La très vraisemblable histoire de Malcom Canmore

Si je suis l’exilé, qu’on me laisse l’orgueil
Et l’ultime faveur de contempler la terre
Qui m’a vu naître un jour, une nuit de tonnerre.
Sans couronne à fouler, j’en ferai bien mon deuil.
Mais il me restera ma vieille lande nue
Qui courait vers la mer à l’écume abyssine
Tandis que les embruns caressaient la colline;
Et moi, dans un soupir, perdu sans retenue.
Là-bas, loin vers le Nord*, au pays des frimas
Que la brume assagit, se trame les complots
Qui rongent l’avenir pour deux ou trois lingots.
L’ombre de Milady** assaillit mon trépas.
Cette histoire où le sang partage sa rivière,
En des flots assassins dominés par un règne,
Quand s’engloutit le trône et que le Ciel dédaigne
Comme on brise le sceau sur la plus dure pierre,
Je l’abandonnerai aux Princes sans scrupules,
Pour un lit de serments sur un autel maudit,
En brûlant ma légende au vent qui me prédit
L’infâme certitude aux refrains incrédules.
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La légende affirme que l’âme de Malcom Canmore dort à jamais près des rives du Loch Lomond
** Les protagonistes de ce moment d’Histoire de l’Ecosse étaient à Inverness à l’extrême nord du pays.
** Référence à Lady Macbeth.
Illustration : photo Philip – Ecosse Urquhart Castle, au bord du Loch Ness
Illustration musicale : Scottish music
https://www.youtube.com/watch?v=Yj_3scEyVoI
Et l’ultime faveur de contempler la terre
Qui m’a vu naître un jour, une nuit de tonnerre.
Sans couronne à fouler, j’en ferai bien mon deuil.
Mais il me restera ma vieille lande nue
Qui courait vers la mer à l’écume abyssine
Tandis que les embruns caressaient la colline;
Et moi, dans un soupir, perdu sans retenue.
Là-bas, loin vers le Nord*, au pays des frimas
Que la brume assagit, se trame les complots
Qui rongent l’avenir pour deux ou trois lingots.
L’ombre de Milady** assaillit mon trépas.
Cette histoire où le sang partage sa rivière,
En des flots assassins dominés par un règne,
Quand s’engloutit le trône et que le Ciel dédaigne
Comme on brise le sceau sur la plus dure pierre,
Je l’abandonnerai aux Princes sans scrupules,
Pour un lit de serments sur un autel maudit,
En brûlant ma légende au vent qui me prédit
L’infâme certitude aux refrains incrédules.
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La légende affirme que l’âme de Malcom Canmore dort à jamais près des rives du Loch Lomond
** Les protagonistes de ce moment d’Histoire de l’Ecosse étaient à Inverness à l’extrême nord du pays.
** Référence à Lady Macbeth.
Illustration : photo Philip – Ecosse Urquhart Castle, au bord du Loch Ness
Illustration musicale : Scottish music
https://www.youtube.com/watch?v=Yj_3scEyVoI
8 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 11 septembre 2019 à 16:34
Et ce matin, l'inspiration m'est venue, me rappelant à ces souvenirs et au grand Shakespeare.
Pour un raccourci très romancé, où je puis vous dire que ce n'est très certainement pas la "vraisemblable histoire de Malcom Canmore" bien que son histoire commença par un exil.
"Canmore" est un surnom - un nickname comme on dit - d'origine gaëlique qui signifierait "grosse tête".
Mais il régna sous le nom de Malcom III.
Un souverain lointain qui n'a pas bouleversé l'histoire de l'Ecosse.
Bonne lecture. Amitiés à toutes et à toutes. Philip.
mariepaule · le mercredi 11 septembre 2019 à 17:36
J'aime.
Gros bisous et belle soirée
Om
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 12 septembre 2019 à 07:06
Coucou, Marie. Merci d'avoir aimé ce poème. Ah, vois-tu, là, si on peut le qualifier ainsi, cet écrit, en termes émotionnels, serait tout à fait "du Philip" (si tant est, bien sûr qu'il ne faut pas tomber dans l'immodestie de penser qu'on a un style). Mais c'est l'exemple même du poème qui - à mon point de vue "a des tripes", mais c'est un émotionnel que j'ai voulu donner au personnage principal de l'écrit au à son environnement. Je te fais ce développement pour te dire qu'en fait quand j'écris, je ne suis que le narrateur d'une fiction. Cette fiction étant le poème. C'est comme si, le thème (et lieu) choisi, je m'y transportais pour y faire un reportage, en essayant d'être, dirions-nous, un "assez bon reporter" qui transcrit l'essentiel de l'émotion.
