QUAND LE TEMPS DEVIENT L’ESPACE

Le matin était couvert d’une froide rosée qui tombait sur les terres.
Et déjà, derrière sa fenêtre, Alexander cadençait son cœur solitaire…..
La leçon de musique attendra bien le soir,
Fedora, de Moscou, enverra son hommage,
Et si le temps trahit, comme un sombre affûtoir,
L’inspiration viendra, accompagnant l’orage
Qui s’invite au lointain, dans l’esthétique envie
D’un courage aux abois, quand l’hiver s’alanguit
Dans les premiers frissons qui glacent l’harmonie.
Mais les notes sont là et rongent son esprit.
Est-ce un cri, une fièvre où se mêle sans fin
Une lente agonie anémiée par l’oubli,
Ou un appel qui brûle un vieux cœur assassin ?
Car la rage est dans l’œil comme un cri démoli.
Tu vois mon fils, ici le Temps devient l’Espace…*
L’oraison féérique envahissait le noir.
Sacha, de Borodin, trouvera son partage
Et si le vent faiblit, il pourra recevoir
La dernière écriture où se trahit l'adage !
Et là-bas dans la plaine envahie par le vide,
Comme un étrange cri, le vieux piano s’affole.
La partition noircie n’accuse aucune ride.
Et le soir langoureux préparait son obole.
-------------------------------------
Oui, le soir soudain tombait sur ses épaules, comme un manteau
Et derrière sa fenêtre, Alexander comptait chaque flocon.
Tu vois mon fils, maintenant le Temps est devenu l’Espace…*
---------------------
* Du siehst, mein Sohn, zum Raum wird hier die Zeit" ("you see my son, time becomes space")
Cette phrase qui a donné le titre à mon poème est en fait le verset final du premier acte de l'opéra de Wagner "Parsifal" qui donnera la tonalité mystique de toute l'oeuvre
Illustration musicale : Scriabin, étude pour piano op 8
https://www.youtube.com/watch?v=q6xYaRew94w
Et déjà, derrière sa fenêtre, Alexander cadençait son cœur solitaire…..
La leçon de musique attendra bien le soir,
Fedora, de Moscou, enverra son hommage,
Et si le temps trahit, comme un sombre affûtoir,
L’inspiration viendra, accompagnant l’orage
Qui s’invite au lointain, dans l’esthétique envie
D’un courage aux abois, quand l’hiver s’alanguit
Dans les premiers frissons qui glacent l’harmonie.
Mais les notes sont là et rongent son esprit.
Est-ce un cri, une fièvre où se mêle sans fin
Une lente agonie anémiée par l’oubli,
Ou un appel qui brûle un vieux cœur assassin ?
Car la rage est dans l’œil comme un cri démoli.
Tu vois mon fils, ici le Temps devient l’Espace…*
L’oraison féérique envahissait le noir.
Sacha, de Borodin, trouvera son partage
Et si le vent faiblit, il pourra recevoir
La dernière écriture où se trahit l'adage !
Et là-bas dans la plaine envahie par le vide,
Comme un étrange cri, le vieux piano s’affole.
La partition noircie n’accuse aucune ride.
Et le soir langoureux préparait son obole.
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Oui, le soir soudain tombait sur ses épaules, comme un manteau
Et derrière sa fenêtre, Alexander comptait chaque flocon.
Tu vois mon fils, maintenant le Temps est devenu l’Espace…*
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* Du siehst, mein Sohn, zum Raum wird hier die Zeit" ("you see my son, time becomes space")
Cette phrase qui a donné le titre à mon poème est en fait le verset final du premier acte de l'opéra de Wagner "Parsifal" qui donnera la tonalité mystique de toute l'oeuvre
Illustration musicale : Scriabin, étude pour piano op 8
https://www.youtube.com/watch?v=q6xYaRew94w
6 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 19 juin 2019 à 13:13
L'allusion au verset conclusif de l'Opéra "Parsifal" de Wagner annonce peut-être l'idée que j'ai de traiter en poésie de géant de l'opera wagnérien à la grandiose métaphysique.
