LE CHATEAU DES BROUILLARDS

Que d’insoumises morsures
Iront aux brouillards naissants,
Comme perfides sépultures……..
……………………………………………………………..
Dans les bras vertueux de givre maquillé,
Perdu dans les noirceurs d’un bouge au teint de pluie,
Il est un noir enfer que les jours ont raillé
De leur chant dérisoire où s’efface l’envie.
Quand le jour carnassier impose nos chimères,
Inquiété par l’exil, j’allais au jour sublime,
Embrasser en dévot mes morsures légères,
Pour effacer en vain la trace de mon crime.
Ce fut la forme sombre et fourbe d’un taudis,
Qui me tendit les bras, folle et tendre compagne,
Quand mon humble suaire aux draps froids et roidis
Achevait de chasser l’abîme qui s’éloigne.
Au Château des Brouillards, près des rives serviles,
Gentilhomme effaré, je tutoyais la Gloire,
Généreuse maîtresse aux noirs yeux indociles,
Quand les sombres gibets exaltaient leur Victoire !
Au doux matin glorieux, dans les aurores blêmes
Sur les sentiers boudeurs, à l’ombre de l’arène,
Quand le bruit des canons tuera mon cœur bohème,
Fulminant et rageur, je quitterai la scène.
Car ce castel fatal et son cortège immonde
Où le luxe et la fange ont englouti l’espoir,
Résonne dans mon ombre et gémit à la ronde.
Dans ma vaine insomnie, se faufile le soir.
Alors je laisserai sous ces ruines fumantes,
Immortelle et tragique aux matins indociles,
L’empreinte des instants bercés de nuits galantes,
De soupirs murmurant dans nos cœurs amabiles.
……………………………………………………………………..
Epilogue :
« Season of mists and mellow fruitfulness,
Close-bosom friend of the maturing sun
Conspiring with him......» John Keats.
(Saison de brume et féconde douceur,
Complice amie du soleil vieillissant,
Qui complote avec lui……)
Ilustration musicale : Gustav Holtz - The Planet, Mystic Jupiter
https://www.youtube.com/watch?v=rErPKeZmn5w
Illustration : Maison de la Vie romantique, Paris (photo retouchée)
Iront aux brouillards naissants,
Comme perfides sépultures……..
……………………………………………………………..
Dans les bras vertueux de givre maquillé,
Perdu dans les noirceurs d’un bouge au teint de pluie,
Il est un noir enfer que les jours ont raillé
De leur chant dérisoire où s’efface l’envie.
Quand le jour carnassier impose nos chimères,
Inquiété par l’exil, j’allais au jour sublime,
Embrasser en dévot mes morsures légères,
Pour effacer en vain la trace de mon crime.
Ce fut la forme sombre et fourbe d’un taudis,
Qui me tendit les bras, folle et tendre compagne,
Quand mon humble suaire aux draps froids et roidis
Achevait de chasser l’abîme qui s’éloigne.
Au Château des Brouillards, près des rives serviles,
Gentilhomme effaré, je tutoyais la Gloire,
Généreuse maîtresse aux noirs yeux indociles,
Quand les sombres gibets exaltaient leur Victoire !
Au doux matin glorieux, dans les aurores blêmes
Sur les sentiers boudeurs, à l’ombre de l’arène,
Quand le bruit des canons tuera mon cœur bohème,
Fulminant et rageur, je quitterai la scène.
Car ce castel fatal et son cortège immonde
Où le luxe et la fange ont englouti l’espoir,
Résonne dans mon ombre et gémit à la ronde.
Dans ma vaine insomnie, se faufile le soir.
Alors je laisserai sous ces ruines fumantes,
Immortelle et tragique aux matins indociles,
L’empreinte des instants bercés de nuits galantes,
De soupirs murmurant dans nos cœurs amabiles.
……………………………………………………………………..
Epilogue :
« Season of mists and mellow fruitfulness,
Close-bosom friend of the maturing sun
Conspiring with him......» John Keats.
