L'enfant qui brûlait ses cerfs-volant (repost)

Le hasard a forgé dans les plis de son rêve,
Le parfum palpitant des tous premiers instants
Où l’aube se méprend et vient rompre la trêve,
S’empare d’un frisson aux contours éclatants.
L’enfant n’est déjà plus cet ange qui sommeille,
La caresse du jour a brouillé sa douleur.
Et quand le souvenir murmure à son oreille,
Comme un sot confident, son cri dominateur,
Ses regrets obligeants, une étrange musique
Abrège son tourment qui bien soudainement
Efface sa pâleur et sa Foi amnésique,
D’un souffle langoureux qui meurt fiévreusement.
Un soleil affaibli qui dessine les doutes,
Reflète dans ses yeux les rythmes grelottants
Des premiers chants d’hiver, des caresses absoutes
Qu’il n’a jamais connu aux tous premiers instants.
Alors, son cri muet qui sonne comme un lâche
Abandon de l’espoir, fait ployer la grandeur
Des géants sans honneur, et sous ses plaies se cache
Un sombre apaisement maquillé de pudeur.
Quand bientôt l’âpre éclat de la grève incertaine,
Ira mourir enfin comme des courtisanes
A l’impassible amour, à la chair inhumaine,
L’enfant blessé et fier, sous de pauvres arcanes,
Reprendra le chemin de ses pauvres chimères.
Ses vaisseaux de papier qui défiaient l’horizon,
Rejoindront le néant sous les flammes légères,
Qu’un cœur bien trop brutal brûlait comme un poison.
......................................................................
On a tous dans le cœur, un peu de sang séché,
Une larme oubliée.
Illustration musicale : Debussy (extraits Children's corner)
https://www.youtube.com/watch?v=5ibCFzF5djk
Le parfum palpitant des tous premiers instants
Où l’aube se méprend et vient rompre la trêve,
S’empare d’un frisson aux contours éclatants.
L’enfant n’est déjà plus cet ange qui sommeille,
La caresse du jour a brouillé sa douleur.
Et quand le souvenir murmure à son oreille,
Comme un sot confident, son cri dominateur,
Ses regrets obligeants, une étrange musique
Abrège son tourment qui bien soudainement
Efface sa pâleur et sa Foi amnésique,
D’un souffle langoureux qui meurt fiévreusement.
Un soleil affaibli qui dessine les doutes,
Reflète dans ses yeux les rythmes grelottants
Des premiers chants d’hiver, des caresses absoutes
Qu’il n’a jamais connu aux tous premiers instants.
Alors, son cri muet qui sonne comme un lâche
Abandon de l’espoir, fait ployer la grandeur
Des géants sans honneur, et sous ses plaies se cache
Un sombre apaisement maquillé de pudeur.
Quand bientôt l’âpre éclat de la grève incertaine,
Ira mourir enfin comme des courtisanes
A l’impassible amour, à la chair inhumaine,
L’enfant blessé et fier, sous de pauvres arcanes,
Reprendra le chemin de ses pauvres chimères.
Ses vaisseaux de papier qui défiaient l’horizon,
Rejoindront le néant sous les flammes légères,
Qu’un cœur bien trop brutal brûlait comme un poison.
......................................................................
On a tous dans le cœur, un peu de sang séché,
Une larme oubliée.
Illustration musicale : Debussy (extraits Children's corner)
https://www.youtube.com/watch?v=5ibCFzF5djk
11 commentaires
debbie · le mardi 8 mai 2018 à 08:57
Une larme oubliée." Cette pensée touche vraiment profondément.... A ce moment là on se joint à tous les mots de ce poème et on s'y reconnait. Merci de ce beau partage.
Belle journée ensoleillée à toi Philip
Amitié
Debbie
scorpionne · le mardi 8 mai 2018 à 09:28
A travers les métaphores utilisées, je sens un enfant qui souffre, un enfant devenu adulte dont les blessures se rouvrent de temps à autre. Un poème qui m'a émue.
Belle journée à toi Philip.
Amitiés,
Jocelyne
Rêveuse · le mardi 8 mai 2018 à 14:22
Un poème que j'ai vivement apprécié,
des alexandrins qui ont un rythme
qui nous emporte en son sillage, sur les traces de l'enfant aux cerfs volants ...
Comme une ellipse qui va de l'enfant à l'adulte et revient à l'enfant....
"On a tous dans le cœur, un peu de sang séché,
Une larme oubliée."
La musique accompagne bien l'enfant courant après des "vaisseaux de papier"
superbe lecture, merci et belle journée à toi
amitiés
belespoirs · le mardi 8 mai 2018 à 21:08
je suis très émue à la lecture de ton magnifique poème, comme Rêveuse et Debbie j'aime beaucoup "On a tous dans le cœur, un peu de sang séché,
Une larme oubliée."
Et oui c'est bien vrai on à tous une larme qui glisse sur nos blessures un jour ou l'autre merci pour ce beau partage c'est toujours un plaisir de te lire amitiés
mariepaule · le mardi 8 mai 2018 à 22:41
Je viens de lire ton poème
Si, cette larme séché, pouvait s'humidifiée et s'en aller, loin, l'enfant devenue adulte pourrait panser ses blessures...
