Le vieil homme au regard de soie (repost)

Je contemplais le lion d’airain, quand mon regard se porta sur le vieil homme au regard de soie. Et le Temps se figea, insolant, insolite.
………………………………………………………………………
J’ai cherché si souvent ces insondables chants
Faits de myrte et d’encens, pour apaiser ma fièvre
Et avancer encor, sur ces chemins brûlants,
Où se mirent souvent tous les ors de l’orfèvre.
Dans les bazars sournois, des mélopées perdues
Endormaient ma raison quand l’aube purpurine
Ouvrait son piédestal aux stèles défendues
Dont l’ombre qui se meurt m’effraie et me fascine.
Et, las, je m’enfuyais pour ces autres regards,
Dont les cris safranés rugissent sur le Gange,
Implorant dans le vent, de défier mes hasards,
De calmer mon délire au parfum si étrange.
Attiré par l’airain dont le reflet changeant
Eblouissait mon cœur et consumait mon âme
En ce lieu léonin, je m’approchais, tremblant,
Vers le fauve figé par un ultime drame.
Tout près de ce colosse endormi dans l’Aurore,
A l’écart des passants, le vieil homme est assis
Fixant l’Eternité, près du grand sycomore
Dont le parfum fiévreux donne au Temps son sursis.
Le Saddhu* attendait d’un regard innocent,
Que s’éteigne le jour ou se meure la pluie
Venue des Hauts Plateaux, qu’un casque iridescent
Embaumait de lumière à la trame alanguie.
Ce n’était sa vêture ou sa barbe de neige
Encadrant son visage asséché par les ans,
Qui donnait aux moussons un air de sortilège
Où se mêlent ces bruits qui grondent en dedans.
Rien que des yeux de soie, perdus sous des paupières,
Enfantés par les Dieux d’une rive incertaine
Au pied des Temples nus, des fragiles ornières,
Couleur de l’Infini et de la mer lointaine.
………………………………………………………………………….
Quel ce voyageur qui poursuit son chemin, l’âme toute emplie
De rêve et le cœur scintillant ?
(Souvenir personnel d’un voyage en Inde, à partir de la plus belle photo que je n’ai prise là-bas)
* Un saddhu (se prononce « saddou ») est, en Inde, un homme en voie de réalisation qui pratique la méditation et vit de l’aumône.
Illustration : photo : Philip – Bénarès, Inde.
Illustration musicale :
https://www.youtube.com/watch?v=waldWijiQDs
(Karunesh – Call of the mystic)
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J’ai cherché si souvent ces insondables chants
Faits de myrte et d’encens, pour apaiser ma fièvre
Et avancer encor, sur ces chemins brûlants,
Où se mirent souvent tous les ors de l’orfèvre.
Dans les bazars sournois, des mélopées perdues
Endormaient ma raison quand l’aube purpurine
Ouvrait son piédestal aux stèles défendues
Dont l’ombre qui se meurt m’effraie et me fascine.
Et, las, je m’enfuyais pour ces autres regards,
Dont les cris safranés rugissent sur le Gange,
Implorant dans le vent, de défier mes hasards,
De calmer mon délire au parfum si étrange.
Attiré par l’airain dont le reflet changeant
Eblouissait mon cœur et consumait mon âme
En ce lieu léonin, je m’approchais, tremblant,
Vers le fauve figé par un ultime drame.
Tout près de ce colosse endormi dans l’Aurore,
A l’écart des passants, le vieil homme est assis
Fixant l’Eternité, près du grand sycomore
Dont le parfum fiévreux donne au Temps son sursis.
Le Saddhu* attendait d’un regard innocent,
Que s’éteigne le jour ou se meure la pluie
Venue des Hauts Plateaux, qu’un casque iridescent
Embaumait de lumière à la trame alanguie.
Ce n’était sa vêture ou sa barbe de neige
Encadrant son visage asséché par les ans,
Qui donnait aux moussons un air de sortilège
Où se mêlent ces bruits qui grondent en dedans.