Je te souhaite une très belle journée, Marie, et te fais de gros bisous.
Philip.
debbie · le jeudi 12 septembre 2019 à 10:34
Très belle journée à toi
Avec toute mon amitié
Debbie
Rachelle,guillaume · le jeudi 12 septembre 2019 à 11:22
mariepaule · le jeudi 12 septembre 2019 à 11:32
Tout comme Debbie, je suis allée sur internet pour connaître un peu Malcom, il n'y a pas d'âge pour apprendre...
Dans ton poème il y régne plusieurs sentiments et cela en fait une beauté poétique...
Gros bisous vers toi Philip
Om
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 12 septembre 2019 à 13:03
Hello, Debbie ! Merci d'avoir aimé ce poème quelque peu historique et mélodramatique. Il est bien évident que la quasi totalité des ami(e)s du site ne savaient pas qui était Malcom Canmore. L'enjeu poétique était de dresser à peine l'esquisse rapide d'un portrait, pour illustrer une fois de plus ce que recèle l'esprit humain et l'Histoire des Hommes. Ce qua Balzac appelait dans une acception peut être cruelle "la Comédie Humaine". Je dois te dire que je connais mieux le XVIIIème siècle anglais, l'histoire des Stuarts que l'Ecosse et le Royaume Uni médiévaux. C'est en lisant ce livre sur la famille St-Clair, acheté à la "Library" de la Rosslyn Chapel que je me suis souvenu de Malcom. Et mon attrait pour Shakespeare m'a permis la jonction avec MacBeth. Coïncidence, mon périple dans tout le Royaume Uni, avait conduit mes pas, après l'Ecosse, à Stafford-upon-Avon, la ville de Shakespeare où son empreinte est si forte. Et tout ça a muri. Un petit challenge, ce poème , Peut-être. Quand à l'émotionalité je l'évoque ci-dessous, dans le com' que je vais faire à Marie. Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Merci d'être repassé. Je venais de dire à Debbie que j'allais te parler ici de l'émotionnel. Comme vos deux coms sont complémentaire, je pense que tu iras d'abord lire ma réponse ci-dessus à Debbie. Maintenant que tu en sais plus sur la genèse de ce poème et de son fond, j'en viens à la place de l'émotion. Comment placer l'émotion ? C'est déjà plus facile si le poème met en scène des être humain. Mais ça ne suffit pas. Te dire qu'ici, je me suis mis à la place de Malcom; serait mentir, tant je connais moins sa vie que celle d'un Rainbow, par exemple.
Alors il fallait essayer d'imaginer quelle sorte d'émotions pouvait avoir un noble exilé et à la vie semée d'évènement. Dont, pas le moindre, la fréquentation des MacBeth. Mais ici, le Macbeth shakepearien a pris le pas sur le vrai ! Petite distorsion avec la réalité historique. Dans ton commentaire, il y a un élément intéressant : la "cohabitation" de plusieurs sentiments. Il fallait pour cela, être comme le comédien, être l'espace d'un instant Malcom, Lady MacBeth etc...
Au fait, hasard de la poésie : il s'agit d'un Malcom, l'autre que tu connais étant toujours endormi entre les pages de ma nouvelle (sourire) .
Très belle journée, Marie. Gros bisous. Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 12 septembre 2019 à 13:11
Merci pour ton commentaire, mon ami.
Toi le natif breton, il y a toujours dans les histoires ou légendes de l'Angleterre et de l'Ecosse, ces enchantements qui font rêver.
Ton choix du Shakespeare in love est très pertinent !
Et si tu aimes Shakespeare, bravo, car j'ai toujours pensé qu'il fallait être anglophile pour aimer cet autre génie littéraire.
Pour l'autel : ben voyons, mon ami, l'autel ! Au sens propre, pense à l'autel, où le prêtre célèbre la messe !
Au sens figuré, par exemple "se sacrifier à l'AUTEL de la raison", à la signification de quelque chose de sacré, tout comme l'est symboliquement là où officie le prêtre.
Voilà. Avec toutes mon amitié. Prends soin de toi. Philip.
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