LE FAUBOURG DE LA FOSSE AU OURS (re-post)

Hommage à Charles Baudelaire
Traînant sur le faubourg un carnet à la main
Et dans son cœur si las, le poids des lendemains
Il contemple sans joie l’agitation du jour,
Sous le soleil frileux de ses défunts amours
Tandis que vient chancir le chant morne et lointain
Des plus vieux souvenirs qui hantent sa raison,
Comme un fardeau porté, maquillé de dédain
Le poète perdu fracasse ses frissons.
Les fiacres alourdis aux soupirs abradants,
Trimballent leurs humeurs aux pleurs accommodants,
Tandis qu’il chemine sur le pavé moisi
Cherchant là une rime ou un refrain choisi
Ainsi passe le temps, comme un rêve fané,
Et le poète attend que le matin se meure
Des clameurs fatiguées, et des refrains fardés,
Et que gisent les jours, tandis que l’aube pleure.
Et Baudelaire, rentré chez lui de sa triste promenade dans le faubourg de la Fosse aux Ours, écrivit des vers :
"Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé."
Traînant sur le faubourg un carnet à la main
Et dans son cœur si las, le poids des lendemains
Il contemple sans joie l’agitation du jour,
Sous le soleil frileux de ses défunts amours
Tandis que vient chancir le chant morne et lointain
Des plus vieux souvenirs qui hantent sa raison,
Comme un fardeau porté, maquillé de dédain
Le poète perdu fracasse ses frissons.
Les fiacres alourdis aux soupirs abradants,
Trimballent leurs humeurs aux pleurs accommodants,
Tandis qu’il chemine sur le pavé moisi
Cherchant là une rime ou un refrain choisi
Ainsi passe le temps, comme un rêve fané,
Et le poète attend que le matin se meure
Des clameurs fatiguées, et des refrains fardés,
Et que gisent les jours, tandis que l’aube pleure.
Et Baudelaire, rentré chez lui de sa triste promenade dans le faubourg de la Fosse aux Ours, écrivit des vers :
"Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé."
8 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 15 février 2015 à 12:21
J'aimais bien ce poème. Parisien, je me promène souvent dans les rues de Paris, aimant à retrouver ces rues, tôt le matin, épargnée du fracas dantesque de la circulation.
En hiver, les yeux posés sur les façades ou tournées vers le ciel gris n'en apporte que plus de frissons chargés de spleen.
J'avais inventé un quartier de Paris, le "faubourg de la Fosse au Ours". Un endroit qui n'existe pas, qui n'a jamais existé ! J'y ai imaginé Baudelaire, s'y promenant, un carnet à la main....et rentrant bredouille de toute poésie, de toute idée. Mais.....peut être l'âme chargée de spleen, qui sait.
Et, à la fin de ce poème, je laissais la place au maître, pour un sublime quatrain.
Voici ce poème. Bonne lecture mes ami(e)s. J'espère que vous aimerez, ou que vous aimerez le relire. Amitiés à tous et à tous. Philip.
mamine · le dimanche 15 février 2015 à 13:34
Rosa
José · le dimanche 15 février 2015 à 16:25
Amitiés.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 15 février 2015 à 17:12
Merci mon ami. Eh oui, je me revois plus de trois ans en arrière : dans ces vers que j'écrivais où, à l'époque moi, je n'étais nullement désillusionné - et même plutôt fringant - c'est à dessein que je voulais faire du Baudelaire de mon poème quelqu'un de désillusionné. Il l'était d'ailleurs en réalité. Et je me souviens très bien avoir pris plaisir à trouver des assonances...."rapeuses", tel le "fr..." du "fracasse ses frissons". D'ailleurs, à la relecture de mes vers, sans doute inconsciemment, je constate l'usage fréquent que j'ai fait de mots contenant des "r". C'était à une époque où j'écrivais bien et avec enthousiasme. Merci pour ton commentaire. Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 15 février 2015 à 18:21
Merci, chère Rosa. C'est la reconnaissance à tous ces poètes merveilleux sans qui, c'est mon cas, je n'aurais sans doute pas eu, dès le lycée, l'amour de l'écriture, des lettres et de la poésie. J'ai souvent, sur mon site, aimé rendre des hommages à ces poètes. Mais....je disais - sans arrière pensées particulier - que j'avais écris ce poème "à la manière de....". L'on m'a fait remarquer que cela pouvait sembler prétentieux dans l'esprit de certains, et ce fut pour moi une grande souffrance. Alors aujourd'hui, je ne dis plus ce genre de chose. Fort heureusement, cet ancien poème et l'autre que j'ai mis, ne sont pas "à la manière de Baudelaire", mais un simple hommage à Baudelaire. Mais, je sais quelle était la patte de Baudelaire quand il mettait du spleen dans ses vers, alors, il y a peut-être eu mimétisme. Mais le mimétisme ce n'est aucunement du talent. C'est jouer, inconsciemment les copycat. Merci encore, Mamine. Au plaisir de te lire de nouveau. Philip.
Micheline 1940 · le lundi 16 février 2015 à 05:32
" Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres; Adieu, vive clarté de nos étés trop courts! J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Ch. B.
Toute mon amitié, cher Philippe !
Micheline.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 16 février 2015 à 11:39
Merci, ma chère Micheline, pour votre gentil commentaire. Mais, de grâce ne pointez pas une "avalanche" ! C'est le genre de superlatif qui ajoute à ma gêne. Réellement ! Nous sommes tous à égalité sur le site que nous ayons 50 commentaires ou seulement deux ou trois. Même si nous publions nos poèmes....pour exister.
Baudelaire, oui, je crois qu'il est mon préféré et le sera toujours. Même si avec le recul il peut être parfois agaçant. Il est de merveilleux poèmes de lui que j'aimerais poster sur le site, mais je ne veux en abuser, de peur d'encombrer la liste des poèmes du jour. Je voudrais attirer votre attention sur ce poème qui n'a pas de titre et que les afficionnados surnomment "le poème à Louchette" du nom d'une fille de joie à qui il est dédié. C'est celui qui commence par "Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre....." (Régiani l'avait adapté). Bouleversant malgré une écriture parfois malhabile. Je l'ai posté sur mon site, sur mespoemes au début. Vous le retrouverez facilement.
Merci pour les vers additionnels de votre commentaire. Amitiés, bien chère Micheline. Philip.
domidom · le lundi 16 février 2015 à 13:44
Ce poème est envoûtant, il nous absorbe par son spleen et sa délicatesse, et ceci, tout au long de sa lecture...
C'est profond, abstrait, quelque peu méditatif...
Un très beau poème...
Je ne me souviens pas l'avoir déjà lu, il est vrai que la mémoire chez moi...........
A bientôt....
Domie...
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