COULEURS ET DOULEURS

« Cherche la beauté, la vérité, l'excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres » *
Etait-ce une prière, ou était-ce offrande ?
Pourtant, je m’en souviens, c’était moi le mendiant.
Un vagabond fiévreux qui attend et demande,
S’émerveille et sourit sous le ciel contrariant.
Etait-ce ma conscience aveuglée de lumière
Qui me fit trébucher sur l’autel des serments,
Ou cette empreinte vive à la foi carnassière,
Empruntant à mon corps ses tous derniers tourments ?
Pourtant, dans ce matin parsemé de langueur,
Dans l’arcane insensée qu’un goût d’éternité
Colore sans frémir d’une étrange saveur,
Mon regard impatient, d’une solennité
Rare aux ombrageuses folies venues mourir
Comme un oiseau trop las qui expie sa faillance,
Mon regard fatigué supplie de s’attendrir
Pour un dernier parfum, une ultime défiance.
…………………………………………………………….
Je rêverai toujours d’exquises florescences
Et de chants inconnus portés par les moussons.
Quand le fracas soudain de mes adolescences
Rappellera sans fin le cri de mes frissons.
Sous mon ogive pâle emportée par le soir,
Dans mon château désert j’attends mes lendemains.
Balayés par l’aurore, ils nourriront l’Espoir,
Comme un rêve attendri, contournant ses dédains.
………………………………………………………….......
« Ne pleurez jamais d'avoir perdu le soleil,
les larmes vous empêcheront de voir les étoiles,
Les oiseaux de passage » *
Photo : Philip (voyage à Bénarès, 2006)
Illustration musicale :
https://www.youtube.com/watch?v=mfeocOdzZrg
* proverbes indiens.
Etait-ce une prière, ou était-ce offrande ?
Pourtant, je m’en souviens, c’était moi le mendiant.
Un vagabond fiévreux qui attend et demande,
S’émerveille et sourit sous le ciel contrariant.
Etait-ce ma conscience aveuglée de lumière
Qui me fit trébucher sur l’autel des serments,
Ou cette empreinte vive à la foi carnassière,
Empruntant à mon corps ses tous derniers tourments ?
Pourtant, dans ce matin parsemé de langueur,
Dans l’arcane insensée qu’un goût d’éternité
Colore sans frémir d’une étrange saveur,
Mon regard impatient, d’une solennité
Rare aux ombrageuses folies venues mourir
Comme un oiseau trop las qui expie sa faillance,
Mon regard fatigué supplie de s’attendrir
Pour un dernier parfum, une ultime défiance.
…………………………………………………………….
Je rêverai toujours d’exquises florescences
Et de chants inconnus portés par les moussons.
Quand le fracas soudain de mes adolescences
Rappellera sans fin le cri de mes frissons.
Sous mon ogive pâle emportée par le soir,
Dans mon château désert j’attends mes lendemains.
Balayés par l’aurore, ils nourriront l’Espoir,
Comme un rêve attendri, contournant ses dédains.
………………………………………………………….......
« Ne pleurez jamais d'avoir perdu le soleil,
les larmes vous empêcheront de voir les étoiles,
Les oiseaux de passage » *
Photo : Philip (voyage à Bénarès, 2006)
Illustration musicale :
https://www.youtube.com/watch?v=mfeocOdzZrg
* proverbes indiens.
15 commentaires
marine · le mercredi 28 octobre 2015 à 11:25
c'est magnifique
euphonie0 · le mercredi 28 octobre 2015 à 14:48
Je suis comme Violette. J'aime queand tu laisses tout sortir sasn retenu, cela dégage un mot d'amotions
Ton poème est aussi une source de réflexion.
Philip je suis juste bloquée par Ogive, je n'arrive pas à saisir le sens.
Bonne journée
Om
Marie
Argentalet · le mercredi 28 octobre 2015 à 16:08
domidom · le mercredi 28 octobre 2015 à 17:02
Merci pour ce magnifique écrit.
Merci aussi pour Joël et les superbes chatons...
Trop mignons...
Bisous à vs deux...
Domie...
Pierre · le mercredi 28 octobre 2015 à 22:48
proverbes indiens sont magnifiques !
Amitiés cher Philip , Pierre
Stella · le jeudi 29 octobre 2015 à 05:28
Bises vers Toi Mon Ami...
Merci la porte de ton Jardin de Plume était ouverte... Je me suis assise... et je me suis laissée emporter par cette Douce Musique qui du fond de ton âme... ma bercer... un court instant... pour un court passage... mais tu sais que je reviendrais...
