Un cri des banlieues (rap d'un inconnu)

J’arpente les rues d’ma ville avec un revolver
Mon bigo sonne
Les blackos qui consomment
Me demandent des kilos
J’ai c’qui faut pour les satisfaire !
Dans mes chepos*
Du putain d’bedo (2)
Super bien vissé,
Explicit’
J’fais dans l’illicite !
J’dors plus trankil, ici
Car à c’t’heure-ci
N’importe quel schmidt (3)
Peut être planqué.
Jeune et ambitieux, gagner est ma mission,
J’veux pas finir ma vie en Ligue 2, fiston !
J’réussis sans piston, quitte à être pisté.
J’accumule les biftons et j’suis sans pitié !
Je s’rai toujours authentique et autant te dire
Que quand j’aurai 60 piges, j’foncerai toujours tout spliff !
J’aime jouer avec le feu,
Et j’roule des gros pets de beuh (4)
La chance a voulu m’rejoindre, j’ai loupé l’appel de peu.
Ouais, j’aime jouer avec le feu,
Et j’roule des gros pets de beuh.
Refrain :
Moi, dans ma vie, j’ai toujours fait c’que j’voulais
Je suis ni un fils de pute, ni un fils de poulet,
Ok, j’déboule en coupé sport,
Dur de m’louper,
J’suis celui qui va péter tous les scores.
En survêtement, j’fais des sous bêtement,
Toute la journée, en bas d’chez oim (5)
Assis sur l’banc, j’suis un oinj (6) entre les phalanges
Aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau,
J’vends du shit en gros.
J’te l’dis, j’suis pas à l’abri de prendre une balle dans l’dos !
J’ai passé toute mon enfance dans les HLM,
Tranquille au pied des bâtiments,
A vendre du H et d’l’herbe
En désaccord avec le système social
J’fais dans l’illégal,
Car j’veux pas d’leur vie d’merde
Anti-schmidt,
Faut pas qu’j’anticipe
(et que j’prenne dix piges)
La défonce, j’passe mon temps à foncer dans l’tas !
En survêtement, j’fais des sous bêtement,
Toute la journée en bas d’chez oim, sur l’banc,
J’vois plus l’temps tourner
Les années passent et rien s’arrange,
Un oinj entre les phalanges
Je sais qu’ça dérange…….
(1) Poches en verlan.
(2) Joint de cannabis
(3) Schmidt = flic, en argot des banlieues.
(4) Joint de cannabis
(5) Oim = moi, en verlan
(6) Oinj = joint
[Il sagit d'un texte écrit par un rappeur (???) inconnu, un brouillon trouvé par terre dans un studio où nous répétions. C'est juste de l'écriture, pas de ma poésie, bien sûr.
Il n'y a aucune moquerie de ma part, en le postant. Une sorte de témoignage. Bien sûr, la publication de ce texte ne saurait être une incitation au trafic de stupéfiant, ni à la désobéissance à un quelconque ordre moral (!!!). Juste un témoignage. Il appartiendra à nos amis administrateur du site d'apprécier si ce texte doit être retiré ou non, en raison de son contenu]
Mon bigo sonne
Les blackos qui consomment
Me demandent des kilos
J’ai c’qui faut pour les satisfaire !
Dans mes chepos*
Du putain d’bedo (2)
Super bien vissé,
Explicit’
J’fais dans l’illicite !
J’dors plus trankil, ici
Car à c’t’heure-ci
N’importe quel schmidt (3)
Peut être planqué.
Jeune et ambitieux, gagner est ma mission,
J’veux pas finir ma vie en Ligue 2, fiston !
J’réussis sans piston, quitte à être pisté.
J’accumule les biftons et j’suis sans pitié !
Je s’rai toujours authentique et autant te dire
Que quand j’aurai 60 piges, j’foncerai toujours tout spliff !
J’aime jouer avec le feu,
Et j’roule des gros pets de beuh (4)
La chance a voulu m’rejoindre, j’ai loupé l’appel de peu.
Ouais, j’aime jouer avec le feu,
Et j’roule des gros pets de beuh.
Refrain :
Moi, dans ma vie, j’ai toujours fait c’que j’voulais
Je suis ni un fils de pute, ni un fils de poulet,
Ok, j’déboule en coupé sport,
Dur de m’louper,
J’suis celui qui va péter tous les scores.
En survêtement, j’fais des sous bêtement,
Toute la journée, en bas d’chez oim (5)
Assis sur l’banc, j’suis un oinj (6) entre les phalanges
Aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau,
J’vends du shit en gros.
J’te l’dis, j’suis pas à l’abri de prendre une balle dans l’dos !
