LES OISEAUX FOUS (Défi de Domi-Amimots)

Quand le brouillard se meurt et que sonnent au loin,
A l’ombre des vivants, les cloches d’espérance,
Le regard vers le ciel, nous serons le témoin
De ces heures sacrées qui célèbrent l’alliance
Etonnée des vents lourds et des tourbillons blêmes
Où frémissent soudain, portés par le Hasard,
Ces masques chatoyant aux allures de bohèmes.
Ce sont les oiseaux fous en habits de brocard.
Nous fermerons les yeux, tremblant sous ce cortège
Infernal, à l’abri des tombeaux mystérieux
Qui abritent nos peurs nourries du Sortilège,
Quand le vent carillonne au gré de l’obséquieux
Désir de fondre enfin leurs noires piailleries
Et le parfum des ifs, pour nourrir nos chagrins.
Je les entends gémir et leurs chamailleries
Se confondent déjà sous l’éclat des jardins.
Et mon cœur frémira quand les grands oiseaux fous
Quitteront l’horizon où, comme un sacrifice,
Je suivrai lentement, le cœur lourd et dissous,
Leur tout premier adieu. Mon âme est au supplice.
Et je trimballerai mes effrontées silhouettes,
Car, messieurs, soyez sûrs, qu’au fond de mon linceul,
Je penserai toujours à ces folles aigrettes,
Qui ont distrait mes nuits quand je me trouvais seul
Et emprunté la voix de mes fervents désirs,
A l’heure où je rêvais d’Eternités voraces,
Quand meurent les soleils dans leurs derniers soupirs.
Demain, mes oiseaux fous brûleront leurs audaces.
..............................................................................
N’oubliez pas, messieurs, ce sont des oiseaux tristes.
Illustration musicale : « Les oiseaux tristes » - Maurice Ravel
https://www.youtube.com/watch?v=mtixb05bbac
Illustration : hirondelle dans le ciel, près de Mesnil sur l’Estrée
Montage Philip.
A l’ombre des vivants, les cloches d’espérance,
Le regard vers le ciel, nous serons le témoin
De ces heures sacrées qui célèbrent l’alliance
Etonnée des vents lourds et des tourbillons blêmes
Où frémissent soudain, portés par le Hasard,
Ces masques chatoyant aux allures de bohèmes.
Ce sont les oiseaux fous en habits de brocard.
Nous fermerons les yeux, tremblant sous ce cortège
Infernal, à l’abri des tombeaux mystérieux
Qui abritent nos peurs nourries du Sortilège,
Quand le vent carillonne au gré de l’obséquieux
Désir de fondre enfin leurs noires piailleries
Et le parfum des ifs, pour nourrir nos chagrins.
Je les entends gémir et leurs chamailleries
Se confondent déjà sous l’éclat des jardins.
Et mon cœur frémira quand les grands oiseaux fous
Quitteront l’horizon où, comme un sacrifice,
Je suivrai lentement, le cœur lourd et dissous,
Leur tout premier adieu. Mon âme est au supplice.
Et je trimballerai mes effrontées silhouettes,
Car, messieurs, soyez sûrs, qu’au fond de mon linceul,
Je penserai toujours à ces folles aigrettes,
Qui ont distrait mes nuits quand je me trouvais seul
Et emprunté la voix de mes fervents désirs,
A l’heure où je rêvais d’Eternités voraces,
Quand meurent les soleils dans leurs derniers soupirs.
Demain, mes oiseaux fous brûleront leurs audaces.
..............................................................................
N’oubliez pas, messieurs, ce sont des oiseaux tristes.
Illustration musicale : « Les oiseaux tristes » - Maurice Ravel
https://www.youtube.com/watch?v=mtixb05bbac
Illustration : hirondelle dans le ciel, près de Mesnil sur l’Estrée
Montage Philip.
17 commentaires
nisti · le vendredi 29 janvier 2016 à 19:53
Ton poème est magnifique.
J' aime aussi le rejet que tu as fait.
Et tu pousse encore plus, puisqu' il s' étend sur le quatrain suivant, et non sur une phrase comprise dans un même quatrain.
Amitiés, Nisti
nisti · le vendredi 29 janvier 2016 à 19:54
brouilleur59 · le vendredi 29 janvier 2016 à 22:59
au plaisir de te relire
B59
guillaume · le samedi 30 janvier 2016 à 03:34
euphonie0 · le samedi 30 janvier 2016 à 05:02
Un jour au temps passé, je fus un de ses oiseaux (triste)
C'est un très beau poème, pour moi remplis de symbolismes (l'oiseau est l'humain)
Philip je trouve que le brocart c'est très joli, comme nuance.
