Les abysses extatiques du soleil-Sonate 6 Scriabin

THE ECSTATIC ABYSS OF SUNSHINE
Poème à partir de la Sonate n° 6 pour piano d'Alexandre Scriabin
(Mystérieux, concentré, étrange et ailé)
D’ombrissimes éclats chavirent dans le jour
Comme une nasse noire où s’échoue sans partage
Un peu de ce mystère étourdi au détour
D’un ultime sursaut surgi comme un présage.
Ce sont des soleils noirs, grimaçants et fatals
Qui volent nos envies, emportant dans leur chute
Les cendres endormies des sentiers boréals
Sous leurs rêves ailés que le souffle chahute.
Priez, pénitents sans espoir,
Et tremblez dans le noir !
(Un souffle mystérieux, une onde caressante…..)
Et cognent les remords, enfermés à jamais,
Quand dehors s’obscurcit le cœur ou la famine
Et qu’un souffle inconnu, tandis que je veillais,
Caressait lentement sa silhouette armeline.
Le Temps s’est assoupi pour laisser triompher,
Venue de l’océan, une brise féline
Aux reflets effrayants qui laissent caresser
L’étrange éclat blafard de ma fièvre abyssine.
Venez, pénitents, vous asseoir,
En attendant le soir !
(Le rêve prend forme : clarté, douceur, pureté)
Un immobile essaim de fantômes confus,
A figé son envol sous la lueur sanguine
Au dernier point du jour où trône le refus
Des âpres sentiments quand la douleur fascine.
Car une voix s’élève au cœur de l’Univers,
Enflammée par l’éclair qui soudain nous ranime,
Et nous donne l’extase à la frange des mers
Où la vague éclairante efface enfin le crime.
Rêvez, pénitents, car l’Histoire
Brûle son désespoir !
(Avec trouble et enchantement)
Nos regards sont troublés par ce ballet céleste,
Où chaque note implore une Foi assoiffée
D’amnésiques retours vers un tout dernier geste
Au matin blêmissant d’un chant de coryphée.
Lève-toi, Pénitent, et contemple l’Aurore !
(Fin de la première partie de la Sonate. A suivre…..)
* Les mots entre parenthèses sont les indications donnée par le compositeur
sur la partition
Illustration musicale : sonate n°6 de Scriabine, interprétée par Dušan Holý.
https://www.youtube.com/watch?v=c38OQ4T8ph4
Poème à partir de la Sonate n° 6 pour piano d'Alexandre Scriabin
(Mystérieux, concentré, étrange et ailé)
D’ombrissimes éclats chavirent dans le jour
Comme une nasse noire où s’échoue sans partage
Un peu de ce mystère étourdi au détour
D’un ultime sursaut surgi comme un présage.
Ce sont des soleils noirs, grimaçants et fatals
Qui volent nos envies, emportant dans leur chute
Les cendres endormies des sentiers boréals
Sous leurs rêves ailés que le souffle chahute.
Priez, pénitents sans espoir,
Et tremblez dans le noir !
(Un souffle mystérieux, une onde caressante…..)
Et cognent les remords, enfermés à jamais,
Quand dehors s’obscurcit le cœur ou la famine
Et qu’un souffle inconnu, tandis que je veillais,
Caressait lentement sa silhouette armeline.
Le Temps s’est assoupi pour laisser triompher,
Venue de l’océan, une brise féline
Aux reflets effrayants qui laissent caresser
L’étrange éclat blafard de ma fièvre abyssine.
Venez, pénitents, vous asseoir,
En attendant le soir !
(Le rêve prend forme : clarté, douceur, pureté)
Un immobile essaim de fantômes confus,
A figé son envol sous la lueur sanguine
Au dernier point du jour où trône le refus
Des âpres sentiments quand la douleur fascine.
Car une voix s’élève au cœur de l’Univers,
Enflammée par l’éclair qui soudain nous ranime,
Et nous donne l’extase à la frange des mers
Où la vague éclairante efface enfin le crime.
