JEANNE (repost de 2011)

Tout fardé de rimailleries indociles,
J’allais à l’abordage de tes sottes envies.
Tes larmes de jade étaient si versatiles
Que chaque jour versé valait toute une vie.
Je t’aimais de mille souverains prétextes,
Des fusées d’argent pour assouvir tes rêves
Et mon cœur mis à nu, le plus beau des textes.
Mais ma plume est stérile, mon amour s’achève.
Tes rancœurs pugnaces, tes vaines innocences,
Irritaient mes langueurs mourantes au point du jour.
Tous ces matins semblaient blêmes survivances
D’un amour tari, aux improbables contours.
Tes baisers confondants venaient m’abalourdir,
Donnant à mon cœur de vains enfantillages;
Leur goût salé mêlé de larmes et de soupirs
Etait fourbe poison de vils maquillages.
Dois-je t’ensevelir au fond d’un puits sans fin ?
Le diable applaudirait, je lui au saurai gré.
Et dévorer ton cœur, ô funeste festin,
Pour soupirer encor de mes amours fanés.
La lassitude est une désespérante tristesse d’airain….
(Ce poème est un clin d'œil à Jeanne Duval qui fut la lumineuse maîtresse de Baudelaire., Mais elle finit par lui pourrir la vie. "Une créature qui ne m'aime pas, qui renvoie mes chats et qui introduit des chiens, parce que la vue des chiens me fait mal" disait d'elle, Baudelaire. Ou encore "J'ai des larmes de honte et de rage dans les yeux". Baudelaire finit par dire : "Jeanne est devenue un obstacle non seulement à mon bonheur, mais aussi au perfectionnement de mon esprit".)
J’allais à l’abordage de tes sottes envies.
Tes larmes de jade étaient si versatiles
Que chaque jour versé valait toute une vie.
Je t’aimais de mille souverains prétextes,
Des fusées d’argent pour assouvir tes rêves
Et mon cœur mis à nu, le plus beau des textes.
Mais ma plume est stérile, mon amour s’achève.
Tes rancœurs pugnaces, tes vaines innocences,
Irritaient mes langueurs mourantes au point du jour.
Tous ces matins semblaient blêmes survivances
D’un amour tari, aux improbables contours.
Tes baisers confondants venaient m’abalourdir,
Donnant à mon cœur de vains enfantillages;
Leur goût salé mêlé de larmes et de soupirs
Etait fourbe poison de vils maquillages.
Dois-je t’ensevelir au fond d’un puits sans fin ?
Le diable applaudirait, je lui au saurai gré.
Et dévorer ton cœur, ô funeste festin,
Pour soupirer encor de mes amours fanés.
La lassitude est une désespérante tristesse d’airain….
(Ce poème est un clin d'œil à Jeanne Duval qui fut la lumineuse maîtresse de Baudelaire., Mais elle finit par lui pourrir la vie. "Une créature qui ne m'aime pas, qui renvoie mes chats et qui introduit des chiens, parce que la vue des chiens me fait mal" disait d'elle, Baudelaire. Ou encore "J'ai des larmes de honte et de rage dans les yeux". Baudelaire finit par dire : "Jeanne est devenue un obstacle non seulement à mon bonheur, mais aussi au perfectionnement de mon esprit".)
15 commentaires
debbie · le lundi 11 février 2019 à 09:28
Bon lundi à toi Philip !
Amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 11 février 2019 à 13:33
Bonjour Debbie.
Je me suis toujours intéressé depuis longtemps, à la vie de Baudelaire en générale.
Bon, il est vrai que sa vie n'a pas été un torrent de joie. Au rang de ses passions et déconvenues amoureuses tout à la fois, il y a eu Jeanne Duval.
Elle lui a fait plus de mal que de bien.
Alors un jour, j'ai voulu relater cet épisode douloureux de sa vie.
En essayant de faire apparaître de la façon la plus réaliste qui soit, mais avec une narration poétique, cette douleur. Bien sûr ce n'est pas très joyeux, mais ça m'a permis une petite incursion historique sur la vie du grand poète.
