LE BATEAU LIVRE (repost)

(Autodérision d’un mirliton qui se prenait pour un Voyant)
(Pardon Rimbaud, j’ai singé.
Le singe c’est moi, mais je me suis bien amusé)
Comme je prenais pied sur ces pages blanches,
Je ne me sentis plus aimé de tous mes Idolâtres,
Des singes disgracieux avaient pris leur revanche
Les ayant mis au clou d’un infâme théâtre.
J’étais tout effaré des sublimes complots,
Qui m’empêchaient soudain d'aller noircir ces pages ;
Quand mes yeux assassins s’emplirent de sanglots,
J’entendis rugir, las, tous ces soupirs sauvages.
Quand le vent cru gonfla mes voiles de papier,
Mes chavirants orgueils touchèrent enfin les rives
Qu’on nomme havres d’Empires de tous les flibustiers
Cent fois, j’ai cru étreindre leurs nues si craintives.
Sur ces lunules aristocrates je traçais au parchemin
Des pamphlets si voraces ou des sanglots fugaces.
Et leurs tremblants détours m’ont conduit en chemin
Vers des vertes folies, Dieu craigne mon audace !
Désespérants rivages aux contours assassins,
Laissez-moi m’échouer sur vos grèves immortelles,
Qu’une mer fantasque aux vagues étoilées,
De ses moussus regrets, m’emporte et me flagelle.
De gargantuesques voiles me conduisirent enfin,
Sur les rives embrumées d’étonnante Atlantide,
Tout ébahi, bavant d’écume, saoul comme un aigrefin
De languides devoirs pour vêture sordide.
Ô, Orphéon féal, tes fatales meugleries,
Comme les houles d’hiver dans ces eaux consumées,
Dans ces océans noirs, ont allumé l’Envie
Et rimaillé mes pleurs qu’en vagues j’ai rêvées.
Je suis allé dompter les empires vacheresques
Semés d’algues fatales aux grimaçants sourires,
De vers enrubannés, de quatrains si grotesques
Avant de me noyer en fulmineux délires.
Californies fébriles vous m’avez recueilli,
J’étais trop égaré pour en goûter le sel,
Ou bien trop esbaudi pour dire que j’ai failli,
D’errance en volupté, je n’ai plus de cervelle
Ces fleurs épistolaires, je les ai tant rêvées,
Elles ne sauraient vous plaire qu’en ivresses comblées,
Evanescences rudes, j’en conviens mais pour l’heure
Mes cotillons absurdes, sont reçus en vainqueur.
(C'est peut-être la 3ème fois que je reposte ce poème en 4 ans. Je sais qu'il y a des amateurs du fameux et fabuleux Bateau Ivre de Rimbaud. Un jour, en hommage, j'ai écrits ce que j'appelle "une singerie" (pas pour Arthur, mais pour moi)
(Pardon Rimbaud, j’ai singé.
Le singe c’est moi, mais je me suis bien amusé)
Comme je prenais pied sur ces pages blanches,
Je ne me sentis plus aimé de tous mes Idolâtres,
Des singes disgracieux avaient pris leur revanche
Les ayant mis au clou d’un infâme théâtre.
J’étais tout effaré des sublimes complots,
Qui m’empêchaient soudain d'aller noircir ces pages ;
Quand mes yeux assassins s’emplirent de sanglots,
J’entendis rugir, las, tous ces soupirs sauvages.
Quand le vent cru gonfla mes voiles de papier,
Mes chavirants orgueils touchèrent enfin les rives
Qu’on nomme havres d’Empires de tous les flibustiers
Cent fois, j’ai cru étreindre leurs nues si craintives.
Sur ces lunules aristocrates je traçais au parchemin
Des pamphlets si voraces ou des sanglots fugaces.
Et leurs tremblants détours m’ont conduit en chemin
Vers des vertes folies, Dieu craigne mon audace !