Philip j'ai du mal à parler de ton poème car, je me suis mise dans la peau d'un de tes oiseaux en te lisant.
Et de plus il est fort en émotions.
En le lisant j'ai oublié que c'était un défi avec des mot imposés.
Gros bisous à toi Philip
Om
Marie Paule
Ps Bise à Susan
Et j'espière que dimanche, tu (vous) allez êtres, aussi émues que lorsque vous jouez au piano.
Fais lui un gros bisous sur chacune de ses joues pour moi.
A bientôt
Philip (JARDIN DE LUNE) · le samedi 30 janvier 2016 à 08:13
Je n'aime pas trop les diérèses et ne compte donc pas le pied supplémentaire qu'en gendre une diérèse (ex ; mys-té-RI-eux). Dans les "Oiseaux fous", il y a débat sur le mot "silhouette" (1er vers du 6ème quatrain). Loïc me précisait que certains mots en poésie impliquent forcément une diérèse. Pas tous. Ici, faut-il éviter de prononcer de façon très brève "silouet'" ? Nous n'avons pas la réponse, il faudrait trouver sur Internet si ce mot fait partie des exceptions. Sinon, le vers passe à 13 pieds.
Voilà, désolé pour ce détail technique sans grand intérêt et place, ci dessous, à mes vraies réponses à vos si sympathiques commentaires.....
domi/amimots · le samedi 30 janvier 2016 à 08:33
on sent le balancement de la musique...
tu nous gâtes Philip !!
tu me diras pourquoi "messieurs" ?
Mesnil sur l'Estrée dis-tu ?? c'est "ma" rivière alors ???
grrrros bisous et mille bravos !
Philip (JARDIN DE LUNE) · le samedi 30 janvier 2016 à 11:05
Oui, j'ai veillé à l'effort prosodique, ce qui donne un équilibre, un "balancement musical". Et tu as vu la pièce de piano de Ravel ? Ca va parfaitement avec la lecture du poème.
D'ailleurs, je précise, le poème n'est pas empreint de tristesse, juste un peu de mélancolie. J'ai rajouté le dernier vers orphelin "N’oubliez pas, messieurs, ce sont des oiseaux tristes" tout simplement parce que le morceau de Ravel s'appelle.....les oiseaux tristes.
Pourquoi "messieurs". C'est une formule que j'utilise de temps en temps qui est juste interpelative.. Baudelaire en faisait usage parfois (ex : "messieurs, ne cracher pas de jurons ni d'ordures....".
Ben oui c'est "ta rivière". C'était un petit clin d'oeil surprise, puisque c'est toi qui avait lancé le défi. L'hirondelle, je l'ai rajoutée. En attendant un 13ème jour.... bisous-miaou. Philip.
Pour BROUILLEUR 59 :
Merci infiniment d'être passé me lire et d'avoir aimé. Ton analyse est très pertinente, oui ce texte ce lit à plusieurs niveaux, il faut chercher. Figure-toi qu'au début, le titre du poème, sans que je ne sache pourquoi, m'est sans doute venu à l'évocation du film terrifiant d'Hitchcock "les oiseaux". Mais il était hors de question d'en faire un film terrifiant.
Pour "trimballer", le terme n'est pas argotique, tout juste populaire. Le Larousse en donne d'ailleurs l'origine étymologique. J'aime bien placer ce genre d'expression familière. Je n'ai rien inventé, ce gredin de Rimbaud, gamin, aimait bien placer naturellement ce genre de mots qui le représentait bien (ex : "paletot", "oh, là, là" dans son poème Ma Bohème). J'aime.
Avec toute mes amitiés, Brouilleur. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
A suivre, dans l'après-midi, pour la suite de mes réponses......
domidom · le dimanche 31 janvier 2016 à 20:35
Bises, Domie..
Claude · le dimanche 31 janvier 2016 à 22:15
Bien à toi
imparfait · le lundi 1 février 2016 à 19:17
Comme je te l'ai dit hier, je reviens faire un petit tour sur ce poème dont j'avais trouvé le premier quatrain d'une grande beauté avec beaucoup de sensibilité.
J'ai pensé au film "les oiseaux "et ensuite en descendant les vers il n'est venu un autre film "les oiseaux se cachent pour mourir" mais au fond qui se cache? l'homme, le temps, les oiseaux, la folie!!!
Un poème qui ne laisse personne insensible et qui finit par un vers plein d'interrogations.
Bisous Philip et bonne soirée à vous deux
Clara · le mercredi 3 février 2016 à 08:17
Je lis régulièrement tes poèmes en plusieurs temps car ils sont tellement riches!
il me faut du temps pour m'en imprégner.
Je prend rarement le temps de mettre de commentaire car...je ne sais que dire...
si ce n'est qu'ils sont à chaque fois très très bien écrits .
