Le carrefour des écrasés (fait divers poétique)

(Fait divers poétique)
31 décembre 1888 :
"Un accident criminel près des Grands Boulevards parisiens.
Le carrefour des écrasés !" titrait le Petit Journal, en ce dernier jour de l'année.
Le ciel empaquetait la ville d’un voile liquide ;
Sans une ride, le fleuve avançait comme une armée
Aveugle à qui l’on ne demandait rien de solide,
Pas même un sentiment à la tournure enflammée.
Pourtant, l’eau grise gémissait, au rythme des courants
Qui comme une danse grotesque, crachaient des tourbillons
Sans fin, tandis que sur les ponts, indifférents comme des savants
Aux rêves fous, couraient les omnibus comme des pas brouillons.
C’est pourtant dans ces eaux sombres aux couleurs de linceul,
Que s’achevait le drame et pour tirer un trait sur toute une vie,
Emportait dans ses bras humide, celui qui fut, et qui est seul !
Mais qui s’accorde juste un regard ou un soupir mêlé d’envie ?
A quelques pas de là, le Carrefour des Ecrasés reprenait ses droits,
Avide de son lot de sang, dans l’indifférence du petit jour.
Qui avait rougi le pavé, osé profaner la nuit et ses lois,
Se faufilant comme un fantôme qui attend le prochain tour ?
Une lueur cuivrée nimbait la ville. Le ciel était couleur d’huile
Et tout près d’une allée, piquée d’arbres dépouillés,
Ceint de hauts murs gris et de toits de tuiles,
Le témoin s’agitait, et dans ses yeux effrayés
Dansait tout l’effroi résumé par le cri et les bruits
Du tombereau qui dévalait le boulevard blême,
Acoquinait son élan avec le cocher au cœur détruit
Quand une infâme folie rongeait son cœur bohème
……………………………………………
1er janvier 1889 :
"Bonne année au parisiens : l'Exposition Universelle commence et s'annonce magique !" titre le Petit Journal.
Près du Carrefour des Ecrasés la vie reprenait ses droits,
Dans l’indifférence des nouveaux matins.
31 décembre 1888 :
"Un accident criminel près des Grands Boulevards parisiens.
Le carrefour des écrasés !" titrait le Petit Journal, en ce dernier jour de l'année.
Le ciel empaquetait la ville d’un voile liquide ;
Sans une ride, le fleuve avançait comme une armée
Aveugle à qui l’on ne demandait rien de solide,
Pas même un sentiment à la tournure enflammée.
Pourtant, l’eau grise gémissait, au rythme des courants
Qui comme une danse grotesque, crachaient des tourbillons
Sans fin, tandis que sur les ponts, indifférents comme des savants
Aux rêves fous, couraient les omnibus comme des pas brouillons.
C’est pourtant dans ces eaux sombres aux couleurs de linceul,
Que s’achevait le drame et pour tirer un trait sur toute une vie,
Emportait dans ses bras humide, celui qui fut, et qui est seul !
Mais qui s’accorde juste un regard ou un soupir mêlé d’envie ?
A quelques pas de là, le Carrefour des Ecrasés reprenait ses droits,
Avide de son lot de sang, dans l’indifférence du petit jour.
Qui avait rougi le pavé, osé profaner la nuit et ses lois,
Se faufilant comme un fantôme qui attend le prochain tour ?
Une lueur cuivrée nimbait la ville. Le ciel était couleur d’huile
Et tout près d’une allée, piquée d’arbres dépouillés,
Ceint de hauts murs gris et de toits de tuiles,
Le témoin s’agitait, et dans ses yeux effrayés
Dansait tout l’effroi résumé par le cri et les bruits
Du tombereau qui dévalait le boulevard blême,
Acoquinait son élan avec le cocher au cœur détruit
Quand une infâme folie rongeait son cœur bohème
……………………………………………
1er janvier 1889 :
"Bonne année au parisiens : l'Exposition Universelle commence et s'annonce magique !" titre le Petit Journal.
Près du Carrefour des Ecrasés la vie reprenait ses droits,
Dans l’indifférence des nouveaux matins.
10 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 15 juillet 2019 à 10:26
Le titre d'un roman policier de Claude Izner, m'a inspiré ce poème (mais mon thème n'a aucun rapport avec ce roman).
C'est ici le récit d'un fait divers banal, survenu un jour de la Saint-Sylvestre.
Un cocher renverse sur la chaussée un anonyme, ramasse son corps, sans témoin, pour le jeter dans la Seine. Le lendemain, l'affaire est vite oubliée par la presse !
Amitiés à tous et à toutes et belle journée. Philip
debbie · le lundi 15 juillet 2019 à 10:49
Belle journée ensoleillée Philip,
Amitiés
Debbie
mariepaule · le lundi 15 juillet 2019 à 21:43
Certes c'est un libre....Mais Philip les vers qui se suivent sont très prenant, et l’atmosphère de ton poème nous met dans un état de peur de se qui va se passer au fil de notre lecture...
