Venise (carte postale) : sous les ors vénitiens

VENISE.
La carte postale représentait la façade aussi somptueuse que mystérieuse de la Ca’ d’Oro - la Maison d’Or – joyau du Grand Canal. Le plus parfait, le plus éblouissant palais vénitien du XVème siècle, aux yeux d’un esthète ou d’un archéologue éclairé. Lieu magique où j’ avais aperçu, ou cru apercevoir un matin, une femme en longue robe blanche qui ondoyait, le visage couvert par l’immense rideau de sa chevelure qu’elle avait lentement écarté de ses deux mains, en s’approchant de moi. Mais ce n’était qu’un mirage.
Dans mon choix de m’offrir une heure précieuse pour errer dans Venise, la Sérénissime, avant que ne tombe le soir, j’avais d’abord laissé mes pas me guider vers le Palazzo Grimani et son Camaron d’Or.
Après avoir traversé la longue haie des femmes de marbre bordant les allées, j’avais poussé la porte du Museo. Et, au fond d’une alcôve délicate, presque oubliée, je découvrai, étonné, couché sur une toile lumineuse, le portrait. Peint par la main d’un ange. Simonetta. La Simonetta Vespucci, au visage de Madone, presque irréel qui servit de modèle à Botticelli.
L’instant figeait le temps.
Et le visage aux contours immortels se grava dans mes yeux.
« Comment, dans le jour naissant de nos nostalgies,
Surgissent soudain, apprêtées comme des noces claires,
Ces couleurs nées de l’envie des jours assagis
Qui accompagnent nos pas pour des rêves bien trop précaires ?
Elles ne sont qu’un reflet, comme une ombre murmurée,
Que le cœur a effacé, en oubliant de vivre et d’espérer,
Pour s’étourdir encore un jour, dans la lumière, sans se cacher,
Et découvrir enfin le parfum des ultimes victoires. Achevées".
Je me revois encore, quittant le Palazzo Grimani du pas d’un somnambule. Etourdi.
Pour lentement reprendre mes esprits, juste au pied des colosses d’albâtre.
A scruter les colonnes d’or.
Illustration : photo Philip (Gran Canale)
Illustration musicale : musique du film « le Mépris » (il disprezzo), George Delerue
https://www.youtube.com/watch?v=NWPZerdwKLE
La carte postale représentait la façade aussi somptueuse que mystérieuse de la Ca’ d’Oro - la Maison d’Or – joyau du Grand Canal. Le plus parfait, le plus éblouissant palais vénitien du XVème siècle, aux yeux d’un esthète ou d’un archéologue éclairé. Lieu magique où j’ avais aperçu, ou cru apercevoir un matin, une femme en longue robe blanche qui ondoyait, le visage couvert par l’immense rideau de sa chevelure qu’elle avait lentement écarté de ses deux mains, en s’approchant de moi. Mais ce n’était qu’un mirage.
Dans mon choix de m’offrir une heure précieuse pour errer dans Venise, la Sérénissime, avant que ne tombe le soir, j’avais d’abord laissé mes pas me guider vers le Palazzo Grimani et son Camaron d’Or.
Après avoir traversé la longue haie des femmes de marbre bordant les allées, j’avais poussé la porte du Museo. Et, au fond d’une alcôve délicate, presque oubliée, je découvrai, étonné, couché sur une toile lumineuse, le portrait. Peint par la main d’un ange. Simonetta. La Simonetta Vespucci, au visage de Madone, presque irréel qui servit de modèle à Botticelli.
L’instant figeait le temps.
Et le visage aux contours immortels se grava dans mes yeux.
« Comment, dans le jour naissant de nos nostalgies,
Surgissent soudain, apprêtées comme des noces claires,
Ces couleurs nées de l’envie des jours assagis
Qui accompagnent nos pas pour des rêves bien trop précaires ?
Elles ne sont qu’un reflet, comme une ombre murmurée,
Que le cœur a effacé, en oubliant de vivre et d’espérer,
Pour s’étourdir encore un jour, dans la lumière, sans se cacher,
Et découvrir enfin le parfum des ultimes victoires. Achevées".
Je me revois encore, quittant le Palazzo Grimani du pas d’un somnambule. Etourdi.
Pour lentement reprendre mes esprits, juste au pied des colosses d’albâtre.
A scruter les colonnes d’or.
Illustration : photo Philip (Gran Canale)
Illustration musicale : musique du film « le Mépris » (il disprezzo), George Delerue
https://www.youtube.com/watch?v=NWPZerdwKLE
10 commentaires
Rêveuse · le vendredi 24 novembre 2017 à 10:33
j'ai lu avec bonheur et mélancolie cette carte postale de Venise en écoutant la musique du "mépris".... et j'ai été émue de retrouver au passage, ce palais de Ca d'Oro, et cette somptueuse Madone de Boticelli
https://enkidoublog.files.wordpress.com/2015/06/botticelli-madone-du-magnificat-dc3a9tail.jpg
Un mélange de prose poétique et de vers, bref j'ai adoré, merci de l'avoir publié... un peu pour moi, je suis touchée!!!!!!!!
Vous avez fait revivre Venise !
toutes mes amitiés!
mariepaule · le vendredi 24 novembre 2017 à 14:24
Une très belle description de ta carte postal et surtout d'un endroit que tu chéris particulièrement
J'ai aimé ma lecture
Bisous Philip
Om
Marie
taia · le samedi 25 novembre 2017 à 11:27
Susan (Coquelicot ) · le samedi 25 novembre 2017 à 19:32
Je me revois sur le vaporetto admirant les magnifiques palais…
J’ai aimé cette lecture un peu comme dans un rêve .
