IMPROMPTU CRUEL ET DERISOIRE
Aux orgueilleux pâlissant
Sous le vent des étoiles,
Quand les cœurs, mugissant
Des sourdes connivences que voilent
Les encres pâles
Et les plumes d'opale
Vouées aux gémonies célestes,
Bruissent des clameurs, des douleurs,
De souverains mépris, sur les restes
De courtois abandons et de timides saveurs,
Je dépose à vos pieds
D’obéissantes armures
Qui viendront, sans piété,
Embraser vos blessures
Sous le vent des étoiles,
Quand les cœurs, mugissant
Des sourdes connivences que voilent
Les encres pâles
Et les plumes d'opale
Vouées aux gémonies célestes,
Bruissent des clameurs, des douleurs,
De souverains mépris, sur les restes
De courtois abandons et de timides saveurs,
Je dépose à vos pieds
D’obéissantes armures
Qui viendront, sans piété,
Embraser vos blessures
15 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 février 2015 à 07:10
violette · le dimanche 22 février 2015 à 10:24
merci Philip
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 février 2015 à 11:10
Chère Marine, avec quelle pudeur et sens exemplaire de la retenue, tu m'adresses ces trois mots impromptus. Bien sûr, ils résonnent en écho d'un spleen qui, je le présume, traverse, lancinant, ton âme. Etrange truchement que ces touches épistolaires où, avec cette pudeur que j'évoquais, tu nous appelles (je dis « nous » car ton message s’adresse à chacun des poètes), dans une occurrence dépouillée, à « embrasser tes blessures ».
En faisant le raccord avec la variation sur mon dernier vers, il me faudra alors remplacer un implacable « qui viendront sans pitié embrasser vos blessures » par un « qui viendront, à satiété, embrasser vos blessures. Comme dans un « christique » baiser, à la manière de cette Sainte Volupté par laquelle Saint-Ignace concevait la compassion, en nous exhortant à être généreux et à combattre sans souci des blessures ». D’aucun - ces quelques mots amicaux le conforteront – trouvent sans doute mon langage précieux et ampoulé. Il n’est que vénération de la langue française, vénération de l’Idée, dont je me permets d’user pour de simples mots de sympathie ou de réconfort à votre/ton égard.
« J’aime les mots, je les adore, sans les dire, ils me sont nécessaires car je ne parle qu’au papier » disais-tu pour annoncer au lecteur comment aborder ta « Belle iconocline ». Pour parler un instant de mon poème, cet impromptu cruel, et justifier la teneur de mes propos, je te répondrai par une de mes convictions : « Il faut un pensable qui donne à penser ». Bon dimanche, chère Marine. Philip.
(mespoemes.net/philipchevalier)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 février 2015 à 11:23
Merci, chère Marine. Ton point de vue étant exprimé en anglais, c'est l'occasion de préciser le choix de ces quelques vers de Keats, en clotûre de mon poème : le gentil Keats est bien aimé de nos amis anglo-saxons. Dame, il ne prend poétiquement jamais de risques ! Mais, je voulais faire un raccord avec les brumes, de façon plus joyeuse que celle qui entoure mon "Château". Pour les anglophones/anglophiles, précisons que ma traduction des vers de Keats n'est pas en mot à mot, pour garder une empreinte poétique : il est plus joli de dire que le soleil est vieillissant que mûrissant, dire "complice amie" que "contre mon sein" et "féconde douceur" que "fécondité moelleuse" !!!! Amitiés. Philip.
imparfait · le dimanche 22 février 2015 à 13:25
Je sais que tu seras entièrement d'accord avec moi sur la chose suivante :
Chaque poète a une vision différente des choses et un ressenti qui lui est propre à la lecture des textes et des commentaires des autres et non seulement cette vision est différente d'un poète à un autre, mais elle est aussi différente pour le poète lui-même suivant l'humeur qui guide son coeur et son esprit au moment où il le lit.
