L'étrange mémoire du fou

D’aberrantes comètes à la fulgurance pâle
parcourent ma mémoire…..
J’ai traversé un soir, des jardins de roses noires,
Testament infini d’un archange inconnu ;
L’été était lourd et les jours sans mémoires,
Et pourtant, près des lys, j’ai soudain reconnu
Les mille feux forcés des rires éternels,
Qui, comme un ogre sourd, avalent nos ivresses
Et soudain s’apitoient de rires solennels.
Les fièvres sidérales sont d’étranges diablesses.
Pouvais-je résister à l’éclat des chimères,
Un peu chastes, un peu lasses,
Qui parcourt l’horizon de ses lois singulières,
Enchaine la raison dans d’absurdes crevasses ?
Et toujours, marcheur naïf sur des sentiers sans gloire,
Mes yeux scruteront l’éclat sans voix des astres,
Pour trouver, outre monde, la trajectoire
D’orbites vides où les désastres
Des jours si lents affichent en vain
Un impassible sursaut qui promène sur nos veines,
L’aveu toujours cruel du hasard incertain.
Combien de couronnes fanées ornent le cœur des reines ?
………………………………………….
Dans mon cerveau bousculé, des comètes au cœur d’opale
Chahutent ma mémoire
(Le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison)
Illustration : photo Philip (paysage à l’aube – North Carolina)
Illustration musicale : Holtz – « Planètes »
https://www.youtube.com/watch?v=EE6_PacCnRw
parcourent ma mémoire…..
J’ai traversé un soir, des jardins de roses noires,
Testament infini d’un archange inconnu ;
L’été était lourd et les jours sans mémoires,
Et pourtant, près des lys, j’ai soudain reconnu
Les mille feux forcés des rires éternels,
Qui, comme un ogre sourd, avalent nos ivresses
Et soudain s’apitoient de rires solennels.
Les fièvres sidérales sont d’étranges diablesses.
Pouvais-je résister à l’éclat des chimères,
Un peu chastes, un peu lasses,
Qui parcourt l’horizon de ses lois singulières,
Enchaine la raison dans d’absurdes crevasses ?
Et toujours, marcheur naïf sur des sentiers sans gloire,
Mes yeux scruteront l’éclat sans voix des astres,
Pour trouver, outre monde, la trajectoire
D’orbites vides où les désastres
Des jours si lents affichent en vain
Un impassible sursaut qui promène sur nos veines,
L’aveu toujours cruel du hasard incertain.
Combien de couronnes fanées ornent le cœur des reines ?
………………………………………….
Dans mon cerveau bousculé, des comètes au cœur d’opale
Chahutent ma mémoire
(Le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison)
Illustration : photo Philip (paysage à l’aube – North Carolina)
Illustration musicale : Holtz – « Planètes »
https://www.youtube.com/watch?v=EE6_PacCnRw
17 commentaires
worrell02 · le lundi 14 mai 2018 à 08:11
Il fallait être fou pour écrire un tel texte. Smile ! Je l'imagine déclamé sur une grande scène de théâtre.
Bonne journée poétiquement folle.
Bisous, Ivy
debbie · le lundi 14 mai 2018 à 09:35
Belle journée Philip
Amitié
Debbie
Rêveuse · le lundi 14 mai 2018 à 10:11
Quel poème dont on ne sort pas "indemne"
Une envolée dans les mystères et les profondeurs des mondes "insondables"
de l' "au delà" ...une ivresse, comme une perte de la raison en effet
Chaque société a eu ses "fous"...j'ai tendance à penser que peut être ils disent à leur façon la "vérité"!
un très grand merci , je reviendrai te lire
bonne journée et amitiés
scorpionne · le lundi 14 mai 2018 à 11:55
Tu nous emmènes avec toi dans cette douce folie, dans un monde à la fois obscur, secret et poétique.
Beau lundi à toi !
Bien amicalement,
Jocelyne
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 14 mai 2018 à 13:39
Merci les amis ! Je trouvais non pas "fou" mais un peu "désordre".
