Quel soleil a porté mes pas ?

Quel soleil m' a porté sous cette neige froide
Où la clarté s’efface au dernier rêve mort,
Quand la fraîcheur du jour retient mon cœur si roide
De tant d’égarements qui ont scellé mon sort ?
Il n’est point de diadème emprunté à la toile
Ebauchée par ce fou qui rêvait de festins.
Comme j’espérais tant, sous une heureuse étoile,
M’endormir en rêvant de matins abyssins !
Mais sous les échafauds de l’aube capricieuse,
Le matin me rappelle aux souvenirs vendus
Un soir d’incertitude où mon âme oublieuse
Avait perdu son ciel pour des ors confondus.
Quelle richesse blesse en crevant les ténèbres,
Enfantée du forfait qui masque sous l’écume,
Le cri d’une souffrance que de savants algèbres
Conduiraient vers le seuil en reniant la fortune ?
Pourtant mon cœur mourant s’affligeait à la peine
En sondant le rivage où rien ne surgissait :
Qu’une folle étincelle accablée d’une humaine
Clameur au rythme lent, sous un chant contrefait.
Quel soleil m'a porté sur cette braise froide ?
Illustration : photo Philip – les Aubes bleues, Edimburgh, Ecosse
Illustration musicale : Adagio de Barber pour quatuor à corde
https://www.youtube.com/watch?v=lKrxPTePXEQ
Où la clarté s’efface au dernier rêve mort,
Quand la fraîcheur du jour retient mon cœur si roide
De tant d’égarements qui ont scellé mon sort ?
Il n’est point de diadème emprunté à la toile
Ebauchée par ce fou qui rêvait de festins.
Comme j’espérais tant, sous une heureuse étoile,
M’endormir en rêvant de matins abyssins !
Mais sous les échafauds de l’aube capricieuse,
Le matin me rappelle aux souvenirs vendus
Un soir d’incertitude où mon âme oublieuse
Avait perdu son ciel pour des ors confondus.
Quelle richesse blesse en crevant les ténèbres,
Enfantée du forfait qui masque sous l’écume,
Le cri d’une souffrance que de savants algèbres
Conduiraient vers le seuil en reniant la fortune ?
Pourtant mon cœur mourant s’affligeait à la peine
En sondant le rivage où rien ne surgissait :
Qu’une folle étincelle accablée d’une humaine
Clameur au rythme lent, sous un chant contrefait.
Quel soleil m'a porté sur cette braise froide ?
Illustration : photo Philip – les Aubes bleues, Edimburgh, Ecosse
Illustration musicale : Adagio de Barber pour quatuor à corde
https://www.youtube.com/watch?v=lKrxPTePXEQ
19 commentaires
Rêveuse · le lundi 20 novembre 2017 à 22:57
Je suis sous le coup de l'émotion après avoir lu votre superbe poème, en écoutant l'adagio de Barber
Des vers très forts qui laissent à voir une âme désemparée... certains rêves peuvent être terriblement douloureux!
"la braise froide" .... magnifique oxymore!
merci à vous et bonne soirée avec mon amitié
Rêveuse · le lundi 20 novembre 2017 à 23:06
Merci!
Aurorefloreale · le mardi 21 novembre 2017 à 10:19
S'éteint un jour le feu ardent
Et décline le jour fervent,
S'entendent encore les serments
Dits par de tristes amants
Quand l'âme sœur se tait
Le cœur est écorché
Et disparait de la vue l'été,
Se glace le sang
Les frimas se ressentent
Et nous fon descendre
La montagne vers les enfers
Enfermés dans la rue terre,
Demain est autre jour
qui répand aux alentours son amour!
Courage encore , la vie déborde!
taia · le mardi 21 novembre 2017 à 10:37
Quoi dire? J'ai peur de ne pas faire une gaffe, avec des commentaires inappropriés. J'aime tous vos poèmes et en plus, votre manière de les mettre en place et puis, vous proposez un fond musical délicieux, qu'autrement je ne l'aurais plus écouté, en me résumant, par commodité, aux musiques plus consommées. Merci pour votre partage, merci pour exister sur ces pages aussi que dans votre vie si riche . Amitiés,
taïa
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 21 novembre 2017 à 12:53
Merci pour ce si gentil commentaire.
Alors, je vais te dire ce qui a présidé au style de ce poème.
Très souvent, pour me « mettre en condition » je prends dans ma bibliothèque, un peu au hasard, ou parfois pas du tout, mes chers livres de poésie.
Quand j’ai écrit ce poème, je venais de feuilleter Lamartine puis Victor Hugo.
Les émotions confondues de ces grandes plumes étant bien ancrées en moi, je me suis mis à écrire. Cela explique ce mélange de romantisme et d’âpreté un peu forte (je ne peux parler de « force » pour de qui est de mes vers, après un génie littéraire comme Hugo, n’est-ce-pas ?).
