Les sept sages du bosquet des bambous

Les raisins s’empourprent des flammes de l’Automne
Et là-bas, près des Dieux, la moisson s’assoupit
Quand l’horizon s’endort de l’envie monotone
De courtiser les cieux et compter le répit
Qui sépare nos cris près des noirs parapets
Que colporte le vent, disperse l’Océan.
Ecoutez le silence empourpré des secrets
Qui hantent ces chemins au parfum de Néant
Mais tout près des bambous où les larmes de pluie
Rythment le fil des jours et s’efface l’orage,
Leurs ombres confondent le matin qui s’ennuie
Et la grève qui dort en attendant l’outrage.
Les sages du Bosquet ont volé nos silences,
Quand nous étions sans voix à contempler l’Aurore
Ils ont vidé notre âme et brûlé nos sentences,
Pour effacer ces mots au parfum carnivore.
(Les sages de la forêt de bambous, désigne un courant philosophique de la Chine du IIIème siècle, de tradition taoiste, regroupant poètes, dignitaires et philosophes)
Illustration : photo Philip – plaine de Galpothuyaya (Ceylan)
Illustration musicale : flûte Shakuashi
https://www.youtube.com/watch?v=miUKO5g0ONk
Et là-bas, près des Dieux, la moisson s’assoupit
Quand l’horizon s’endort de l’envie monotone
De courtiser les cieux et compter le répit
Qui sépare nos cris près des noirs parapets
Que colporte le vent, disperse l’Océan.
Ecoutez le silence empourpré des secrets
Qui hantent ces chemins au parfum de Néant
Mais tout près des bambous où les larmes de pluie
Rythment le fil des jours et s’efface l’orage,
Leurs ombres confondent le matin qui s’ennuie
Et la grève qui dort en attendant l’outrage.
Les sages du Bosquet ont volé nos silences,
Quand nous étions sans voix à contempler l’Aurore
Ils ont vidé notre âme et brûlé nos sentences,
Pour effacer ces mots au parfum carnivore.
(Les sages de la forêt de bambous, désigne un courant philosophique de la Chine du IIIème siècle, de tradition taoiste, regroupant poètes, dignitaires et philosophes)
Illustration : photo Philip – plaine de Galpothuyaya (Ceylan)
Illustration musicale : flûte Shakuashi
https://www.youtube.com/watch?v=miUKO5g0ONk
11 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 5 septembre 2019 à 17:35
Car il ne faut y voir ici, que de la poésie pour s'évader vers des paysages lointains, un peu troublants parfois.
La vraie philosophie taoïste est faite de vacuité sage et savantes.
Je laisse un instant la parole à Xi Kang, poète et philosophe du groupe des Sept Sage :
« Le monde vulgaire s'éveille difficilement;
Il ne s'arrête jamais dans sa poursuite des choses matérielles.
Mais l'homme parfait regarde au loin;
Il retourne à la nature."
Amitiés à tous et à toutes, et bonne rentrée. Philip
plumedefou · le jeudi 5 septembre 2019 à 20:09
L’homme a des capacités et une sagesse supérieures à celles des animaux ; il est ainsi capable d’apprécier les choses concrètes et abstraites, par exemple la beauté et les arts, il possède la parole, le raisonnement et des facultés similaires de l’esprit et du cœur que les animaux ne possèdent pas. De plus, l’homme a une dimension spirituelle !
j'aime : " Les raisins s’empourprent des flammes de l’Automne ..."
" Ecoutez le silence empourpré des secrets "
Je suis à l'écoute, et je perçois moultes choses...
Merci de ce poème,
plumedefou
debbie · le jeudi 5 septembre 2019 à 21:49
Très belle soirée à toi Philip
Bisous avec ma tendre amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 6 septembre 2019 à 06:16
Merci pour ton si sympathique autant de long commentaire riche en ressentis.
Le ton de ta réflexion sied tout à fait à cet arrière-plan de sagesse orientale que j'ai voulu donner à ce modeste écrit. Oui, tu le soulignes, tout humain possède en lui une dimension spirituelle….parce qu'il est humain justement. Les néo-platonicien se sont efforcés de comprendre la quête d'une certaine transcendance, dans le rapport de l'Homme avec la Nature. Le questionnement sur l'Unité et le Divin en quelque sorte. Leurs précurseurs de la lointaine Asie ETAIENT dans l'Un, sans décliner leur appartenance à la Nature.
Merci à toi, également, de ne pas avoir vu que le côté philosophique (somme toute esquissé dans mes vers) pour souligner l'aspect plus typiquement poétique, touchant à la Nature.
Les "raisins qui s'empourprent des flammes de l'Automne" furent en effet la première idée qui me vint, éloignée peut-être de ma thématique. Mais le reste est venu….
Avec toute mes amitiés Plumedefou. Bien à toi. Philip.
Pour DEBBIE :
Merci d'être passée me lire Debbie et d'avoir aimé ce petit poème.