Bisous. Susan
domidom · le samedi 25 novembre 2017 à 23:21
Très beau....Bisous, Domie
Micheline 1940 · le dimanche 26 novembre 2017 à 06:28
Micheline 1940 · le dimanche 26 novembre 2017 à 06:35
Soyez certain, bien cher Philip, que vous m'avez donné un immense plaisir à vous lire !
Avec toute mon amitié,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 26 novembre 2017 à 07:33
Bonjour, Rêveuse.
Oui, il s'agit bien de la madone du magnificat que Simonetta Vespucci incarnait sous le pinceau magique de Botticelli.
Ah faire revivre Venise sous ses vers, quel bonheur. Et faire partager les émotions, quel bonheur aussi.
N'hésite pas, toi aussi à faire revivre "ta" Venise, en poésie.
Merci d'avoir aimé ma prose et mes vers mélangés, Rêveuse. Amitiés et bon dimanche. Philip
Pour DOMIE :
Alors, cela me fait plaisir Domie, de t'avoir fait faire cette nouvelle promenade dans Venise. Je t'en parlerai encore des heures lorsque nous aurons le plaisir de nous revoir au début de l'année, si tu veux !
Gros bisous et à bientôt. Philip
Pour MARIE-PAULE :
Merci d'avoir rêvé sur cette crte postale poétique.
Oui, je chéris cette ville, mais je chéris aussi les belles villes magiques du monde entier et les merveilleux paysages de notre planète que j'ai le bonheur de visiter, encore et encore.
Un bonheur rare, j'en ai conscience.
Amitiés et bisous. Philip.
Pour SUSAN :
Cet écris, moitié prose, moitié vers est consciemment écrit comme un rêve, à partir de souvenirs ancré dans ma mémoire. L'imagination a fait le reste. Et puis, Botticelli est un de mes peintres préférés de l'incomparable période du Quatrocentto !
Cela explique....la précision du rêve !
Bisous. Philip.
Pour TAIA :
Bonjour, chère Taia.
Je ne doute pas un instant que ma carte postale poétique t'aies accompagnée loin dans le rêve.
Ah, les brumes ont ce mystère qui porte vers l'inconnu et....le rêve !
J'ai eu la chance de découvrir plusieurs fois cette ville magique.
A l'heure où les touristes sont partis, Venise livre ses secrets lorsque l'on se promène dans ses ruelles ou le long de ses canaux.
Mon écrit a cette ambiance onirique.
Je le voulais ainsi.
Belle journée à toi, Taia, et mes sincères amitiés. Philip.
Pour MICHELINE :
Ah Micheline, je suis bien sûr désolé d'avoir rappelé cette douloureuse nostalgie de jours vécus.
Votre commentaire est très poétique en soi : "belle à faire souffrir", "violence du sublime"...
Les mots sont justes !
Vous évoquez Visconti. Quel bonheur. Je me rends compte que j'aurais dû illustre mon poème par la musique de la 5ème de Mahler, que l'on entend dans le sublime Mort à Venise.
N'oublions pas, à cette fin, la plage du Lido et son Grand Hôtel, qui fait partie aussi de Venise, une Venise certes différente.
Avec le plaisir d'avoir fait néanmoins défiler de belles images dans votre mémoire, je vous souhaite une belle journée.
Avec toute mon amitié. Philip.
Micheline1940 · le mardi 28 novembre 2017 à 13:22
Vous me parlez de Mort à Venise... Je crois que c'est le plus sublime et le plus nostalgique des films de Visconti, ce Prince Italien dont l'âme est restée attachée à tous les ors de ses propres Palais ! Connaissez-vous celui où il naquit et vécut, à Milan ? Demeure familiale située près de la Scala et de la place du Duomo ? Quelques prises de vues en ont été tirées pour le film" Il Gattapardo ", et je puis vous assurer qu'un tel luxe inimaginable pour le commun des mortels que nous sommes, peut friser l'inconcevable beauté ! Visconti vouait une folle adoration à sa mère, et, parait-il, tous les costumes portés par Silvana Mangano, dans Mort à Venise, étaient des copies exactes de ceux portés par sa propre mère, dont j'ai approché, alors, les photographies, qui montraient une femme sylphide, à la beauté et l'élégance, in-com-pa-ra-bles !
Enfin, vous dire qu'avoir perdu un tel monument de l'art cinématographique mondial ( personne ne lui fut jamais comparable, ni même au-dessus de lui ) me fut une déchirure, et plus personne ne peut nous apporter de pareilles et munificentes images, accompagnées de si brillantes œuvres musicales ! Quel chagrin ! Il nous reste les vestiges de son Art, qui peuvent encore combler mon appétit de Beauté...
Allons ! Je vais vous quitter, car il me vient folle envie de pleurer.
Bien à vous, cher ami, et fidèle amitié,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 29 novembre 2017 à 08:47
Merci d'être revenu me parler de Venise, Micheline.
Et du grand Visconti.
Que de films si différents qu'il a tourné, mais il est vrai que son Mort à Venise est presque à part dans l'émotion filmographique qu'il me donne.
Je ne vais pas m'attarder ici pour ne pas tenir une longue chronique cinéphilique sur Visconti.
Et aussi vous parler, sur le plan des écrivains italiens, du grand Alberto Moravia que j'ai eu le privilège de rencontrer un jour à Capri, peu de temps avant sa disparition.
Amitiés sincères et...littéraires, chère Micheline. Philip.
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