Ah, la braise froide !! Ah, ah...oui, le type même de l'oxumore. Eh, cela compense le pléonasme du début : "la neige froide" !
Non, l’adagio est bien celui de Barber et non d’Albinoni. J’ai hésité à mettre Albinoni. Ce sera pour une autre fois.
Avec toute mon amitié, Rêveuse. Belle journée à toi. Philip
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 21 novembre 2017 à 12:59
Merci d'avoir de nouveau aimé cette poésie, Taia.
Ah, ne te pose donc pas la question si tes commentaires sont appropriés ou pas appropriés. Un jour, une amie poétesse m'avais écrit, à l'inverse de tous les autres commentateurs, qu'elle n'avait pas senti d'émotion, cette fois, dans mes vers....et elle avait raison !
Le partage, c'est spontané pour moi. La vie "riche", j'ai cette chance incroyable.
La musique : j'en suis passionné : du rock au jazz à la musique classique.
Le choix de musique qui accompagne un poème est un exercice très plaisant.
Un morceau faisant partie des archi-classiques peut prendre un autre visage musical dans un autre contexte.
Mes poèmes : quand je peux il y a une sorte de mise en scène dans les mots qui jouent souvent sur l'émotion.
Voilà, chère Taia, je ne peux que te remercier de nouveau pour tes si gentils compliments. Amitiés, Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 21 novembre 2017 à 18:46
Bonsoir Chantal.
Un poème en écho à mes vers. Un peu similaire dans l'esprit. Eh bien je te remercie infiniment pour ces moments que tu as donnés afin de donner cet écho.
Cependant une précision. Ici, dans mon poème, purement imaginaire à la double inspiration que j'explique plus haut, l'on n'est pas le cadre que tu as si romantiquement décrit.
Ici, point de despérance, de serments, d'âmes soeurs, d'enfermement, de coeurs qui saignent et d'amants, "en vrai". Cela ne reflète nullement mon vécu. C'est juste un poème avec la marque imaginative de ce spleen que j'aime tant chez mes maîtres en poésie.
Bonne soirée à toi Chantal. Et amitiés.
Philip
domidom · le mardi 21 novembre 2017 à 20:43
Je t'avais laissé un com, j'étais même la deuxième, et ouf, je m'aperçois qu'il a disparu, une fois de plus, je ne devais plus être connectée....
Ça m'agace un peu cette histoire, j'attends que Patricia vienne à la maison, afin qu'elle regarde ce qu'elle peut faire pour que je ne sois pas déconnectée tous les dix minutes, c'est un peu lassant....
je ne sais plus ce que je t'avais dit, mais bon, je te dirais simplement que ce poème est superbe...
J'ai adoré...
Gros bisous et bon voyage à vous deux....Domie
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 22 novembre 2017 à 05:57
Bonjour Domie.
Oh la la, moi j'écris très souvent mes commentaires (surtout qu'ils sont longs) en traitement de texte ailleurs pour pouvoir les retrouver, quand le com' a disparu. Grrrr, c'est rageant quand il faut recommencer.
Bon ben je retiens donc que tu as aimé mon poème, alors; c'est l'essentiel. Hhhhh ! Gros bisous à toi, Domie. Philip.
Isabelle · le mercredi 22 novembre 2017 à 07:01
Très beau poème qui émeut, parce que, parfois les écrits nous parlent!
La photo est jolie avec ce ciel coloré, elle nous met dans l'ambiance de tes mots...Bravo
Merci de ce beau partage
Belle journée
Amitiés
Isabelle :-)
Susan (Coquelicot ) · le mercredi 22 novembre 2017 à 14:34
J’adore la photo que tu as choisie !
Merci et bravo pour ce partage.
Bisous. Susan
Martine · le mercredi 22 novembre 2017 à 21:37
Merci de nous faire partager ce moment d'émotion.Toute mon Amitié. Martine.
Philip (Jardin de Lune° · le jeudi 23 novembre 2017 à 07:35
Merci d'avoir aimé ce nouveau poème, Isabelle. L'émotion poétique a parfois ce petit côté universel. Un poème, cette forme d'écriture si particulière, masi qui peut parler de tout, n'est-elle que suite de mots, comme n'importe quel écrit ?
Ce peut-être aussi musique et couleur.
D'où l'émotion. La photo ? L'aube sous les toits d'Edimburg. J'ai travaillé "artistiquement" (!!!) les couleurs, mais la photo au naturel était très belle aussi.
Belle journée à toi, Isabelle. Philip.
Pour SUSAN :
Pour la photo, j'ai donné l'explication ci-dessus. Une photo peut avoir plusieurs vie, quand on y rajoute une touche plus "artistique".
Tu n'a pas parlé du poème, hhhhh ! Mais en évoquant le "spleen", que souligne le choix de la musique, tu donnes ainsi sa tonalité. Bisous. Philip.
