Aux ors compatissants

(Repost de 2012)
Aux ors compatissants, aux ombres de la nuit,
Quand leurs éclats fatals aveuglent nos destins,
Pour sangloter sans fin au souffle de l’ennui,
Je m’incline en raillant comme un pieu philistin.
A ces lingots dorés qui vrillent nos orgueils,
Assombrissent le cœur à ne plus espérer,
Pour combler de regrets comme des noirs linceuls
Ces illustres menteurs, je vais m’inféoder.
Quand il faut s’abhorrer en reniant les honneurs
Et que les paladins tissent leurs fils d’ennui,
J’irai ployer mon corps aux pommeaux de l’horreur
Pour ceux, compatissants, qui partagent mes fruits.
Et nous irons vainqueurs et grisés d’espérance,
Par-delà l’horizon au fin regard matois,
Quand les tyrans ventrus et sans ordonnance,
Irons croupir céans, aux portes de l’effroi.
(Cervantès faisait dire à Don Quichotte : "Des hommes, les uns sont d'or, les autres n'en ont que l'apparence.")
Aux ors compatissants, aux ombres de la nuit,
Quand leurs éclats fatals aveuglent nos destins,
Pour sangloter sans fin au souffle de l’ennui,
Je m’incline en raillant comme un pieu philistin.
A ces lingots dorés qui vrillent nos orgueils,
Assombrissent le cœur à ne plus espérer,
Pour combler de regrets comme des noirs linceuls
Ces illustres menteurs, je vais m’inféoder.
Quand il faut s’abhorrer en reniant les honneurs
Et que les paladins tissent leurs fils d’ennui,
J’irai ployer mon corps aux pommeaux de l’horreur
Pour ceux, compatissants, qui partagent mes fruits.
Et nous irons vainqueurs et grisés d’espérance,
Par-delà l’horizon au fin regard matois,
Quand les tyrans ventrus et sans ordonnance,
Irons croupir céans, aux portes de l’effroi.
(Cervantès faisait dire à Don Quichotte : "Des hommes, les uns sont d'or, les autres n'en ont que l'apparence.")
9 commentaires
Rêveuse · le mercredi 28 février 2018 à 08:59
Tu as l'art de manier les contrastes, les formules qui nous poussent à la réflexion et nous saisissent d'images puissantes !!!!!!
Un grand merci pour ces "ors compatissants"!!!!!!!!!!
et cette belle formule de Cervantés,
je dirai que "tout ce qui brille n'est pas d'or" et qu'à l'apparence je préfère rester "moi-même" et laisser les "tyrans ventrus"!!!! (sourires)....à leurs effrois!
merci à toi et belle journée dans les "jardins de lune" avec mon amitié argentée!
Debbie · le mercredi 28 février 2018 à 09:56
Belle journée
Amitié poétique
Debbie http://www.mespoemes.net/debbie/
La Mouche Nounouche · le mercredi 28 février 2018 à 10:33
taia · le mercredi 28 février 2018 à 14:05
http://www.yves.brette.biz/public/photo/Jo_Parise_splendeur_et_misere_des_courtisanes.jpg
mariepaule · le mercredi 28 février 2018 à 15:01
Malheureusement l'apparencte prime encore très foit de nos jours.
C'est un écrit qui a déjà 6 ans et pourtant, il n'a pas prit une seule ride
Pronfondeurs et tristesse se mêlent en harmonie
Une belle lecture poètique
Bisous Philip
Marie
Mickaël · le mercredi 28 février 2018 à 20:35
Bonne soirée à toi Philip, Amitiés Mickaël.
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 1 mars 2018 à 06:48
Merci pour tes compliments, Rêveuse.
J'ai sans doute pris l'habitude des contrastes en me focalisant avec mes groupes nominaux insolites, consistant à accoler à un nom un adjectif qui ne le caractérise pas forcément. Pour le reste, ce poème n'était pas vraiment au départ un écrit sur la futilité du "tout ce qui brille...", mais une fois de plus avait pour origine un titre insolite griffonné sur un bout de papier "ors compatissants". Il ne restait plus que de faire avec ! Amitiés et belle journée. Philip
Pour DEBBIE :
Bonjour Debbie. Merci à toi aussi pour le compliment. Les vers t'ont paru mélodieux ? Tu commences à connaître maintenant, je pense, mon intérêt pour la musique des mots.
En fait, je dois t'avouer qu'en écrivant ce poème je n'avais pas particulièrement pensé aux contrastes que tu évoques, à la tonalité de l'écrit.
Mais après tout, un poème destiné à l'autre, ne devient plus tout à fait notre propriété n'est-ce pas. Amitiés et belle journée, Debbie. Philip
Pour YVES (La Mouche) :
Bonjour Yves. Comme tu l’auras sans doute lu, dans les deux réponses qui précède, après avoir trouvé un titre (sans idée), je ne pensais pas forcément écrire un texte rebelle. Mais comme c’est mon point de vue sur l’usage de la richesse et la stupidité, voire la vilenie qu’elle entraine, cet écrit est en effet, sous des atours un peu passéistes dans l’écriture, un texte rebelle.
Amitiés et bonne journée à toi, Yves. Philip
Pour TAIA :
Bonjour Taia. Tu as tout a fait résumé ce qui ressort à la finale de mon écrit.
Et comme tu le souligne, en terme de quotidienneté, tout ce que je décris, en termes d’état d’esprit, cela se passe Ici et Maintenant. Et ce n’est pas prêt de changer, hélas. Belle journée à toi. Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Coucou Marie. Pourquoi cela changerait-il ? (Hélas, dirais-je !)
C’est le reflet d’une société individualiste, souvent arriviste. Mais ça, c’est pour ceux qui vénère ce que l’on appelle « l’argent-toi ».
Il n’est pas interdit d’avoir de l’argent, c’est respectable, mais quand il engendre des sentiments de supériorité et que le sentiment s’estompe, ce n’est pas bon.
Banalité que sont mes propos, mais réalistes. Belle journée, Marie. Bisous. Philip
Pour MICKAEL :
Bonjour, Mick. Bien sûr ce texte poétique entraine des questions.
Où sont nos essentiels. L’essentiel c’est déjà vivre. Le mieux possible, dans tous les sens du terme. Apprécier chaque seconde. Ne pas en demander trop. Juste se donner le droit de rêver. Et rêver « sans or » c’est ce qu’il y a de mieux. Amitiés et belle journée à toi, Yves. Philip.
susanchevalier · le jeudi 1 mars 2018 à 06:56
Quand je pense à ces malheureux qui sont en train de mourir de froid et à ces autres personnes qui ne savent plus quoi faire de leur argent…
Ils pourraient donner à ces gens qui sont dans la souffrance, mais hélas, ces riches ne connaissent pas le partage !!!
Par contre, sans problème ils savent profiter des gens en détresse …
Merci pour ce beau partage , il y a tellement à dire ….
Bisous. Susan
http://www.mespoemes.net/susanchevalier
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 1 mars 2018 à 07:11
Mais le froid de tous ces misérables (dans le sens où Victor Hugo l'entendait, qui en meurt, est glacial dans leur chair....et dans leur cœur.
L'or ? Ils n'y pensent même pas. Ou alors, leur or, c'est juste l'espoir d'un lit chaud et d'un bol de soupe. Ou plus, d'un regard et d'un sourire ou la compassion est réelle.
Bisous. Philip
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