(Saison de brume et féconde douceur,
Complice amie du soleil vieillissant,
Qui complote avec lui……)
Ilustration musicale : Gustav Holtz - The Planet, Mystic Jupiter
https://www.youtube.com/watch?v=rErPKeZmn5w
Illustration : Maison de la Vie romantique, Paris (photo retouchée)
18 commentaires
Salus · le samedi 21 février 2015 à 17:23
Les pigeons nous chiaient dessus, nous étions morts,
Et nous vivions toujours l'éternité sans plumes
Où nous avaient conduit nos affreux passeport.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 21 février 2015 à 18:04
Euh, malgré la liberté d'expression de chacun et ton honorable penchant pour le surréalisme et la "pétillance" de la dérision.... ce commentaire versifié me semble casser un peu, le prolongement romantique que - me semblait-il - pouvait induire mes vers, toute immodestie mise de côté.
Non, les "pigeons qui nous chient dessus" pour réaliste que puisse être l'image (il y a en d'ailleurs beaucoup à Montmartre, près du Château des Brouillards, lieu-dit qui m'a inspiré le poème) n'est pas dans l'évanescente torpeur du poème. Et il va sans dire qu'il me parait impensable que tout cela ne soit qu'un understatement qui laisserait poindre la moquerie ?
Mais il est vrai que toute gloire, futile et éphémère en soi, n'a d'autre issue que de se pendre, et notre disparition est plus que fatale. Programmée. Amitiés, Salus. Bon week-end. Bien à toi. Philip.
Salus · le samedi 21 février 2015 à 18:36
je me suis laissé emporter par mon mon mauvais esprit foncier, efface donc ces bêtises et pardonne-moi !
Salus · le samedi 21 février 2015 à 18:37
imparfait · le samedi 21 février 2015 à 20:04
Bises Philip et bonne soirée à toi
imparfait · le samedi 21 février 2015 à 20:40
Salus oublie un "S", je mets un "T" en trop et tu as oublié un "T" a "on"
"Il est un noir enfer que les jours on raillés"
Vivement lundi qu'on se repose du week-end! rire
Bises Philip
louis · le samedi 21 février 2015 à 23:34
Amitiés.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 février 2015 à 06:43
Pour LOUIS : Merci d’être passé me lire. Dès lors où désormais je ne fais plus d’auto-com’ explicatifs, c’est donc a posteriori que je puis donner des pistes sur le fond de mes poèmes. En voici deux :
D’une part, une promenade qui avait démarré sous un ciel bleu, près de la célèbre Butte Montmartre à Paris, s’est vite poursuivie sous un ciel gris et un froid glaçant. Ambiance ! Il se trouve que près des vignes de Montmartre (curiosité !) il est un petit enclos résidentiel où habitent de nombreux artistes, sur un ancien lieu-dit « le Château des Brouillards ». Paris, au loin, et vu de haut s’enfonçait dans la grisaille. Tout ce qu’il fallait pour une idée de poème, peut-être pas lugubre comme tu dis mais en tout cas glaçant. D’autant que mon esprit a effleuré le fameux…. Château de Kafka ! Pour finir, le poème a été conduit en écriture « presque » automatique et ne reflète d’ailleurs pas un état d’esprit personnel du moment. Amitiés, Louis. Philip.
Pour IMPARFAIT :
Merci à toi aussi de m’avoir lu. Kafka étant un peu dans ma tête (sur ses pas à Prague en automne dernier !), le narrateur du poème – écrit à la première personne – n’est pas moi mais pourrait être l’étrange Monsieur K du « Château » ou Gregor Samsa de « la Métamorphose ». En tout cas, oui, j’y ai mis une part de mystère comme tu le soulignes. Merci de ne pas t’être perdue dans la trame du poème (on a le droit de se perdre dans les poèmes des autres, tant ils sont bien entendu si personnels). Tu as, sans flatterie, une belle perspicacité dans la perception du personnage du poème en évoquant « le cheminement d'une vie soumise aux morsures du jour ». Oui, car le poème est aussi un déroulé en accéléré d’une vie. Il y a même une allusion à la guerre (« …..le bruit des canons ») puisque la Butte Montmartre fut un haut lieu de la Commune de Paris. Bah, j’aime bien me transporter, comme tu le sais, dans le Paris de la deuxième moitié du XIX°, là où vivaient nos chers Baudelaire et consorts.
Bon dimanche, chère Imparfait. Bises et amitiés. Philip.
(mespoemes.net/philipchevalier)
euphonie0 · le dimanche 22 février 2015 à 08:50
J'adore le premier quatrain.
Et surtout l'épilogue, qui renaît à la lumière.