Amitiés. Philip.
Rêveuse · le lundi 11 février 2019 à 13:51
J'aime ta capacité d'empathie et d'intérêt pour la vie de nos artistes (comme Van Gogh et d'autres)
Cela permet parfois de découvrir que les apparences sont trompeuses, et que dans les secrets de l'alcove l'amour n'est pas toujours "rose"
Qu'en était il vraiment ? En tout cas j'aime te lire et voir combien tu réussis à te "glisser" dans le cœur de Baudelaire pour dénoncer cet amour "destructeur" un rien pervers que lui portait Jeanne!
On ressent dans ta dernière strophe combien malgré tout, Baudelaire souffre profondément!
en bref, merci cher Philip de nous emporter dans les méandres des sentiments qui traversent les "humains"
belle journée avec mes amitiés les meilleures !
domidom · le lundi 11 février 2019 à 17:00
Je l'ai lu en son temps ce poème, entre nous, tu aurais pu en corriger les imperfections prosodiques avant de le reposter, ça, c'est de la fainéantise...
Bisous, bisous, Domie
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 11 février 2019 à 18:30
Merci, chère rêveuse d'avoir aimé, une fois de plus, ce poème.
Tu auras remarqué que je suis beaucoup plus à l'aise dans des poèmes qui retracent à ma manière, des épisodes de la vie de nos grands hommes (ou femmes). Cela me parait plus facile, déjà, dans le mesure où leur biographie et certains détails de leur vie est connu. Après, il s'agit de "mettre en scène" certains épisodes. Avec un risque de ce tromper bien sûr. Mais ce n'est qu'un exercice de style, sous forme de poème.
C'est le côté le plus fascinant de la complexe aventure humaine et je me sens plus à l'aise pour écrire là-dessus.
Bonne soirée, Rêveuse. Amitié. Philip
Pour DOMIE :
Eh oui, chère Domie, ce poème-là il est bien ancien. Je crois que c'est quand j'ai appris que Patricia aimait beaucoup Baudelaire que je fais ce poème (moi qui aime Baudelaire aussi).
Ah tu as tout à fait raison. J'ai pensé la même chose. J'aurais voulu faire des corrections. Mais pas le temps ! (c'est moi qui dit ça, ah ah ah !)
En tout cas tu as toujours aimé l'ensemble du poème, comme….avant !
Alors c'est bien. Merci Domie et mille bisous. Philip.
José · le lundi 11 février 2019 à 18:41
Merci §Pihipp
nisti · le lundi 11 février 2019 à 20:38
J'ai déjà eu la chance de lire ce poème, et le relire est toujours un plaisir. Cette femme, qui aura illuminé sa vie autant qu'elle l'aura ternie, reste un personnage fascinant. Et une nouvelle fois, le personnage est bien campé. On a l'impression que ce cher Charles a écrit à ta place.
Génial.
Amitiés
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 12 février 2019 à 07:55
Merci pour ton compliment, cher José.
"Esthetique stylistique", le terme est un peu fort, mais il y a un peu de cela, j'y consent. Mais c'est ton cas également et tu sais que nous avons eu, un peu pour modèle, l'ami Thierry (Aggripa), qui est un esthète d'une certain forme de spleen poétique.
En tout cas, encore merci, tu as bien vu. Je voulais mettre en avant la lassitude qui pesait sur Baudelaire dans sa douloureuse aventure sentimentale.
Avec toute mon amitié. Philip
Pour NISTI :
Salut Nisti. Merci à toi aussi d'avoir re-lu et re-aimé ce poème que tu connaissais.
Je l'aime bien ce poème. Décrire à travers une sorte de confession d'outre-tombe, la souffrance de Baudelaire était intéressant.
De la à dire que Charles a écrit à ma place, non ! C'est juste une question d'ambiance, mais c'est à des galaxies de son génie littéraire.