Beau voyage à chaque fois..
De la haute voltige sont tes mots..
Ce défi est plus qu'abouti et se passe de commentaire de ma part...
Si ce n'est quel plaisir de te lire!!!
Cordialement,
Chiara
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 3 février 2016 à 09:17
Bonjour Clara. C'est très gentil d'avoir pris le temps de me faire ce commentaire et de me dire que tu passes régulièrement me lire. Mille mercis donc. J'adore mes récits de voayges (en vers où en prose) et le ton un eu romantique, un peu spleen qui me convient bien (les "raps" pour de rire, sont bien sûr l'exception). Moi aussi, je ne peux lire tout le monde. Aussi, dis-moi quel est ton login (pseudo) sur mespoemes.net ? Cela me donnera l'occasion d'aller te lire et te commenter, pas par obligation et politesse, mais ce sont les circonstances comme ça qui font que l'on peut découvrir de nouveaux poète(sse)s.
Merci d'être passée. Tu sais, on a toujours quelque chose à dire sur un poème. Amicalement. Bonne journée. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 3 février 2016 à 09:26
Coucou Imparfait. Non, je ne voulais pas que ces oiseaux fous soient semblables à ces horribles volatiles du film d'Hitchcock ! (sourire).
Tes remarques sont intéressantes quant au "qui se cache ?" (tout le monde ?).
L'interrogation du dernier vers n'était pas voulu, car j'ai donc mis ce vers orphelin en parlant des oiseaux tristes, parce que le morceau de piano de Ravel s'appelle "les oiseaux tristes". Bisous et bonne journée. Philip.
Pour CLAUDE :
Merci infiniment Claude. Bah, la créativité ça vient comme ça. Tout est bon pour écrire. Tiens pour te donner une exemple, j'ai écrit il y a quelques temps, sur un bout de papier, ce titre "la neige était si noire", qui m'était passé par la tête (les tempêtes de neige aux Etats-Unis ????) Il servira à développer un futur poème. Amitiés, Claude. Philip
Pour DOMIE (Domidom) :
Me dire "c'est mélancolique" me suffit, Domie. Superbe, je ne sais pas, mais nous sommes encore en hiver, et ces oiseaux (vraiment fous ?) je les ai visualisés volant sous un ciel lourd et gris...et hop, voilà la mélancolie ! Gros bisous, Domie. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
bluegirl · le samedi 6 février 2016 à 22:19
Puis vers le milieu de ton poème, tu réécris comme à l'accoutumée à la première personne...
Peut être n'ai-je rien pigé, mais il n'en est pas moins que j'ai aimé la fluidité de cette mélancolie qui t'est chère.
Bises, Lola.
ps : j'ai aussi régulièrement du retard à commenter, mais je ne m'en excuse pas car ça n'a jamais été mon souhait de commenter systématiquement.
mespoemes.net/bluegirl
bluegirl · le lundi 8 février 2016 à 20:37
ne vois aucune forme d'arrogance dans mon com, en tout cas ce n'est pas du tout l'intention !
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 9 février 2016 à 18:37
Coucou.
Sur ton 2ème com' (erratum) : t'inquiète je n'ai vu nulle "arrogance" (un arrogant est une personne qui est orgeuilleux dans le mauvais sens et a du mépris) ni quoi que ce soit. :)
Sur ton premier com :
- la fin : t'inquiète non plus. Les sentiments amicaux que tu peux me porter ne te font nulle obligation de me commenter systématiquement. Je pense que, a minima, tu lis sans doute mes poèmes. Et je te sais occupé, plus ton boulot de co-administratrice avec Loïc et le temps que cela prend.
- sur ton ressenti de mon poème :
Oui, je repasse à la première personne. Mais ce poème est en très très grande partie une fiction. Le "je" est un peu de moi-même, forcément, mais en grande partie ne parle pas de moi. Il y a même un "nous" à un moment. Tu le sais je crois - et que cela ne vexe nullement ceux qui lancent les "défis" (faudra vraiment changer le mot), car ça crée du partage - en fait j'ai horreur des défis. Et comme j'avais écris sur un bout de papier "oiseaux fous", allons-y, j'ai bâti un truc là-dessus ! Dernier détail, si tu lis par-ci, par-là mes états d'âmes sur ma propre écriture, ce n'est nullement à la suite de ton com' que je n'ai donc pas mal pris. Ca, j'en donne l'explication ici et là, et c'est malheureusement une évidence, ce qu'est devenue mon écriture.
Je te remercie d'avoir pensé à me souligner ton "erratum" pour le cas où j'en aurais été contrarié. Cela t'honore. Bonne soirée, Lola. Bises. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
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