Mais après tout à la relecture (j'ai mis le thème du fou à la dernière minute),
le thème va bien avec le délire enfiévré d'un fou !
Amitiés et bonne journée à tous et à toutes. Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 14 mai 2018 à 14:05
Euh, pas forcément, fou. Juste un peu d'imagination.
Oui, le déclamer. Ce sont des choses que j'aime déclamer en effet, la théâtralisation de la voix est un élément qui démultiplie la force émotionnelle d'un poème.
Mais je ne sais pas si j'aurai du public !
Kissous. Philip
Pour REVEUSE :
Oh, faut pas exagérer mon ami ! C'est juste pour s'amuser. Ces vers un peu loufoques autant que faussement mystérieux et fantastiques sont là kuste pour l'amusement.
Mais il est vrai que le titre du poème apporte au passage un regard aussi tendre que fait de compassion pour ceux que l'on appelle "les fous".
Bel après midi à toi, et amitiés sincères. Philip
Pour DEBBIE :
Ne sombre pas toi aussi dans des affres pétries de peur et d'angoisse (sourire !).
Ce n'était d'ailleurs pas le but du poème. Ce n'était pas ici, une folie mystique ou psychotique...mais plutôt une folie douce.
La profondeur psychologique ? On pourrait l'imaginer en pensant que cette fiction poétique serait celle d'un vrai fou qui, comme je le dis dans les derniers vers, n'est pas si fou que ça.
Le poème aurait alors quelque sens caché. Mais, bien franchement, je peux te dire que ce n'est pas le cas.
Amitiés. Philip
Pour JOCELYNE :
Ah tu as le chic pour résumer en quelques mots l'esprit d'un poème (les tiens et ceux des autres) : oui c'est ça obscur secret et poétique.
Merci pour ton ressenti et ta perspicacité. Amitiés. Philip.
debbie · le lundi 14 mai 2018 à 16:01
Bel après midi
Amitié
Debbie
mariepaule · le lundi 14 mai 2018 à 16:49
C'est la misère, tout mon commentaire s'est envolé, peut-être que cet archange qui est dans le sombre, me l'a effacé...
J'aime l'étrange du premier huitain, c'est mystérieux, inquiétant mais aussi, il nous fait aller vers un autre monde..
Le deuxième huitain, j'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose, je ne l'ai pas ressenti....
Ta citation est belle
mariepaule · le lundi 14 mai 2018 à 16:51
Bisous
Om
Marie
hameau64blanc · le lundi 14 mai 2018 à 19:46
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 15 mai 2018 à 14:05
Merci pour ton appréciation, Michèle.
Ton commentaire bien sympathique me fait réfléchir. J'avais écris ce poème, sans trop savoir où j'allais, ni même son thème principal. Quelque chose un peu onirique, un peu fantastique...et à la finale, un peu fou. Et à la relecture, en effet, comme tu le soulignes, il y a ce que tu appelles "de la profondeur d'âme".
Merci. Amitiés. Pgilip
Pour MARIE :
Coucou Marie. Comme tu as pu le lire, dans mes explications qui précède, on peut imaginer juste un petit délire du rêveur. Le poème ne se veut pas sombre. Le deuxième huitain est différents, mais je ne sais s'il manque quelque chose. L'ensemble de ce poème reflète des "impressions" issues du cerveau d'un rêveur qui ose la douce folie.
Bisous, Marie. Philip
Pour DEBBIE :
Est-ce que je détiens la vérité du sens de ce poèmes ? Pas sûr, puisque comme je viens de l'expliquer, ce sont juste des impressions, des...."couleurs poétiques" comme la touche du pinceau d'un peintre impressionnisme. Je n'ai paps d'autre point de vue à te donner.
Mais tu as bien entendu raison, le lecteur s'appropriant avec son feeling instantané les vers qu'il lit, ces vers ont alors plusieurs propriétaires qui voient "l'objet poétique" différemment.