Amitiés, Nisti.
Philip.
mariepaule · le mardi 12 février 2019 à 16:53
Tu décris à la perception le sentiment que pouvait avoir Baudelaire...
Heureusement toutes les femmes ne soitt pas ainsi....
Gros bisous vers toi
Om
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 13 février 2019 à 05:56
Coucou, Marie.
Ce qui est sûr, c'est que je décris un état d'esprit que "pourrait" avoir eu Baudelaire. Si ce n'est pas exact, ce n'est pas grave, nous sommes dans l'imaginaire poétique et non dans l'historiographie.
Mais les citations de Baudelaire, à la fin de mon poème, en disent long sur qu'endossait en souffrances sentimentales, le poète.
Gros bisous, chère Marie. Et belle journée. Philip.
micheline1940 · le mercredi 13 février 2019 à 20:50
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures....
Ah ! Jeanne Duval qui fit tant souffrir l'immense Baudelaire, piétinant son merveilleux talent de son pied d'ébène...
Si je l'avais eue sous la main, je l'aurais battue comme plâtre ! En dehors de mon ressentiment, il faut que je vous avoue, mon bien cher Philip, que votre poème est un merveilleux éloge à notre cher Poète. J'en aime le rythme et sa vérité si profondément écrite. C'est superbe, et sa qualité me donne un plaisir fou ! Et ne m'écrivez pas que c'est peu de chose, votre habitude en somme ! Or, je veux plus lire de cette modestie qui me peine infiniment !
Votre admirative amie,
Micheline.
micheline1940 · le mercredi 13 février 2019 à 20:53
Pardonnez-moi cette omission !
M.
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 18 février 2019 à 06:51
Bonjour Micheline.
Merci pour vos compliments renouvelés.
Je vois ici encore votre admiration pour Baudelaire et votre connaissance de sa vie qui ne fut pas particulièrement heureuse, malgré des fulgurances passionnelles.
L'idée m'est venue un jour d'évoquer Jeanne Duval.
Quant à ce que vous appelez ma modestie, croyez-vous que je sois aussi modeste que cela ?
Car je montre ma passion à écrire des vers que je veux singulier, ou essayer de me rapprocher (et cela n'est pas particulièrement modeste !!!!) des grands poètes que j'admire.
Avec toute mon amitié, je vous souhaite une très belle semaine, Micheline.
Philip.
milesscots · le lundi 25 février 2019 à 17:12
Wah ! Très bien écris, très réaliste, on pourrait penser que Baudelaire est réellement derrière vos mots !
J'ai particulièrement aimé ces deux vers :
Dois-je t’ensevelir au fond d’un puits sans fin ?
Le diable applaudirait, je lui au saurai gré.
Après un certain temps, il se lancera peut être lui même dans ce puit, la rejoindre elle et leurs ennuient...
On ne peut que passer un bon moment en vous lisant ! Il n'y en a pas que pour Rimbaud alors.
Je sais que j'ai du retard sur beaucoup de vous écris et chez beaucoup de membres, je rattraperais ça.
Amicalement,
Miles
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 26 février 2019 à 13:47
Bonjour Miles, merci de m'avoir fait une petite visite et merci pour ta fidélité à me lire.
Oh tu sais, il suffit juste de connaître assez bien la biographie d'un auteur, sa vie, pour se projeter dans de probable situations et émotions qu'il aurait pu connaître.
Et même si il y une marge d'erreur, évidemment, on peut recréer une ambiance émotionnelle qui sied à la personne.
Ah les vers que tu aimes ? C'est un petit clin d'œil à la morgue baudelairienne :
- le vin de l'assassin : dans ce poème, l'assassin ivrogne déclare vouloir jeter son épouse au fond d'un puit.
- l'allusion laudative au diable est fréquente chez Baudelaire.
En tout cas, c'est très gentil de dire que l'on passe de bons moments à me lire. C'est gratifiant. Et je te sais sincère.
Amitiés et à bientôt, Miles. Philip.
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