Désespérants rivages aux contours assassins,
Laissez-moi m’échouer sur vos grèves immortelles,
Qu’une mer fantasque aux vagues étoilées,
De ses moussus regrets, m’emporte et me flagelle.
De gargantuesques voiles me conduisirent enfin,
Sur les rives embrumées d’étonnante Atlantide,
Tout ébahi, bavant d’écume, saoul comme un aigrefin
De languides devoirs pour vêture sordide.
Ô, Orphéon féal, tes fatales meugleries,
Comme les houles d’hiver dans ces eaux consumées,
Dans ces océans noirs, ont allumé l’Envie
Et rimaillé mes pleurs qu’en vagues j’ai rêvées.
Je suis allé dompter les empires vacheresques
Semés d’algues fatales aux grimaçants sourires,
De vers enrubannés, de quatrains si grotesques
Avant de me noyer en fulmineux délires.
Californies fébriles vous m’avez recueilli,
J’étais trop égaré pour en goûter le sel,
Ou bien trop esbaudi pour dire que j’ai failli,
D’errance en volupté, je n’ai plus de cervelle
Ces fleurs épistolaires, je les ai tant rêvées,
Elles ne sauraient vous plaire qu’en ivresses comblées,
Evanescences rudes, j’en conviens mais pour l’heure
Mes cotillons absurdes, sont reçus en vainqueur.
(C'est peut-être la 3ème fois que je reposte ce poème en 4 ans. Je sais qu'il y a des amateurs du fameux et fabuleux Bateau Ivre de Rimbaud. Un jour, en hommage, j'ai écrits ce que j'appelle "une singerie" (pas pour Arthur, mais pour moi)
13 commentaires
guillaume · le mercredi 2 mars 2016 à 09:44
pointbleu-Âme · le mercredi 2 mars 2016 à 10:16
C'est assez spécial ton poème, mais j'aime. Bonne journée de mercredi Amitié Âme
rivaudais · le mercredi 2 mars 2016 à 10:59
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 2 mars 2016 à 11:10
Oui, un peu spécial. Pour le cas où vous ne connaîtriez pas ou auriez oublié le célèbre "Bateau Ivre" d'Arthur Rimbaud, allez le lire (ou le relire). Juste taper "Bateau Ivre, Rimbaud" sur Google.
Vous verrez :
- en quoi le "vrai" Bateau Ivre est un poème de génie. Spécial aussi. Quand on pense que Rimbaud l'a écrit à 16 ans et demi !!!
- en quoi j'ai pris de l'amusement à écrire sans prétention mon Bateau Livre (je n'ai eu qu'à prendre l'esprit du poème original. D'ailleurs, vous verrez que mes trois premiers quatrain essaient de suivre à la trace ceux du Bateau Ivre).
Mon exercice de style m'a plu, je le reconnais.....mais Rimbaud était déjà passé par là avec son original ! Amitiés. Philip
Pour RENE : pas grave. Prends ton temps ! Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
pointbleu-Âme · le mercredi 2 mars 2016 à 14:40
Beaucoup de personnes ne se douteraient pas d'une certaine ressemblance. Tu fais de ton mieux et même parfois plus, pas besoin de comparaison, même si parfois tu pêches tes idées ailleurs, Tu es un vrai poète ! Amitié Âme
domidom · le mercredi 2 mars 2016 à 23:07
Toujours débordée, la retraite devient une sorte de tyrannie....
(Rire).
Plus de 400 personnes au basket le week-end dernier, je suis rentrée sur les rotules....
Très gros bisous, Domie...
ptite-liline · le jeudi 3 mars 2016 à 10:11
Merci d'avoir reposté ce poème c'est toujours un délice pour moi de le lire.
