VENEZIA, Palazzo Dolfino (Repost)

Sur les souvenirs las du palais Dolfino,
Bruissent les gondoles et s'émerveille enfin
La lagune endormie des chants des sopranos
Quand leurs airs d'opéra meurent au clair matin.
Le clavecin s'est tu, les portes refermées,
Il n'y a que le pas, trainant et obséquieux,
D'un serviteur poudré, d'une ombre enrubannée
Qui pleure un lent violon aux rythmes ennuyeux.
Dans le palais Dolfin, passe cette âme en deuil,
Tandis que le vent froid couvre d'un sourd manteau,
Le masque abandonné, là sur ce vieux fauteuil.
Comme un tombeau de nuit, repassent les bateaux.
Les barques apeurées, revêtues de linceuls,
Sont comme les amants, qui retardent le jour
Pour s'enivrer encor et rester enfin seuls
Attendant les matins, deviner leurs contours.
Bruissent les gondoles et s'émerveille enfin
La lagune endormie des chants des sopranos
Quand leurs airs d'opéra meurent au clair matin.
Le clavecin s'est tu, les portes refermées,
Il n'y a que le pas, trainant et obséquieux,
D'un serviteur poudré, d'une ombre enrubannée
Qui pleure un lent violon aux rythmes ennuyeux.
Dans le palais Dolfin, passe cette âme en deuil,
Tandis que le vent froid couvre d'un sourd manteau,
Le masque abandonné, là sur ce vieux fauteuil.
Comme un tombeau de nuit, repassent les bateaux.
Les barques apeurées, revêtues de linceuls,
Sont comme les amants, qui retardent le jour
Pour s'enivrer encor et rester enfin seuls
Attendant les matins, deviner leurs contours.
8 commentaires
taia · le mercredi 1 novembre 2017 à 14:44
C'est un plaisir de vous lire; je suis liée à Venise par des rêves prémonitoires, naturellement, "avant la lettre", aussi que par des souvenirs joyeux et doluoreux à la fois. Votre évocation si délicate, à la manière d'une estampe japonaise, fait surgir dans ma mémoire des sensations sublimes. Mes compliments et grand merci.
taïa
Miles · le mercredi 1 novembre 2017 à 17:54
Amicalement miles
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 1 novembre 2017 à 18:45
Tu l'as lu 3 fois !!!! Eh bien merci. Et merci d'avoir aimé !
Et toi, as-tu le temps d'écrire en ce moment ? Je te le souhaite et souhaite de bientôt te lire. Amitiés. Philip
Pour TAIA :
Bonsoir Taia.
Ah, heureux de vous avoir rappelé des souvenirs joyeux, et désolé - je ne pouvais savoir - de vous avoir aussi rappelé des souvenirs plus tristes.
Ca c'est tout le mystère de Venise, que je connais bien.
J'ai déjà écrit d'autres poèmes sur Venise et aussi Firenze. Je les re-posterai bientôt. Celui-ci est sans doute le plus court et le plus dense. Empreint de mélancolie. Une mélancolie qui va bien à Venise.
Et, merci d'avoir aimé ce poème, amie.
Amitiés, Taia. Philip
A TOUS : pour les puristes, vous aurez peut-être vu la faute de prosodie au vers 2 du premier quatrain "Bruissent les gondoles et s'émerveille enfin "...gondoLES et...".
Ce poème est ancien et d'ailleurs, j'ai ce matin rectifié une autre faute...mais pas celle-là. Je laisse. Il vous suffit de lire "bruissent les gondol' z'et s'éùerveille....".
C'est pas réglo (!!!) mais agréablement romantique à lire. Philip
Micheline1940 · le jeudi 2 novembre 2017 à 11:33
J'ai rêvé sur vos vers, et leur magie m'habite encore...
Merci pour ce moment délicieux qui embellira ma journée.
Avec amitié,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 3 novembre 2017 à 07:02
Bonjour, chère Micheline.
L'Italie, et bien sûr Venise, resplendira toujours aux yeux des poètes et des romantiques. Je n'y vais pas assez souvent hélas.
Chacun de mes séjours à Venise furent un enchantement total.
Je suis très heureux de vous avoir fait voyager et rêver un instant dans l'âme de la Sérénissime !
Belle journée à vous, Micheline, avec toute mon amitié. Philip.
Naeja · le dimanche 5 novembre 2017 à 09:22
de cette mélancolie admirable étant lecteur, j'ai extrait cet instant éphémère .
Bruissent les gondoles -
La lagune endormie
aux chants des sopranos
cordialement Naeja
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 5 novembre 2017 à 10:44
Merci d'avoir apprécié cette mélancolie (que tu qualifie d'admirable !!!!! Presque un oxymore !)
Et bon choix d'avoir extrait cet instant, oui, tout à fait éphémère. Amitiés et bon dimanche, Naeja. Philip
Rêveuse · le lundi 20 novembre 2017 à 11:32
Pour avoir séjourné de très nombreuses fois à Venise, j'en ai d'autant plus apprécié votre poème, une ville toute en contrastes, tantôt triste et nostalgique, tantôt flamboyante!
Vous avez parfaitement su refléter cette part mélancolique et m'avez donné envie de repartir là bas au plus vite...hélas!!!!
avec toutes mes amitiés, merci de ces cadeaux poétiques offerts!
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