Rêvez, pénitents, car l’Histoire
Brûle son désespoir !
(Avec trouble et enchantement)
Nos regards sont troublés par ce ballet céleste,
Où chaque note implore une Foi assoiffée
D’amnésiques retours vers un tout dernier geste
Au matin blêmissant d’un chant de coryphée.
Lève-toi, Pénitent, et contemple l’Aurore !
(Fin de la première partie de la Sonate. A suivre…..)
* Les mots entre parenthèses sont les indications donnée par le compositeur
sur la partition
Illustration musicale : sonate n°6 de Scriabine, interprétée par Dušan Holý.
https://www.youtube.com/watch?v=c38OQ4T8ph4
11 commentaires
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 2 juillet 2015 à 19:31
domi · le jeudi 2 juillet 2015 à 20:29
j'adore les indications de scriabine, en français, en russe ?
l'oxymore dont tu parles, est-ce "d'amnésiques retours" ? déjà le titre...
bravo Phil, et bisous du soir...
domi · le jeudi 2 juillet 2015 à 20:33
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 3 juillet 2015 à 07:38
Oui, ne pas respecter toutes les règles du classique en gardant alexandrins avec césures, rimes bien sûr, c'est ce qu'on appelle le "néo". Ce que je fais. Mais je vais un peu plus loin en respectant, en principe les deux règles dites "du nombre et de l'alternance". Mais l'on me dit souvent que c'est entre le classique et le néo classique, puisque le néo ne fait nulle obligation d'alterner des masculins et féminins, des singuliers et des pluriels.
A part ça, ce ne fut pas si évident de transcrire Scriabine version mystique avec des mots (et j'avoue que l'injonction aux pénitents n'a pas trop sa place !!!!! Sourire).
L'oxymore auquel je faisais allusion était "ombrissimes éclats" , éclat pris dans le sens de "lumière". Mais en effet, tu as vu les autres.
Le début de la partition mise en illustration, je l'ai trouvé sur Internet. Elle est en russe, mais avec les indications en français. J'ai la partition papier (Scriabine est écrit Skrjabin) de l'éditeur allemand Henle Verlag, mais les indications sont aussi....en français. Scriabine a-t-il vécu un temps en France et maîtrisait-il la langue. Le grand Horowitz qui l'a rencontré a vécu un temps en France, je crois.
Voilà. Merci d'avoir aimé, Domi. Bisous du matin. Amitiés. Philip.
marine · le vendredi 3 juillet 2015 à 09:59
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 3 juillet 2015 à 11:01
Evacue l'aspect musicologique. Mais il est vrai que le poème étant calqué sur une musique d'ordre un peu hermétique, l'écrit peu paraître également hermétique. Pas grave, c'est juste pour la musique des mots. Bises. Philip.
domidom · le vendredi 3 juillet 2015 à 13:21
Que veux-tu, le choix d'un ressenti est très personnel.....
A plus, Domie...
Michel (Signes de Vie) · le samedi 4 juillet 2015 à 16:06
Pour le reste j'aime, même sans être qualifié.
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le lundi 6 juillet 2015 à 10:04
Ah, j’ai l’impression que ce poème a un peu « rebuté » par son côté trop technique voulant coller à un morceau de musique pas évident dans sa structure et inhabituel pour une oreille profane en matière de piano. Bé oui, le choix d’un ressenti est personnel. Bisous, Domie. Philip
Pour MICHEL :
Merci d’être passé. Oui, les galaxies fascinent presque tous les poètes (dont ceux du site).
La musique ? Dans le genre planant, il y a les musiques de rock allemand « planant » (Tangerine dream, Kaus Schulze…)
Bon, tu as apparemment aimé ces vers. Pas besoin d’être qualifié (en musique) cela se lit en en faisant abstraction. Mais ça devient un peu mystique. Amitiés poétiques. Philip.
Ivy · le samedi 11 juillet 2015 à 21:12
Bizz
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 12 juillet 2015 à 08:46
(Quand la galaxie s'assombrit, oui, que brille le soleil !) Philip.
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