Un peu lugubre mais Philip c'est quand même un chant qui sort de toi et qui nous pénètre dans les tripes en le lisant.
Om
Marie
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 février 2015 à 09:20
Merci d'être passée me lire en ce dimanche matin. Oui, c'est à dessein qu'en forme d'épilogue j'ai choisi un extrait d'un poème du poète anglais Keats (avec lui, pas de risque, il fait dans tout sauf le lugubre !). Puisque mon poème parlait de brouillard, il fallait donner une autre image plus "lumineuse" de la brume. Mais, si en effet, ce poème "sort de moi" comme tu dis, comme je l'ai précisé, son côté sombre n'est pas le reflet de mon état d'esprit. Attaquant un sujet bien "gris", je ne pouvais que persévérer, en écrivant mes vers, qu'en direction d'un climat un peu oppressant. A lire comme une exercice de style. En principe le prochain poème sera à l'opposé, une méditation sur un portrait merveilleux de Maria-Magdalena peint par le peintre de la renaissance italienne, Pierro della Francesca. La poésie est éclectique comme tu le voies. Amitiés et bises. Philip.
violette · le dimanche 22 février 2015 à 10:26
José · le dimanche 22 février 2015 à 13:02
Amitiés.
Domidom · le dimanche 22 février 2015 à 22:14
Alors, la seule chose qu'il me reste à te dire, c'est que j'ai adoré me balader dans ce château des brouillards, romantique certes, mais grouillant de mystères....
A plus, bisous, Domie...
Micheline 1940 · le mercredi 25 février 2015 à 03:19
Pour effacer en vain la trace de mon crime. " m'a irrémédiablement " colpita " . J'ai repensé à l'impensable qui me fit remettre en vie mon très cher époux pour le garder encore un peu .... " Mon Dieu ! Laissez-le moi encore un peu mon amoureux " suppliait Piaf ! C’est une chanson que je ne puis plus écouter sans un immense chagrin. Le médecin m'a prévenu : « IL » ne passera pas une autre nuit ! Mais j'ai tant insisté, tant pleuré … que j'ai entendu dire à mon amour revenu à la vie " Ma chérie, il est tard ! Rentre te reposer ! Et dans cet instant de l'éveil, c'est encore à moi qu'il pensait ! Je ne l'ai pas quitté, et l'ai veillé toute la nuit qu'il a passée paisiblement. Il nous a quitté à trois heures du matin le lendemain... Mon crime a été celui de lui avoir imposé une seconde et douloureuse mort en échange de vingt quatre heures de somnolence en attendant l’inéluctable ... Je ne me le pardonnerai jamais.
Votre texte très beau, m'a sensibilisé l'âme.
Avec amitié je vous souhaite, mon ami, une belle et douce nuit!
M.
cerise · le mercredi 25 février 2015 à 14:55
me voilà, à mon tour, hanter déambuler dans les couloirs de ton château. La musique sied à ravir mon imagination qui est partie du côté Dracula hihi.
bravo en tout cas...sourire
amicalement
Beatrice
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 25 février 2015 à 19:06
Oui, sans le vouloir, dans l'aspect un peu lugubre (Bah, normal pour une maison baignée de brouillard !) il y avait une petit côté d'ambiance vampirique involontaire. Mais je n'allais pas réécrire tout le poème pour le rendre léger, ce qui eut été impossible. La musique sied bien à cette ambiance, hein ? Douce soirée. Amitiés. Philip
Pour MICHELINE :
Merci ma chère Micheline, mais combien je suis sincèrement désolé d'avoir ravivé de si pénibles souvenirs. Culpabilisants ? Non, l'expression d'un amour qui était sublimé. Ne parlons pas de cela, pour ne pas embuer tes yeux de souvenirs. Mais sache que ce que tu/vous m'as confié m'a tellement et profondément ému. Que la Beauté du monde te donne la force de voir dans les couleurs du lendemain toute la présence à jamais en toi de l'être aimé. Prends(nez) soin de toi/vous, Chère Micheline. Amitiés sincères. Philip.
Cerise · le mercredi 25 février 2015 à 20:45
Ton poème en perdrait son mordant...(sourire).
Belle soirée Philip
Micheline 1940 · le jeudi 26 février 2015 à 05:55
Bien à vous, M.
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