Pour MARTINE :
Mille mercis, Martine, d'être revenue me voir et d'avoir de nouveau aimé ces quelques vers. Euh "immense talent", je ne pense pas. Grande sensibilité poétique, ça irait mieux, hhhhh !
Le goût de la perfection : oui, mais paradoxalement, sur un plan technique, mes poèmes sont loin d'être parfait, car cela a moins d'importance pour moi.
Par contre j'ai le goût de l'harmonie, et quand j'en ai le temps, j'essaie de soigner le triptyque poème-musique-photographie. Amitiés et belle journée à toi. Philip.
Micheline 1940 · le dimanche 26 novembre 2017 à 06:05
Bien amicalement,
Micheline.
Loïc · le mardi 28 novembre 2017 à 22:30
Du coup, je dirais que ce poème-ci (forcément, il est plus long) éclaircit le rapport établi plus mystérieusement par le poème précédent. Ici, on comprend bien que non seulement l'aube met fin au rêve, mais qu'elle le remplace par quelque chose de décevant malgré une splendeur objective.
Alors, pour ne pas en rester là, je te mets mon poème "Les Chaises Usées", qui parlait également de la froideur (tous types) du matin.
"LES CHAISES USÉES
Si le réveil est dur, si l’avenir s’éloigne,
Si le mouchoir serrant les rêves s’est perdu,
Dérobé dans la nuit par le temps et sa poigne
Qui savent infiltrer ce carré défendu,
Si les croissants n’ont plus leur saveur de l’enfance,
Si le chemin est long de l’aube jusqu’au soir,
Si les chants de l’extase ont fait place au silence
Laissant à un écran l’ultime défouloir,
Si le monde est en feu, si la vie n’est pas drôle,
Tout n’ira pas toujours de drames en travers ;
Des lunes et soleils veillent à tour de rôle
Sur une bille bleue roulant dans l’univers,
Car devant les cafés où un serveur bâillant
Sort les chaises usées qui soutiendront la ville,
Un nouveau matin naît, qu’il soit terne ou brillant
Comme une absolution pour le temps qui défile ;
Et parmi tous les bus encore à moitié vides
Qui naviguent les flots d’un fleuve artificiel,
Certains s’évaderont pour enjamber, avides,
Les monts ébouriffés sous leur chapeau de ciel. "
Et vive les matins, même pourris, même les lundis !!
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 29 novembre 2017 à 07:48
Ah chère Micheline, vous m'avez amusé par votre commentaire : "...couvert de gloire par des poétesses affamées de mes vers !!!". Ne pensez-vous pas que vous forcez un peu le trait ? (sourire).
Mais c'est si gentil. Il est vrai que vous pointez l'émotionnel poétique : la beauté émeut.
Merci d'avoir aimé ces vers, une fois de plus. Avec toute mon amitié, Micheline. A très bientôt. Philip
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 29 novembre 2017 à 09:00
Hello, Loïc,
Oui, tu as raison, il y a un ricochet de l’aube sur mes dernières poésies.
Ah, tu sais bien que l’aube fait partie de mes récurrences lexicales.
Avec d’autres mots.
Et, si l’imagination ne se renouvelle pas, avec « les frimas de la froide saisons que blanchiront les aubes de leurs voiles givrés…. » (!!!!!!!) l’hiver va venir et que mes futurs poèmes soient atmosphériques ou non, il me faudra être très vigilant sur les « brumes » et autres fantomatiques vocabulaires !
Bon soyons sérieux. Oui, je ne suis pas mécontent de mes braises froides (mais l’oxymore est un peu facile et tape à l’œil).
Bien sûr que les matins - donc le retour à la réalité – sont souvent décevants.
Mais si l’on met les rêves de côté, en se disant que ce n’était que des rêves, le jour naissant n’a pas de raison d’être systématiquement décevant.
Venons-en au morceau le plus intéressant de ton com’ : le bonus, et quel bonus, de tes « Chaises usées ». Tiens, sans être repassé sur ton site, je crois avoir en mémoire ton illustration. J’irai vérifier.
Un plaisir de le relire.
Un froideur et un réveil difficile un peu différent, quoique !
Ah j’adore en intro le « si l’avenir s’éloigne… »….. forcément ! Puisque l’on pense – même si l’on se projette vers le futur (non, non, je ne te ferai pas le coup des « lendemains retrouvés » !!!), toujours : ici, et maintenant.
Bon, je vais repasser sur ton poème pour voir si je ne me suis pas trompé sur ton choix d’illustration. A bientôt. Philip.
Miles · le mercredi 29 novembre 2017 à 20:55
J'aime !
Amicalement, miles
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 30 novembre 2017 à 06:40
Merci à toi, Miles, d'avoir de nouveau aimé ce poème.
J'aime adapter une musique qui parle en écho au vers.
A très bientôt...pour un nouveau poème...de toi !!!
Amitiés. Philip
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.