La légende de l'ours dur (Conte de la lune rouge)

Il est de ces légendes inconnues qui n’existeront que demain...
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Les épines du cœur sont une infâme griffe
Quand sa course se meurt et que l’abime gifle
Son ultime rêve et ses premiers rivages,
Quand le fauve endormi accuse les présages.
Je sais, moi, la légende enfantée d’un regard
D’où surgissait le cri, comme survient, hagard,
Cet orage indécent qui ravine son âme.
Mais l’œil noir rugissant a le froid de la lame.
Ne cherchez pas à croiser l’empreinte de ses pas,
Il n’est de fauve fou que son reflet bien las,
Quand sa nuit se bouscule au détour du destin,
Et meurt l’incertitude au goût de lendemain.
Sauras-tu conquérir ses univers baroques
Qui crissent sous le verbe aux sinistres défroques,
Sous l’élan acéré d’un grondement balourd,
Plus mordant que le Temps quand l’horizon est sourd.
Tu ne verras jamais la forêt qui s’apeure,
Sous son regard fiévreux quand la raison effleure
Le souffle mystérieux qui vit entre les ruines
Et se partage au vent en gardant ses épines.
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Car sous l’écorce rude et la toison qui tremble
La brûlure de l’ambre a chaviré son coeur
(Photo : Philip - "Cherokee Land, Caroline du Nord, USA)
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Les épines du cœur sont une infâme griffe
Quand sa course se meurt et que l’abime gifle
Son ultime rêve et ses premiers rivages,
Quand le fauve endormi accuse les présages.
Je sais, moi, la légende enfantée d’un regard
D’où surgissait le cri, comme survient, hagard,
Cet orage indécent qui ravine son âme.
Mais l’œil noir rugissant a le froid de la lame.
Ne cherchez pas à croiser l’empreinte de ses pas,
Il n’est de fauve fou que son reflet bien las,
Quand sa nuit se bouscule au détour du destin,
Et meurt l’incertitude au goût de lendemain.
Sauras-tu conquérir ses univers baroques
Qui crissent sous le verbe aux sinistres défroques,
Sous l’élan acéré d’un grondement balourd,
Plus mordant que le Temps quand l’horizon est sourd.
Tu ne verras jamais la forêt qui s’apeure,
Sous son regard fiévreux quand la raison effleure
Le souffle mystérieux qui vit entre les ruines
Et se partage au vent en gardant ses épines.
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Car sous l’écorce rude et la toison qui tremble
La brûlure de l’ambre a chaviré son coeur
(Photo : Philip - "Cherokee Land, Caroline du Nord, USA)
13 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 19 octobre 2017 à 17:39
La genèse du poème est trop longue à expliquer, et l'idée m'en est venue il y a un an, en traversant le territoire des Cherokee, dans les Appalachians Mountains, où l'ours est une figure importante de leurs légendes. Le poème allie la difficulté qui fut mienne, d'être dans l'esprit de ces légendes tout en étant dans le clin d'œil amical.
Pour les puristes : dans les deux premiers vers, on remarquera le choix d'une simple assonance finale. On n'est donc pas dans la vraie rime.
Mais j'ai eu plaisir à caler d'autres assonances, comme "DéTour du DesTin....avec le D et le T".
Enfin, si vous avez une inquiétude sur l'illustration, chez les Cherokee on ne mange pas la viande d'ours !
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
Pierre · le jeudi 19 octobre 2017 à 17:40
poésie comme je l'aime !!! Des univers
fabuleux, des images fantastiques !!!!!
Je suis à genoux !!!! Amitiés, Pierre.
auroirefloreale · le vendredi 20 octobre 2017 à 10:57
domidom · le vendredi 20 octobre 2017 à 15:56
A noter..(I-A)
(11pieds, vers 3, 1er qtr
(13 " , " 1, 4em ")
Gros bisous, Domie
Kate Fairbanks · le samedi 21 octobre 2017 à 01:18
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 23 octobre 2017 à 09:15
Merci Pierre. Oh mais pas de superlatifs, je te prie :)
Juste un poème sympa, avec un effort d'écriture (mais des fautes de rythmiques). Et, c'est vrai, la figuration d'un univers en apparence un peu fantastique. Amitiés et....merci ! Philip
Pour AURORE :
Oui c'est exact, puisque j'ai écrit ce poème, hi, hi...je peux te dire que j'y ai mis une sensibilité vraie et authentique.