C'est ça qui est d'un grand intérêt dans la poésie. Chouette !
Amitiés et bel après-midi, Debbie.
Philip.
micheline1940 · le mercredi 16 mai 2018 à 03:51
Bien amicalement, cher Philip, comme avec toute mon amitié.
Micheline.
susan* Coquelicot * · le mercredi 16 mai 2018 à 07:28
Ton poème nous parle d’une belle soirée d’été offerte par* Dame lune*lorsque celle-ci s’éveille pour éclairer le paysage …
Les jolies roses ont pris la couleur du ciel et le *marcheur, penseur* admire le ciel, les étoiles en rêvassant !
Ces instants sublimes de la nuit, nous entrainent souvent vers d’étranges légendes …
Un peu comme un enfant seul dans la nuit qui invente des histoires !!
Merci Philip pour cet agréable lecture, j’ai moi aussi aimé ta poésie, la photo et la musique aussi.
Belle journée à toi …
Ce matin nous avons du soleil et c’est bien agréable !!!
Bisous.
Susan
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 17 mai 2018 à 08:16
Merci d'être passé me lire, bien chère Micheline. Baroque, un peu surréaliste, un peu fantastique ..... oui, parfois (dans l'écriture, cela s'entend).
Venise ! En costume d'époque. J'ai eu le joie d'y aller plusieurs fois....mais en habit de touriste (avec ce qu'il faut d'élégance, quand même !).
Bien sûr que mon poème n'a rien de pessimiste ! Belle journée à vous, avec ma fidèle amitié. Philip
Pour SUSAN :
Je ne sais ce qu'évoquait vraiment ce poème, quand, toujours à partir de cette improvisation écrite sur un bout de papier (et qui est devenue le premier vers) je me suis lancé dans son écriture.
Mais ce qui est sûr, c'est que cela pouvait être très bien une histoire inventée par un enfant seul dans la nuit.
Nullement un cauchemar, juste un instant de folie légère fabriquée.
Bisous. Philip.
Isabelle · le vendredi 18 mai 2018 à 09:25
J'ai aimé ce poème, il laisse notre imagination voyager, je le perçois un peu comme Susan...Le poète est un éternel rêveur surtout le soir! En voyant la photo et en écoutant la musique tu as surement imaginé ce poème le regard vers le ciel, ce monde est tellement fascinant et inspirant...qu'il nous emmène dans la mémoire non pas d'un fou mais d'une belle âme!
Bravo pour ce beau partage
Belle journée & Bonne fin de semaine
Amitiés
Isabelle :-)
mespoemes.net/bluegirl · le samedi 19 mai 2018 à 12:07
J'ai surtout aimé la dernière strophe.
Merci pour tes souhaits.
Meilleurs vœux à toi aussi, bises.
Lola.
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 3 juin 2018 à 08:34
Pour ISABELLE :
Le ciel, je le regarde toujours, et le photographie souvent (plus particulièrement aube et crépuscule).
Non, bien sûr, l'usage du mot "fou" dans le titre du poème, n'était là juste que pour quasi-justifier cet assemblage de mots un peu hétéroclites aux travers de mes vers.
C'est ça "laisser voyager l'imagination" chez les poètes.
Amitiés, Isabelle, et à bientôt. Philip
Pour LOLA (Bluegirl) :
Bonjour Lola.
Ah, encore un poème avec un fond pas forcément joyeux (c'est l'alibi de la "folie douce" développée dans ce poème. Désarroi et désinvolture ????
Bah, dans nos écritures, à nous autres poètes amateurs (et pareil pour les grands maîtres de la poésie), il y a toujours une interprétation psychanalytique possible.
Mais, comme je l'ai expliqué dans tous les commentaires qui précèdent, l'idée de départ est venu des deux premières lignes qui forment préambule d'un texte dont je ne savais ce que j'allais raconter. Donc, ce fut un poème surréaliste qui, a priori, ne traduisait aucun ressenti personnel.
Prends soin de toi. Bises. Philip.
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