Le jour ou tu as écrit :
"Qui viendront, sans piété, Embraser vos blessures" c'est certainement parce que le contexte du texte et ton état d'esprit du moment t'ont fait penser à ces mots alors dans ma lecture ce sont ces mots que je garde sinon, je perds un peu le sens premier de ton écrit.
Bises Philip et passe un bon dimanche.
Thierry · le dimanche 22 février 2015 à 13:46
domidom · le dimanche 22 février 2015 à 21:43
Bisous, Domie...
quercylibre melifica · le lundi 23 février 2015 à 08:10
mamine · le lundi 23 février 2015 à 11:09
mais ce qui m'a le plus marqué c'est cette fameuse expression, embrasser vos blessures, c'est à ce point que vous êtes voué protection et amour à cette personne!!!
je suppose que oui d'après l’écrit
merci pour ce texte
Rosa
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 23 février 2015 à 11:32
D'abord merci d'être passée me lire. Ah, il est intéressant ton commentaire, pour la raison suivante qui répondra en partie à tes interrogations :
Je ne suis pas trop fan des commentaires-réponses sous forme versifiée. Car, pour amusant que cela soit de faire une réponse en vers, avec rimes, et tout, et tout, le commentateur n'explique pas trop son ressenti ainsi. Mais je le fais parfois. J'ai retrouvé à qui s'adressaient les 11 premiers vers de mon commentaire d'origine qui est devenu ce poème (écrit donc en "libre") : c'était le com' que je faisais à Salus le 11 février sur son poème "Espoir". Je ne sais plus pourquoi j'ai écrit ce texte, d'une seule traite, sans beaucoup réfléchir, car ce n'était pas un poème "schiadé" mais juste une réponse vite fait. Je pense qu'il y avait une articulation entre ses vers et ma réponse. Et j'avais sauvegardé ça en me disant "tiens ça pourra faire un post en le travaillant".
Eh bien j'ai posté ça, mais...... mon copier-coller de sauvegarde avait zappé les 3 derniers vers. J'avais écrit à Salus :
"Je dépose à vos pieds
D’obéissantes carcasses
Où des hordes de fourbes singuliers
Iront moisir au fond des impasses."
(retrouvé tout à l'heure en allant revoir mon com chez lui)
Découvrant un bout de vers tronqué j’ai donc improvisé et rajouté les deux derniers vers. Extraordinaire coïncidence, je ne me suis pas rendu compte qu’en changeant ou rajoutant une lettre « piété » devenant « pitié » et « embraser », « embrasser » le sens pouvait changer. Je l’ai ainsi signalé. J’aurais été super doué si j’avais pu imaginer ce double sens. Mais, non, juste une coïncidence !
C’est donc bien la première mouture, celle où tu as ton ressenti premier qui est la bonne. Même si c’était en fait un com’ versifié en réponse à un autre poème, il n’empêche que, toujours le message de l’inconscient au conscient, « embraSer des blessures » est cruel ( !!!!) puisque c’est….un brûlure ! Bises et amitiés, Imparfait. Philip
Pour MAMINE :
Chère Rosa, eh bien quand tu auras lu l'explication qui précède et que j'ai faite à Imparfait tu comprendras un peu la genèse de ce poème. Réponse versifiée et un peu surréaliste à un autre poète (lui-même surréaliste), mon commentaire devenu poème ensuite, n'avait - en apparence - pas trop de sens. Ce qui fait qu'il n'est dédié à personne ! Il se trouve que Violette, que je ne connais pas vraiment et depuis peu seulement, et qui ces temps-ci a le besoin d'exprimer ses maux je pense , m'a commenter par un très émouvant "Philip, embrassez mes blessures !". Sans aucun sous-entendu cela va de soi. Il se trouve que, pour ceux qui me connaisse, j'ai une empathie naturelle et prononcée pour les gens qui traversent les maux que nous inflige la vie. Je lui ai donc adressé très amicalement un commentaire, pudique et chargé de spiritualité? J'espère ne pas avoir débordé le cadre de la pudeur. "Vouer protection et amour aux gens", oui c'est un peu mon tempérament, de tout temps, mais avec tant d'erreurs. Amitiés, Rosa. A bientôt. Philip.