Rien que des yeux de soie, perdus sous des paupières,
Enfantés par les Dieux d’une rive incertaine
Au pied des Temples nus, des fragiles ornières,
Couleur de l’Infini et de la mer lointaine.
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Quel ce voyageur qui poursuit son chemin, l’âme toute emplie
De rêve et le cœur scintillant ?
(Souvenir personnel d’un voyage en Inde, à partir de la plus belle photo que je n’ai prise là-bas)
* Un saddhu (se prononce « saddou ») est, en Inde, un homme en voie de réalisation qui pratique la méditation et vit de l’aumône.
Illustration : photo : Philip – Bénarès, Inde.
Illustration musicale :
https://www.youtube.com/watch?v=waldWijiQDs
(Karunesh – Call of the mystic)
11 commentaires
aurorefloreale · le dimanche 12 mars 2017 à 10:11
Je garde le regard emporté
Vers cette douce amplitude
Cette méditation, attitude
Recherchant le divin
En instants de plénitude,
Sur les bords du Gange
Souvenirs élevés s'engrangent,
Grande doit être la grange
Pour les protéger d'un écrin
S'entourant de bon crin,
S'élèvent les prières
On médite et on espère
Au bord du Gange,
La vie s'engrange!
Amitié en liberté!
Auroreflorele
amma · le dimanche 12 mars 2017 à 10:22
Pierre · le dimanche 12 mars 2017 à 14:22
Philip !!! Magnifique !!! Amitiés, Pierre
euphonie · le dimanche 12 mars 2017 à 17:24
Un délice ton poème
L'Inde est un pays que j'aimerais visiter
Et avec ton viel homme je lui ai mi un nom Boudhha je me suis sentie un peu en Inde.
OM Mani padme hum
Bisous Philip
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 12 mars 2017 à 18:42
Merci les amis. L'Inde, que j'ai le bonheur de connaître est un pays où celui qui saura regarder avec un oeil chargé de spiritualité "universelle" (en n'omettant pas la réalité de la misère, bien sûr) verra le monde un peu différement. J'avais envie de reposter ce poème qui a à peu près un an. Merci à tous les deux.
Amitiés Pierre, bisous à toi Marie.
Pour AMMA :
Merci, à toi, Amma. Tu auras perçu, je pense, l'émotion que j'ai pu ressentir à la rencontre de ce Saddhu, qui quelques temps après m'a inspiré ce poème.
Question : as-tu déjà eu la chance d'aller en Inde ? Amitiés. Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 12 mars 2017 à 18:44
Oh merci, Aurore, c'est vraiment très très gentil de ta part d'avoir pris du temps pour avoir écrit ce poème qui complète bien le mien en guise de commentaire. Délicate attention.
Bisous et amitiés. Philip
guillaume · le dimanche 12 mars 2017 à 23:49
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 13 mars 2017 à 08:30
Oui c'est extraordinaire, je te le confirme !
(y compris la nourriture). Juste prendre la mesure du regard quand celui-ci, se détournant des merveilleuses images, croise celui de la misère. Amitiés et belle semaine à toi, Guillaume. Philip
Oscar O. · le lundi 13 mars 2017 à 14:13
Très beau poème qui nous fait voyager dans ces contrées lointaines.
L'inde un pays très complexe et fascinant avec des traditions des fois incompréhensibles par les occidentaux.
Merci pour ce partage .
Bonne semaine à toi.
Amicalement
http://www.mespoemes.net/oscaro/
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 13 mars 2017 à 18:12
Oui, la découverte de l'Inde, pour moi, fut un choc, la réalité étant mille fois au-dessus de ce à quoi l'on s'imaginait. Fascinant et complexe, comme tu le soulignes. Bonne semaine à toi aussi, et bonne poésie. A bientôt. Amitiés, Oscar. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
domidom · le lundi 13 mars 2017 à 20:59
Enfin, pas vraiment pour moi....
Je t'ai lu ou relu avec bonheur et j'ai aimé te lire, c'est très bien écrit..
.J'aime beaucoup, je t'embrasse, Domie
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