Je t'embrasse Philip.
Nathalie.
http://www.mespoemes.net/stella
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 29 octobre 2015 à 08:45
Merci pour vos commentaires. Mais, c’est rigolo, vous avez été plusieurs à souligner que mon poème semble être de ceux écrits « sans retenue » ce qui fait que l’émotion est plus présente.
Pourtant, c’est à moitié vrai ! Le thème est venu en classant et scannant une de mes photos de l’Inde, je n’ai pas été submergé par ma propre émotion et le poème…je l’ai quand même travaillé, dans le sens où il n’a pas été écrit à la va vite.
Mais à la fois le thème central et à la fois les enchaînements de clichés sont venus assez vite, c’est vrai. C’est donc de la demie-spontanéité.
Pour ARGENTALET :
Merci d’être passé, ami poète. Je pense que le sens que je voulais donner à « mendiant », ici, c’était celui de quelqu’un (moi) qui, préservé de l’urgence matérielle d’avoir à subsister, suppliait le Ciel de recevoir l’aumône de la sagesse, de l’humilité, de la beauté. J’avais en mémoire qu’en Inde, cette profusion de fleurs et de vêtures colorées m’avait marqué. Amitiés. Philip.
Pour PIERRE :
Merci d’avoir aimé mon poème. Tu sais, j’avais envie d’illustrer en « préambule » ma poésie – alors que je n’avais pas encore écrit le moindre mot – par des citations indiennes. Elles sont merveilleuses, et elles ont grandement facilité l’écriture de mon poème. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 29 octobre 2015 à 09:39
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 29 octobre 2015 à 10:20
Merci de t'être posé un instant chez moi.
Oh, je ne pense pas être une "plume d'or", tu sais, mais je revendique simplement le fait d'être chaleureux et de l'exprimer dans mon écriture.
Pour ce qui est de ce poème, tu as bien compris - et c'est en rapport avec le titre du poème - que c'est autant un monde de couleurs que de douleurs. Le "noir" comme tu dis, je n'est pas voulu le décrire. Cela viendra, car l'on ne peut se voiler la face sur la douleur du monde. J'ai cotoyé la grande misère ne Inde (et ailleurs). C'est bouleversant. Surtout quand on lit encore dans la dignité dans les regards.
Je te dis à bientôt, Nathalie, reviens quand tu veux, tu sais bien que mon humble poésie n'est jamais tournée vers ce qui fait mal, mais n'a pour ambition que d'apporter des sourires...et des couleurs. Amitiés poétiques, Nathalie. Bien à toi et prends soin de toi. Philip.
(www.mespoemes.net/philip.chevalier)
Micheline 1940 · le jeudi 29 octobre 2015 à 11:56
Bien belle journée à vous Cher Poète, et que les Muses vous accompagnent !
M.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 29 octobre 2015 à 18:11
Merci pour ce gentil commentaire. Oui, je mesure ce "riche bagage émotionnel". L'expression est parfaite. Où que l'on aille, et pas nécessairement au bout du monde, parfois tout près, en regardant "les hommes vivre" comme le disait Aragon, cela nous interpelle et peut-être, nous bonifie un peu. Et puis je me dis que si toi/vous et les autres ami(e)s apprécient mes "cartes postales poétiques", c'est que le but est atteint : le partage (et l'émotion en cadeau ?). A très bientôt, chère Micheline. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
louis · le samedi 31 octobre 2015 à 09:38
Amitiés.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 1 novembre 2015 à 08:49
Merci d'apprécier ces "carnets de voyage poétiques". J'adore faire partager, d'une part. Et, rien qu'une photo puis du texte poétique, ça donne une autre vision de ces contrées lointaines. Plus humaine ? Amitiés. Philip.
Loïc · le mardi 3 novembre 2015 à 12:20
Là, pour une fois, ce sont les deux premiers quatrains que je préfère, avec une syntaxe inhabituelle et bien trouvée. Surtout le premier d'ailleurs ; à lui seul il fait un poème.
Une chose :
"Rare aux ombrageusEU/ folies venues mourir", tu sais que ça ne se fait jamais au 6e pied, même avec les libertés du néo-classique !
A plus !
http://www.mespoemes.net/cellox
yanrevesud · le samedi 28 novembre 2015 à 00:52
Toujours aussi beau...
J'ai fait l'impasse sur les destinations lointaines mais j'y étais, merci
Yves
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