Bisous Philip
Om
Marie
susan* Coquelicot * · le mercredi 9 mai 2018 à 08:07
J’aime beaucoup le titre, il dégage de l’émotion …
* L’enfant qui brûlait ses cerfs-volants …*
Celui d’un enfant qui a souffert et dont les blessures s’ouvrent …
Les moments de notre enfance qu’ils soient bons ou moins bons, s’ouvrent devant les scènes de la vie quotidienne…
*Un soleil affaibli qui dessine les doutes,
Reflète dans ses yeux les rythmes grelottants
Des premiers chants d’hiver, des caresses absoutes
Qu’il n’a jamais connu aux tous premiers instants…*
Ces vers sont très beaux et je crois, qu’ils parlent de ton enfance avec beaucoup de pudeur !
Je sais que tu adores les cerfs-volants, tu t’arrêtes toujours pour les admirer …
Ils sont colorés et vont la haut dans le ciel et parfois vers les nuages !!!
Merci pour ce joli poème
Bisous
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 9 mai 2018 à 08:41
Vous avez été nombreuse à souligner l'intensité et l'émotion des dernier vers, orphelins, "On a tous dans le cœur un peu de sang séché, une larme oubliée".
Ce sont des vers, souvent récurrent pour clore certains de mes poèmes, pour rappeler que chacun de nous porte en lui, comme une cicatrice (parfois légère) le souvenir de tristesses vécues.
Pour JOCELYNE :
L'idée de cep poème m'est venue sur la plage de Berk sur Mer (dans le Pas de Calais) en regardant les prémices du festival du cerf-volant.
Les enfants étaient joyeux en manipulant, plein de rêve, leurs oiseaux de papier. "Et si derrière ces rires, il y avait aussi de la souffrance, comme peut l'être celle de certaines enfances ?" me suis-je dit ?
Amitiés et belle journée. Philip
Pour DEBBIE :
Oui tu as raison, à la moitié du poème il y a un changement, perceptible...et marqué par le "alors..." qui débute le quatrain.
Mais la dernière partie du poème n'est pas fondamentalement "rédemptrice" dans un retournement émotionnel.
Je me suis expliqué plus haut sur les deux derniers vers orphelins et conclusifs de mon poème.
Amitiés et belle journée.
Pour REVEUSE :
Bonjour Rêveuse.
Outre le rythme, que je voulais soigner pour parfaire l'émotion nécessaire, oui, le déroulé du poème est un aller-retour enfant-adulte-enfant.
Ne jamais perdre son âme d'enfant et en garder les réminiscences me parait important. Merci d'avoir aimé ces vers. Amitiés et belle journée. Philip.
Pour BELESPOIRS :
Oh bonjour mon amie, heureux de te revoir et de ton amicale visite !
Comme les autre amies, tu as été particulièrement touchée par les derniers vers conclusifs de mon poème. J'en ai donné l'explication au début de mes commentaires.
C'est peut-être en effet l'essentiel du message, et très réaliste. Merci d'avoir été sensible à l'émotion que je voulais donner à ces vers.
Amitiés et belle journée à toi. Philip.
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Encore ces derniers vers que, toi aussi, tu as considéré comme essentiel à la lecture émotionnelle des mots qui les précèdent.
C'est en effet, comme je l'ai dit, l'essentiel du message.
Merci d'avoir aimé, Marie.
Belle journée à toi et amitiés. Philip
Pour SUSAN :
Ah, toi par contre, c'est le titre du poème qui t'a interpelé. Bien.
Car c'est important, c'est comme un geste de rage, celui de vouloir détruire des symboles de l'enfance pour effacer l'enfance d'un seul trait et certains souvenirs qui s'y attachent.
Oui, je suis comme un enfant devant le spectacle des cerfs-volants. Et ils me permettent de lever les yeux au ciel et de contempler...."les nuages, qui passent là-bas, les merveilleux nuages..." (comme dirait Baudelaire dans le Spleen de Paris).
Bisous. Philip.
Mickaël · le mercredi 9 mai 2018 à 11:55
Merci pour ce très beau partage.
Belle journée à toi Philip. Michaël
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 9 mai 2018 à 13:47
Merci d'être passé me lire et d'avoir aimé ce poème, Mickaël.
Tu as parfaitement compris le sens de ces mots.
Je te souhaite une belle journée, Mickaël. Et pense à écrire et à poster ce nouveaux poèmes, si tu as le temps.
Amitiés. Philip.
milesscots · le samedi 12 mai 2018 à 22:20
Portez vous bien !
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 14 mai 2018 à 06:46
Bonjoir Miles, merci encore de venir régulièrement me lire et d'apprécier ma poésie.
Bien sûr ce poème engendre de l'émotion. Il y a sans doute, dans chaque mot, la part intime de mélancolie, voire de souffrance que chaque enfant devenu adulte plus tard, porte en lui, pour mille raisons que ce soit.
Amitiés, Miles. Prends soin de toi.
Philip.
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