KUNDUN (La cendre et le vent)

Te souviens-tu Kundun *, quand la cendre et le vent
Etreignaient les rubans qui dansaient sous l’azur,
Et que les cloches d’or, comme un murmure lent,
Embrassaient la prière où se mêlait l’Impur.
Tes sommets sont si loin mais ton regard embrasse
Siècles et océans, et la distance est vaine
En comptant chaque pas où s’use la cuirasse
Des jours blottis sans peur ; tu devines la plaine
Et l’odeur de l’encens, les processions fragiles
Qui agacent ta Foi quand monte la passion.
Dans le soir frissonnant, tes craintes sont dociles.
Et le Temps est venu, qui broie ton obsession.
Et te souviendras-tu, quand surgira la neige,
De l’espoir incendié qui accablait le soir
Quand les démons hurlaient contre un vain sortilège.
Et Lhassa la tranquille implorait sa mémoire.
*************
* Kundun est le surnom respectueux donné par les tibétains, dès son plus jeune âge au Dalaï Lama. Ce terme signifie « présence ».
Il quitta Lhassa, la capitale du Tibet, en 1959 lors de la ré-indexion du pays par la Chine de Mao.
Illustration : photo Philip - Bogdaya (Inde), endroit où le Bouddha trouva l'illumination.
Illustration musicale : Lama Gyurrne – Hope for enlightenment
https://www.youtube.com/watch?v=zjii1zApBiQ
Etreignaient les rubans qui dansaient sous l’azur,
Et que les cloches d’or, comme un murmure lent,
Embrassaient la prière où se mêlait l’Impur.
Tes sommets sont si loin mais ton regard embrasse
Siècles et océans, et la distance est vaine
En comptant chaque pas où s’use la cuirasse
Des jours blottis sans peur ; tu devines la plaine
Et l’odeur de l’encens, les processions fragiles
Qui agacent ta Foi quand monte la passion.
Dans le soir frissonnant, tes craintes sont dociles.
Et le Temps est venu, qui broie ton obsession.
Et te souviendras-tu, quand surgira la neige,
De l’espoir incendié qui accablait le soir
Quand les démons hurlaient contre un vain sortilège.
Et Lhassa la tranquille implorait sa mémoire.
*************
* Kundun est le surnom respectueux donné par les tibétains, dès son plus jeune âge au Dalaï Lama. Ce terme signifie « présence ».
Il quitta Lhassa, la capitale du Tibet, en 1959 lors de la ré-indexion du pays par la Chine de Mao.
Illustration : photo Philip - Bogdaya (Inde), endroit où le Bouddha trouva l'illumination.
Illustration musicale : Lama Gyurrne – Hope for enlightenment
https://www.youtube.com/watch?v=zjii1zApBiQ
5 commentaires
mariepaule · le vendredi 7 juin 2019 à 10:40
Le premier quatrain je l'aime particulièrement , pourquoi....Il m'a fait frissonner...
Le Tibet est prisonnier des Chinois et dans Dans tes vers "tristesse et désolation" se mêlent en harmonie...
Je n'écoute jamais la musique mais là, en te lisant je l'ai écoutée, cela donne envie de crier en maudissant la Chine...
Om mani padmé hum Philip
C'est un mantra que j'écoute très souvent...
Gros bisous Philip
Om
Marie
debbie · le vendredi 7 juin 2019 à 11:18
Bon weekend à toi Philip
Amitiés
Debbie
aurorefloreale · le vendredi 7 juin 2019 à 18:55
guillaume · le dimanche 9 juin 2019 à 19:51
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 11 juin 2019 à 07:33
Coucou Marie. Ah, le premier quatrain !
C'est le seul qui contient le sous-titre du poème "la cendre et le vent". La cendre métaphorique de siècles de paix qui allait disparaître avec le Tibet envahi. Et le vent qui colporte cette paix qui demeure. Car, tu l'as bien compris, tout ce que représente la philosophie-religion de ce peuple paisible ne meure jamais. L'image du Dalaï Lama, même en exil, est bien vivante dans son message.
La musique est celle de Lama Gyurne, un moine tibétain, qui est confondante de profondeur, même si elle est si singulière (et légèrement occidentalisée).
Belle journée à toi, Marie. Gros bisous.
Pour DEBBIE :
Hello Debbie, ton commentaire….se passe presque de commentaire (sourire), car, sous un angle différent, mais pourtant si proche du ressenti de Marie, tu as perçu l'intention du "frisson d'émotion". C'est un peu cela que je voulais mettre dans ces quelques vers.
Belle journée à toi, Debbie. Amitiés.
Philip.
Pour CHANTAL :
Bonjour, Chantal. Merci mille fois d'avoir aimé. Décidément, les ami(e)s qui commentent ce poème voient juste dans leur analyse et leur ressenti. Voici que toi aussi, tu as vu juste.
Ton commentaire est un vrai petit poème "murmure de la prière qui s'habille….".
C'est tout à fait ça, et en plus, c'est d'une grande beauté et d'une grande sérénité.
Belle journée à toi aussi, Chantal. Prends soin de toi. Amitiés. Philip.
Pour GUILLAUME :
Merci pour ton ressenti. Même si le Tibet est aujourd'hui un pays encadré et rattaché par la Chine, il y règne une atmosphère que ne détruira jamais une idéologie qui laisse peu de place à la sérénité spirituelle.
Je te souhaite à toi aussi une belle journée, cher Guillaume. A très bientôt. Avec mon amitié. Philip.
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