J’ai passé toute mon enfance dans les HLM,
Tranquille au pied des bâtiments,
A vendre du H et d’l’herbe
En désaccord avec le système social
J’fais dans l’illégal,
Car j’veux pas d’leur vie d’merde
Anti-schmidt,
Faut pas qu’j’anticipe
(et que j’prenne dix piges)
La défonce, j’passe mon temps à foncer dans l’tas !
En survêtement, j’fais des sous bêtement,
Toute la journée en bas d’chez oim, sur l’banc,
J’vois plus l’temps tourner
Les années passent et rien s’arrange,
Un oinj entre les phalanges
Je sais qu’ça dérange…….
(1) Poches en verlan.
(2) Joint de cannabis
(3) Schmidt = flic, en argot des banlieues.
(4) Joint de cannabis
(5) Oim = moi, en verlan
(6) Oinj = joint
[Il sagit d'un texte écrit par un rappeur (???) inconnu, un brouillon trouvé par terre dans un studio où nous répétions. C'est juste de l'écriture, pas de ma poésie, bien sûr.
Il n'y a aucune moquerie de ma part, en le postant. Une sorte de témoignage. Bien sûr, la publication de ce texte ne saurait être une incitation au trafic de stupéfiant, ni à la désobéissance à un quelconque ordre moral (!!!). Juste un témoignage. Il appartiendra à nos amis administrateur du site d'apprécier si ce texte doit être retiré ou non, en raison de son contenu]
10 commentaires
lilo · le mercredi 27 janvier 2016 à 09:34
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 27 janvier 2016 à 09:41
Philip.
(www.mespoèmes.net/philipchevalier)
domi/amimots · le mercredi 27 janvier 2016 à 10:32
plus que triste, désespéré...
pour (sur)vivre, en arriver à mettre sa vie en péril, et le savoir...
Merci Philip !
bisous.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 27 janvier 2016 à 10:41
Je voulais poster, à travers cet écrit, une face de ces affreuses réalités, comme un témoignage sociologique. Ca fait aussi partie de la vie d'aujourd'hui, de "notre époque" comme on dit.
J'avais écrit, il y a quelque temps, un rap "déconnade", mais pas sur un registre sombre. Je le posterai plus tard. Mais les prochains poème seront un retour à des choses plus romantiques. Bisous. Philip.
Rose · le mercredi 27 janvier 2016 à 10:50
nisti · le mercredi 27 janvier 2016 à 11:16
(Dans le mur, a mon avis)
euphonie0 · le mercredi 27 janvier 2016 à 13:56
Une désolante réalite
Mais j'ai aimé le lire
Bisous
Om
Marie Paule
domidom · le mercredi 27 janvier 2016 à 21:21
Bises, Domie..
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 28 janvier 2016 à 06:57
Oh non, chère Sylvie, aujourd'hui hélas, seuls quelques uns refusent de voir cette réalité. Nisti parle de naufrage de la pensée. Mais comment penser encore quand on est à la dérive. Je cite souvent ce philosophe qui disait "l'homme qui ne pense pas est une brute". Bises. Philip.
Pour NISTI :
Cher Nisti, tu auras sans doute lu ce que j'ai écrit ci-dessus à Rose. Tu n'as pas à t'excuser, comme tu le fait. Ton constat, comme celui des autres amis qui ont commenté, est celui d'une réalité. La responsabilité est peut-être collective. Mais il faut être vigilant, ne pas se laisser aller à "la défaite de la pensée" (pour citer le titre d'un ouvrage fameux de Finkelkraut) au risque d'être entrainé vers des points de vue nauséeux. Que faire ? Concrètement, ni toi, ni moi ne pouvons rien faire. Amitiés, Philip.
Pour MARIE :
Oui, je comprends ce que tu as voulu dire, Marie en déclarant avoir "aimé lire mon post". Car il n'est pas sûr que l'auteur de ce texte ait écrit ça par bravade, mais peut-être avec une dose de désespérance face à un avenir, son avenir, sans issue.
Comme quoi, l'écriture, quelle qu'elle soit, est un révélateur. Il n'y avait pas que Balzac ou Zola pour décrire les maux de l'humanité. Bisous. Philip.
Pour DOMIE :
Oui, très dur, tout le monde en convient. Vois-tu, je ne savais pas trop où j'allais en postant ce texte. Je te dirais même que je l'ai illustré avec la façade de la Sorbonne et du Collège de France, pour souligner le contraste de cette écriture presque illettrée et surtout pas poétique. Mais, il ne pouvait qu'y avoir ce genre d'écriture, pas une autre, pour décrire tout ça.
Bisous, Domie.
(www.mespoemes.net/philip.chevalier)
guillaume · le samedi 30 janvier 2016 à 03:23
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