Amitiés à tous et à toutes.
Philip.
debbie · le mercredi 19 juin 2019 à 15:33
Merci de ce superbe partage
Bel après midi Philip !
Avec mon Amitié
Debbie
mariepaule · le jeudi 20 juin 2019 à 08:58
dés l'introduction, on imagine le ressenti nostalgique ou désœuvré du pianiste en ce début du jour...
Puis tes vers et mots, nous transmette les pensées du pianiste "qui ne sont pas celles d'un artiste qui veut créer...
Tu as l'art Philip de bien choisir les bonnes expressions qui définissent le mental du pianiste...
Puis, on l'imagine assis les doigtes sur le clavier jouant sa création qui s'envole et imprégné les espaces.
Les deux vers isolés sont mystérieux, et donne une belle ampleur au poème...
Gros bisous Philip
Om
Marie
Rachelle,guillaume · le vendredi 21 juin 2019 à 12:49
naeja · le lundi 24 juin 2019 à 13:26
amitiés Naeja
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 1 juillet 2019 à 08:19
Je viens seulement vous commenter et lire et commenter vos poèmes.
Disons que la période caniculaire ne favorise pas la présence devant son ordi !
Alors, allons-y :
Pour NAEJA :
Merci mon ami, pour ce commentaire qui résume assez bien l'intention du poème :
- Piano : c'est mon jardin secret et Scriabine est un de mes compositeurs préféré pour son romantisme slave. J'avais envie de l'imaginer dans une compositions poétique toute imaginaire qui lui ressemblait un peu.
- Emotion et puissance : oui, mais celle de Scriabine (et également, du Parsifal de Wagner, auquel il est fait allusion). Mes mots ont juste essayé d'y mettre un peu de cette émotion et puissance. Amitiés. Philip
Pour DEBBIE :
Merci d'avoir aimé ce nouveau poème, Debbie. Pour ce qui est des mots, oui, comme je l'ai expliqué plus haut à Naeja, j'ai essayé de mettre l'exaltation des sentiments du compositeur et pianiste, un peu de son mental donc (Il faut dire que je connais bien la biographie de Scriabine).
Ah, les deux vers "isolés et mystérieux", ils contiennent en effet une dimension mystique, que je développerai prochainement en écrivant un poème sur le thème de Parsifal (tape sur YouTube "Wagner - Parsifal - ouverture" et écoute, tu te rendra compte de l'élan quasi mystique qu'avait voulu donner Wagner.
Belle journée à toi, Debbie. Amitiés.
Philip
Pour MARIE :
Coucou Marie, ton ressenti complète celui de Debbie. J'ai imaginé Scriabine nostalgique, momentanément en panne d'inspiration (mais très passagèrement) loin de ses amis (Sacha et Fedora, purement imaginés !). Cela correspond d'ailleurs à une période de solitude et de doute musical que le compositeur a eu dans sa vie, mais pas à la période où il composa la musique que j'ai mise en illustration.
Belle journée à toi, et gros bisous Marie. Philip
Pour GUILLAUME :
Bonjour, Guillaume, merci d'avoir aimé ce poème et d'en avoir perçu le ressenti avec délicatesse. Si j'ai mêlé Scriabine avec une allusion à Wagner, c'était pour faire le lien entre transcendance et puissance, romantisme et force de la musique.
Tu sais, pour Wagner, il y a mille fois plus émouvant que la chevauchées des Walkyrie : Parsifal, Tannhäuser, ou Tristanl et Isolde.
Non, Fedora est un prénom féminin slave (C'est aussi le titre d'un film de Billy Wilder, dont le personnage principal est..Fedora). Et Borodin une ville de Russie.
Prends soin de toi, Guillaume. Amitiés. Philip.
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