Ils sont très beaux tes vers et les mots sont très bien choisi pour décrire cet accident du soir de St Sylvestre..
Une belle inspiration le titre du roman...
Coucou Philip,
Certes c'est un libre, mais l’atmosphère y est très prenante.
Tes vers et les mots que tu as choisis pour le composer, nous mettent dans une inquiétude au fil des vers que nous lisons.
Ouf j'avais imaginé pire, mais je tiens ç te dire que ton poème est une parfaite réussite, tu as su me tenir en haleine...
Un regrettable accident un soir de St Sylvestre, mais pas sympa le cocher...
Gros bisous Philip
Om
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 16 juillet 2019 à 06:26
Bonjour Debbie,
Ce drame-poétique a été inventé de toute pièces. Seule la chronologie est réelle, la première Exposition Universelle à Paris eu bien lieu en 1889 et éclipsa tout le reste de l'actualité. C'est un drame banal que j'ai décrit, un peu crapuleux dans l'esprit de ces ambiances un peu interlopes qui régnaient dans les faubourgs.
Belle journée à toi, Debbie.
Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Bonjour, Marie. J'avais le choix entre un style "reportage" (de faits divers) ou narratif pour conter poétiquement ce drame inventé. J'ai fait un peu un mixte des deux genres. Le roman dont je n'ai emprunté que le titre pour mon poème (ça accrochait bien) n'a, comme je l'ai dit, aucun rapport avec mon histoire.
Belle journée à toi. Gros bisous. Philip.
domidom · le mardi 16 juillet 2019 à 16:36
Inventé certes, mais si bien écrit que l'on pourrait le croire sorti de l'actualité... Nuancé, dramatique à souhait, mais, pas drôle du tout, surtout pour un soir de St Sylvestre, ce n'était pas un superbe cadeau...
Malgré quelques frissons, j'ai aimé et apprécié...
Gros bisous, Domie
Philip (Pour DOMIE) · le mercredi 17 juillet 2019 à 12:48
Je ne savais pas trop où j'allais avec un titre comme ça. Il y avait le titre (qui n'est pas de moi) à intégrer dans l'histoire, et j'avais la Seine en tête, comme lieu du drame. Et aussi l'exposition universelle. Alors j'ai joué sur les trois tableaux !
Ca a donné cette histoire poétique pas très gaie.
Gros bisous et prends soin de toi, Domie. Philip.
shine007 · le jeudi 18 juillet 2019 à 01:52
En 1888,j'ete pas encore née...mais je devine parfaitement l'horreur du crime....
C captivant comme récit...
Bonne nuit
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 18 juillet 2019 à 13:22
Tu sais que je suis passionnée d'histoire, passionné de tout, en fait.
Et j'aime beaucoup la période de la fin du 19ème siècle, dont l'histoire est fascinante, l'Art, la poésie, la musique et la littérature.
Et le parisien que je suis, connait aussi l'histoire de sa Ville. Alors j'ai pu sans trop de problème imaginer le contexte de mon histoire. Le thème est sombre, un meurtre et la lâcheté qui va avec.
Bisous, bisous, sister. Take it easy and take care. Philip
Susan* Coquelicot * · le samedi 20 juillet 2019 à 18:04
Belle imagination dans ce Paris que j'adore !
Dans ta poésie règne une certaine atmosphère , on imagine les cochers qui traversent la ville , la peur au ventre !!
Ton poème me fait penser à la terrible affaire de Jack l'Éventreur à Whitechapel ...C'était aussi à la fin du 19ème siècle !!!
L'ambiance y est ...En te lisant on sent l'angoisse , celui d'un soir de St Sylvestre , où la mort rôde !!!
Drôle de fin d'année !!!
J'ai aimé te lire ...
Gros bisous.
Susan
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 29 juillet 2019 à 11:32
Ah, la période de l'été nous pousse plus au farniente, pour certains, et la production poétique est moins intense (sourire !). Et la paresse estivale aussi, pour les commentaires.
En tout cas, merci pour ton commentaire. Bien sûr que si nature, campagne, montagne et mer sont si merveilleux et apaisant, Paris restera toujours Paris avec ses mystères comme ses beautés. Je comprends que tu adores !
Mais ici, c'était la place aux mystères (à moitié !) à une autre époque.
Pour connaître tous les deux le Whitechapel de Londres, on peut encore frissonner plus. Eh ouin tout ça c'était aussi à la fin du XIX° siècle.
Mais c'est encore l'été, et rions, profitons de la saisons, sans s'encombrer la tête de sombres drames (imaginaires heureusement) hivernaux.
Belle journée et gros bisous.
Philip
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