Comme pour souligner ses taffetas de rimes.
L’émotion était si forte, le savais-tu, amie ?
Que nous partagions à l’ivresse son cœur intime.
A sa table j’écoutais d’incroyables tourbillons
Qui chantaient le Temps, au coin des nuits baroques.
Mon cœur était si malheureux comme ces pâles histrions
Qui errent au coin des rues dans leurs tristes défroques.
Sous les affreux pavés, sa silhouette digne,
S’en allait, manteau râpé, chapeau trop vague.
Quand vous le croisiez il vous faisait un signe
Que, d’un souffle chaviré, mon âme divague.
Ô, comme j’aimais toutes ces heures heureuses
Où tu me disais Tu pour prendre les chemins,
Les sentiers dociles de ces rimes rêveuses,
Transgressant à l’envie nos souvenirs chagrins.
Que nous écoutions ébahis, les yeux mi-clos,
Jusqu’au petit matin où sous les réverbères,
Le cerveau fatigué, nous récitions ses mots.
Tandis que rougeoyaient les lueurs de l’aube,
Nous étions des savants, amphitryons rêveurs.
Il mettait dans notre âme une chiquenaude,
Et nous repartions pour un jour, saouls, mais vainqueurs.
L’absinthe verdoyait dans nos verres exquis
Comme pour souligner ses taffetas de rimes.
L’émotion était si forte, le savais-tu, amie ?
Que nous partagions à l’ivresse son cœur intime.
A sa table j’écoutais d’incroyables tourbillons
Qui chantaient le Temps, au coin des nuits baroques.
Mon cœur était si malheureux comme ces pâles histrions
Qui errent au coin des rues dans leurs tristes défroques.
Sous les affreux pavés, sa silhouette digne,
S’en allait, manteau râpé, chapeau trop vague.
Quand vous le croisiez il vous faisait un signe
Que, d’un souffle chaviré, mon âme divague.
Ô, comme j’aimais toutes ces heures heureuses
Où tu me disais Tu pour prendre les chemins,
Les sentiers dociles de ces rimes rêveuses,
Transgressant à l’envie nos souvenirs chagrins.
11 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 15 février 2015 à 12:11
Pour ceux qui ne connaissaient pas ce vieux poème, bonne lecture. A défaut de goûter au parfum délicat de l'Ambroisie, imaginez, si vous le voulez, l'esprit de la "fée verte" embrumer délicieusement votre cervelle. Bon dimanche. Amitiés à tous et à toute. Philip.
violette · le dimanche 15 février 2015 à 14:35
j'aime cet échange de poèmes
José · le dimanche 15 février 2015 à 16:33
Transgressant à l’envie nos souvenirs
chagrins'
On croirait apercevoir les lueurs verdâtres et sentir les effluves de l'absinthe qui confèrent à tes vers mystère, danger et séduction.
Chapeau bas l'ami. Amitiés.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 15 février 2015 à 18:15
Merci, amie poète, bienvenue dans mon Jardin de Lune, tout entier dédié à la poésie et....plus généralement au Beau sous toutes ses formes. Il n'est bien sûr pas nécessaire d'être littéraire pour écrire et aimer la poésie. Mais le métier que tu exerces, bien sûr, exacerbe la sensibilité du verbe. Merci d'être passé. A bientôt pour de sympathiques échanges. Philip.
Pour JOSE :
Merci d'être passé, cette fois-ci sur ce poème, mon ami. Oui, à la table des poètes, la "fée verte" n'est jamais bien loin. Ce poème m'avait été inspiré par le tableau célèbre "Coin de Table" de Fantin-Latour, où....en coin de table l'on aperçoit, un peu décalés dans une réunion de gens peu futile, Verlaine et Rimbaud. Mais j'avais préféré m'inviter à la table de Baudelaire, car j'avais dédié ce poème à Imparfait qui apprécie tout particulièrement Baudelaire.
Ah, il est intéressant de voir, dans ton ressenti poétique "mystère, danger et séduction poétique" en t'imprégnant de mes vers. Je ne voyais pas ça comme ça. Amitiés, José. Philip.
domidom · le lundi 16 février 2015 à 16:25
Ce fut un plaisir...
Domie...
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 17 février 2015 à 07:42
Marie-Claude ( scarlatine) · le mardi 17 février 2015 à 16:59
bien , je ne sais pas quoi dire , c'est si beau
que ça me coupe la chique et je me sens si petite !!!!!!!!!!
amitié
très belle journée
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 17 février 2015 à 17:40
Je te remercie pour ton appréciation. Mais, le plus important est que SURTOUT tu n'as pas à te sentir ni petite (ni grande). Il n'y a pas de petits ou grands poètes sur notre merveilleux site, il n'y a que des poètes. Point-barre (lol !). Tu es nouvelle et j'ai vécu ce genre de louanges qui m'ont plus fait du tort qu'autre chose. Je te dirai simplement plus tard, comme je l'ai si souvent dit que les exigences de mon métier 'ont contraint si possible à bien écrire. La poésie n'est donc qu'un exercice de style différent. Au passage, je te signale qu'à mon sens, mon plus beau poème rendant hommage à Baudelaire, est le poème que j'ai re-posté à la suite de celui-ci, "Le Faubourg de la Fosse aux Ours". Très bonne soirée. Au plaisir de te lire. Amitiés. Philip.
Ivy · le jeudi 19 février 2015 à 21:09
J'aivais manqué cette invitation à la table du poète; mais je reviens prendre volontiers le thé ou même un sherry...à la place de l'absinthe !
Smile ! Bisous
cristoff · le samedi 25 avril 2015 à 15:36
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 26 avril 2015 à 11:15
Ah, Cristoff, troisième de mes poèmes sur lesquels tu t'attardes ! Eh bien, toi qui en privé me parlais de ta sensibilité, de ton feeling, da ns le ressenti de la poésie des autres, je te dirais : bon choix, et j'en suis flatté ! Ma table du poète, où l'espace d'un instant je me suis transporté à la fin du XIX° siècle, m'attablant auprès de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, est un de mes poèmes que j'aime bien ! Merci de d'être abreuvé au nectar de la/ma poésie. Amitiés. Philip.
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