(mespoemes.net/philipchevalier)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 23 février 2015 à 11:59
Merci infiniment d'être passé sur mon poème (ainsi que sur un ancien poème "Poissons d'Or" et d'avoir aimé. Mais, je ne crois pas que la qualité de mes poèmes soit telle que l'on s'en souviendra. Seuls, les grands sont à mes yeux ceux qui ont inventé quelque chose. Si les sculptures que vous faites reflètent votre style et votre personnalité, oui, vous laisserez un héritage. Si vous copier de façon affadie un autre sculpteur il n'y aura pas de grand intérêt. Si j'apprécie que certains aiment ma poésie, ce n'est que le plaisir de l'instant - que je ne boude pas - mais je n'exciperai que mon bagage issue de ma curiosité intellectuelle et mon enthousiasme pour avoir cette chance - elle est bien suffisante pour moi - de pouvoir "piocher" par-ci, par-là des tournures qui n'appartiennent qu'aux Grands qui les ont crées. A part cela, il serait grand temps que j'aille sur votre site, lire votre poésie. Pas par devoir de réciprocité, mais parce que c'est l'occasion, dès lors où je voudrais lire et commenter tout le monde. Vous m'en avez donné l'occasion et je vous en remercie. Amicalement. Philip.
imparfait · le lundi 23 février 2015 à 14:09
Une douleur intense peut parfois soigner plus vite qu'un pansement imbibé d'espoir!!
Bises cher Philip!
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 23 février 2015 à 16:57
Oui, tout à fait. Mais ici, il ne s'agit pas de pansements imbibés d'espoir (la formule est jolie). Si ce ne sont, peut-être, des résonances venant de l"inconscient (pourquoi pas ?), pour boucler rapidement les deux derniers vers, j'avais envisagé en miroir rimé à "armures", soit le mot "griffure" (pas si loin en symbolisme psychologique que "blessures" (ça fait moins mal, ah, ah !) ou "fissures". Quel eut été le sens de la chute avec l'emploi de l"un ou l'autre mot ? Et puis, si l'on veut mettre de l'inconscient partout (pourtant il y en a !) il faut revenir au débat de base : "l'inconscient est un locataire qui vit en nous. Est-il ami ou ennemie ?".
En tout cas, sans flatterie, j'apprécie beaucoup, avec ton retour, celui de tes commentaires. Ils ont du sens. Bonne soirée, chère Imparfait. Bises biens amicales. Philip.
Micheline 1940 · le mercredi 25 février 2015 à 04:22
Le peloton de queue n'est point place glorieuse, mais on dit que gagner n'est pas à tous donné, et que participer permet, lors, d'espérer ! N'est-ce pas là, exposé, que tendre à l'essentiel ?
Croyez ami Poète que je n'ai oublié vos textes ouvragés, finement ciselés que j'apprécie particulièrement. Mais il me faut parfois deux à trois jours complets pour récupérer de longues nuits en veille, et ce, en affilé ... J'ai adoré votre "Château des Brouillards" et m'y suis immergée aux brumes toutes glacées en y laissant des traces ... celles d'un grand chagrin.
Pour votre présent " impromptu," vos quatre derniers vers sont parfaits tels quels, exprimant parfaitement ce que vous avancez de la plus belle façon. C'est là ma préférence, comme je vous l'écris, et la musique des mots, il n'y a que cela de vrai !
Belle amitié de M.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 25 février 2015 à 18:59
Merci pour avoir aimé mon poème. Mais je suis terriblement désolé pour l'empreinte de souvenirs...."glacés" qu'elle ait pour te/vous apporté. La musique des mots ? Oui, j'y suis très attaché, quand j'écris. Et quand je lis, car je lis très souvent les poèmes à haute voix, en les déclamant avec tout ce que mon coeur ressent. Merveilleuse expérience. Douce soirée, mon amie. Bien à toi/vous. Philip.
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