Pas évident sous le masque de l'allégorie.
Amitié à toi et belle semaine, Aurore. Philip
Pour KATE :
Merci. Mais pas de quoi rester bouche bée ! Et tu vois, notre Domie, à qui je vais répondre ci-dessous, qui est une perfectionniste me rappelle que j'ai encore des efforts à faire.
Il y a toujours des efforts à faire en poésie ! Amitiés et encore merci, Kate. Philip
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 23 octobre 2017 à 10:21
Je t'ai gardé pour la fin, Domie :)
Merci pour ton compliment. Comme tu l'auras lu plus haut, pas facile de rendre un hommage amical et discret à un ami en brodant sous une forêt d'allégories et de métaphore, d'ailleurs incompréhensible. Forte résonnance ? Ah c'est gentil de dire ça. D'autant que ça semble être le ressenti de plusieurs. Cela me fait d'autant plus plaisir si vous n'y voyiez pas un poème banal comme beaucoup de mes poèmes, car c'est fonc un poème dédicace sincère.
Venons-en en à la dernière partie : eh oui, les fautes de métriques !!! Je crois que j'en avais compté 2 et il y a en 3. Tout dépend du temps que j'aurai. Si j'ai le temps, je ferai l'effort d'y remédier, car ça vaut le coup, le poème est sympa.
Mais, le temps, le temps...et il faut que je t'appelle pour qu'on fixe quand on se voit avant la fin de l'année !
Et à la fin de la semaine, encore une escapade à l'étranger !
En attendant, grrrrros bisous, ma Domie. Philip.
Isabelle · le mardi 24 octobre 2017 à 23:56
Douce nuit
Amitiés
Isabelle :-)
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 25 octobre 2017 à 11:42
Merci pour ce gentil et je pense sincère compliment.
Je n'aime pas tous les poèmes que j'écris (quand le les sens pas assez travaillés !).
Mais là, si l'on n'est pas dans la perfection (et notamment la métrique) je l'ai fait avec coeur et avec la difficulté de faire de l'allégorie pour préserver la personnalité d'un ami.
Encore merci, Isabelle, et à très bientôt. Philip.
taia · le mardi 31 octobre 2017 à 08:52
Amitiés.
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 31 octobre 2017 à 14:29
Merci Taia d'être repassée sur mon site et d'avoir aimé ma poésie.
Tu as donc lu ce que disent les amis.
Je ne visais rien d'autre que le plaisir de la lecture avec un conte plein d'allégories.
La musique des mots, même des mots simples, est très importante à mes yeux.
Belle journée à toi, Taia. Amitiés. Philip
Loïc · le mercredi 1 novembre 2017 à 15:42
Changement d'ambiance par rapport à tes inspirations habituelles ; moins rêveur, ici la sémantique donne dans le sombre, le sauvage, le passionné. Then again, un casse-pierre peut trouver un cristal dans un caillou anonyme...
En tous cas, même si les mystérieuses références ne sont pas toutes claires, le travail pour les intégrer l'est, lui.
Je vais voir tes autres poèmes !
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 1 novembre 2017 à 18:18
Hi, man !
Merci pour le com'.
C'est vrai, à bien y regarder il y a cettes sorte de triptyque : sombre, sauvage, sans oublier le passionné. Pas toujours sombre d'ailleurs. Un exemple : l'utilisation du mot "las" (fin du vers 2, quatrain 3) n'a rien à voir avec une possible lassitude du personnage. C'est juste l'utilisation d'une de mes semi-chevilles, que je mets souvent lorsqu'il me manque un pied (ce qui ne m'a pas empêché de ne pas voir la non-métrie dans certains vers !).
Ah ouais, c'est plus qu'évident, il y a des joyaux sous l'écorce d'humble pierre.
Et mon "ours" est bien cela, sous une dure carapace. Amitiés, Loïc. Philip
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