Ton admiratrice Aline :)
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 3 mars 2016 à 11:19
Merci Aline, ton poème me touche. Oh, oui, je sais que tu as toujours aimé Rimbaud. Tiens, c'est marrant, y a-t-il un peu de moi dans mon Bateau-livre (qui n'est pourtant qu'un imitation de l'original), me connais-tu plus que je ne pensais ? Il est vrai qu'aujourd'hui tes études de lettres de donnent forcément une plus grande acuité dans la perception de la poésie (que tu avais déjà, mais beaucoup plus jeune). Ah, si jamais je devenais un célèbre poète, tu pourras toujours, plus tard, écrire un thèse sur mon "oeuvre poétique".
As-tu reçu la photo du Moulin o Rimbaud a écrit le Bateau Ivre" que j'ai dû t'envoyer il y a une semaine ?
Pour le Bateau Ivre, je ne sais si tu te souviens, mais je suis très fier de savoir par coeur les cinquante premiers vers de ce long et difficile poème qui en compte près d'une centaine. A bientôt, Aline. :o) Philip.
Pour DOMIE :
Oui, quand je relis d'anciens poèmes que j'ai écrit, j'en trouve qui ont vieilli, au niveau de la "patte". Celui-ci je l'aime bien, en effet il n'a pas trop de rides. C'était le Philip un peu "fou-fou " en poésie. Bisous, Domie (et toi, ménage-toi un peu !). Philip.
Pour ÂME :
Oui, le Bateau Ivre (tout comme mon poème, normal c'est un "copycat") n'est pas forcément facile à digérer. Et il n'a pas vraiment d'histoire. Précision : tout est inventé. Comme je le disais à Aline ci-dessus, j'ai vu le petit Moulin au bord de la Meuse, à Charleville-Mézières (Ardennes) où Rimbaud s'est inventé cette histoire à 16 ans (et il n'avait pas Internet pour rêver en téléchargeant de belles photos). Incroyable. Quelle imagination et quelle verve ! Oui, bien sûr, mon poème est un original écrit par moi, mais c'est trompeur, car, sans l'égaler en qualité, cela va de soi, il s'inspire du ton de l'original, ce qui fausse l'idée d'un certain talent. En relisant vers à vers l'original de Rimbaud et mon poème, ont voit tout de suiste qui est le vrai génie (élément de réponse : ce n'est pas moi !!! :) Amitiés, Âme. Philip
(www.mespoemes.net/philip)
pointbleu-Âme · le jeudi 3 mars 2016 à 12:45
C'est le bonheur de pouvoir exprimer ce que tu as envie d'écrire, de partager ce qui te fait plaisir et plaisir en même temps à tes lectrices et lecteurs.
Bon après-midi Amitié à toi Âme.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 6 mars 2016 à 18:25
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
pointbleu-Âme · le lundi 7 mars 2016 à 16:25
Bonne fin d'après-midi à toi et Amitié Âme. Je parle souvent de l'intelligence émotionnelle et non du QI qui peut malgré tout venir en aide dans certaines occasions...
Debbie · le mercredi 28 février 2018 à 10:37
Belle journée à toi
Amitié poétique
Debbie
http://www.mespoemes.net/debbie/
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 28 février 2018 à 12:28
Merci pour ton commentaire qui est, bin évidemment sincère.
Après tout, la versatilité de mon opinion pour mon écrit étant à l'image de mon immodestie (sourire !) il n'est peut être pas si mal que ça, mon petit exercice de style. Bien sur l'original, flamboyant est incomparable (et Rimbaud n'était jamais "sorti de son trou et n'avait que 16 ans et demie quand il composa ce chef d'œuvre).
Mais c'est vrai quand je le relis il y a cette impression d'un voyage un peu halluciné, balloté sur des flots un peu fou.
Aujourd'hui on dirait peut-être que l'histoire est....psychedelique, à l'image, plus raccourci d'un Lucy in the sky" des Beatles !!!!
Et je suis tout à fait d'accord avec toi : la poésie doit dire quelque chose.
C'est ce qui fait son incomparable magie. Merci d'avoir aimé ce voyage.
Avec toute mon amitié poétique.
Philip.
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