Eh oui, après un été paresseux, j'ai repris la plume. Oh, parler de "plume philosophique" serait bien prétentieux. Quoique cela coïncide avec mon envie de renouer avec les arcanes de la philo. Mais mon écrit n'est bel et bien qu'une poésie.
Me dire que mes vers t'évoquent Verlaine serait un honneur que je ne mérite pas. Mais pour bien connaître Verlaine, j'ai donc relu mon poème (sourire).
Bah, peut-être quelques expression teintées en filigrane d'un romantisme mélancolique, tout au plus. Comme "ont vidé notre âme…" ou "leurs ombres confondent le matin qui s'ennuie…"
C'est sans doute dû à l'approche de l'Automne qui sied à cette écriture "romantique mélancolique" très XIX° que j'affectionne dans la littérature et la poésie.
Mais pourtant, le "décor" de mon poème se situe dans l'Asie médiévale !
Encore merci pour ton appréciation.
Belle journée avec toute mon amitié/
Philip.
Susan* Coquelicot * · le vendredi 6 septembre 2019 à 06:33
Dans tes vers je sens une certaine nostalgie …
En te lisant, j’ai imaginé ce que serait aujourd’hui le groupe des sept sages !
*Les raisins s’empourprent des flammes de l’Automne …
Ecoutez le silence empourpré des secrets ….
Les sages du Bosquet ont volé nos silences,
Quand nous étions sans voix à contempler l’Aurore …*
J’aime observer la nature et j’aime le silence !
Merci d’avoir repris ta plume et de nous avoir partagé ce beau poème.
Belle journée à toi Philip.
Gros bisous.
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 6 septembre 2019 à 06:45
Coucou Susan. Nostalgie ? Ma passion de toujours pour essayer de comprendre l'Homme sous toutes les latitudes ou à toutes les époques, me conduit invariablement, lorsque je m'attache à ces lieux, ces époques, à m'imaginer les observer, parfois y vivre, même, le temps d'une rêverie.
Alors oui, nostalgie. Bien romantique, d'ailleurs.
Mais ici, spiritualité, touche légère de philosophie sont venues s'inviter dans le tableau. Cela a donné sans doute une couleur différente au silence et à la nature.
Gros bisous. Philip
aurorefloreale · le vendredi 6 septembre 2019 à 09:23
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 6 septembre 2019 à 13:24
Bonjour, Chantal, merci d'être passée me lire.
La Sagesse, voire la philosophie orientale, est en effet, fait dans une "immobilité tranquille" - une sorte de silence en effet.
Mais je peux te dire que, même si l'on s'intéresse quelque peu à cette Sagesse, on ne fait que l'approcher, car la pensée orientale est si singulière. Les voyages en Orient que j'ai pu faire, m'ont fait à peine, si ce n'est presque pas percevoir le message de la pensée.
Amitiés et prends soin de toi, Chantal
Philip
José · le samedi 7 septembre 2019 à 09:53
J'ajoute que cette sagesse se ressent aussi dans l'ensemble de tes commentaires aux poètes du site que je lis aussi et je t'avoue que j'apprécie les lire justement, en dehors de l'étude structurelle ou émotionnelle très juste des poèmes que tu fais, pour la sagesse et la bienveillance qui les caractérisent.
Merci Philip
belespoirs · le samedi 7 septembre 2019 à 20:05
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 8 septembre 2019 à 11:04
Merci, cher José, ton propos que je sais sincère me touche.
Voyager est quelque part une chance. C'était mon rêve d'enfant - toujours plongé dans les livres d'aventure et j'ai pu le réaliser. Quand on évoque mes voyages, je dis souvent que c'est ma réponse au questionnement d'Aragon, dans un de ses poèmes : "est-ce ainsi que les hommes vivent ?". Pour avoir juste entr'aperçu des hommes d'autres latitudes, j'ai toujours eu le même étonnement fait d'un humble respect.
J'ai ai peut-être acquis juste un peu de Sagesse, que je garde intimement au fond de moi.
Ce qui m'a touché également, dans ton propos, c'est le fait d'avoir remarqué que je projette sinon un peu de cette sagesse, à tout le moins ma chaleur de sentiments aux autres. J'y tiens plus que tout. Ainsi, tout poème que je lis, peu importe le style et le "background" que l'on peut deviner de son auteur contient une "structure émotionnelle" comme tu le dis.
Encore merci, mon cher José. Avec toute mon amitié. Philip
Pour BELESPOIRS :
Merci, Belespoirs, je suis aussi touché que les mots de José (et des autres) sur l'aspect qui touche, dans ton propos quand au plaisir que tu as de voyager avec ma poésie.
Quand au premier vers qui ouvre la scène (les raisins….) je ne te cacherait pas qu'il est aussi mon vers préféré. En l'écrivant, je pensais bel et bien commencer une poésie parlant des sages taoïstes de la Chine ancienne, ne m'interrogeant pas si l'on cultive la vigne ou non en Chine (sourire !).
En te renouvelant mes remerciements, toute mon amitié, Belespoirs. Bien à toi. Philip.
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