Prologue sous un ciel gris (prose)

- Repost -
Les lourds nuages chargés d’automne roulaient sur les toits de la Ville, lorsque soudain les cloches de Saint-Louis en l’Isle sonnèrent à la volée, comme j’abordais le portail de l’Hôtel de Morland.
Surgie du mur d’enceinte, une gerbe de feuilles roussies, craquantes sous les pieds, se répandit en cascades, à quelques pas de moi.
Alors comme le dormeur qui s’éveille et profite de la fragile démarcation entre le rêve et la réalité, je contemplais les façades dociles, témoins du temps qui passe, sans que ne s’échappent les secrets perdus dans chaque pierre ou simplement oubliés dans l’air des jours.
De l’argile d’une impression fugitive, née peut être de la perception d’une bienheureuse mélancolie, resurgit quelque part au fond de moi, un refrain dépouillé de Satie, comme l’invitation pour une croisière dérisoire, où l’on s’émerveille à l’avance de goûter au parfum de l’ambroisie.
(voici, à la manière du Spleen de Paris de Baudelaire - le talent en moins bien sûr, pour ce qui me concerne ! - un poème en prose écrit après une promenade dans l'Ile St-Louis, à Paris, pour ceux qui connaissent, à une heure où il n'y a pas encore de touristes)
Les lourds nuages chargés d’automne roulaient sur les toits de la Ville, lorsque soudain les cloches de Saint-Louis en l’Isle sonnèrent à la volée, comme j’abordais le portail de l’Hôtel de Morland.
Surgie du mur d’enceinte, une gerbe de feuilles roussies, craquantes sous les pieds, se répandit en cascades, à quelques pas de moi.
Alors comme le dormeur qui s’éveille et profite de la fragile démarcation entre le rêve et la réalité, je contemplais les façades dociles, témoins du temps qui passe, sans que ne s’échappent les secrets perdus dans chaque pierre ou simplement oubliés dans l’air des jours.
De l’argile d’une impression fugitive, née peut être de la perception d’une bienheureuse mélancolie, resurgit quelque part au fond de moi, un refrain dépouillé de Satie, comme l’invitation pour une croisière dérisoire, où l’on s’émerveille à l’avance de goûter au parfum de l’ambroisie.
(voici, à la manière du Spleen de Paris de Baudelaire - le talent en moins bien sûr, pour ce qui me concerne ! - un poème en prose écrit après une promenade dans l'Ile St-Louis, à Paris, pour ceux qui connaissent, à une heure où il n'y a pas encore de touristes)
10 commentaires
debbie · le jeudi 12 septembre 2019 à 13:35
Merci de ce beau partage en repost.
Bel après midi
Avec toute mon Amitié
Debbie
mariepaule · le jeudi 12 septembre 2019 à 15:01
Une prose bien imagée, j'ai suivi ton parcours dans l'ile de St-Louis avec beaucoup de plaisir ...
Comme me dit souvent mon illustre mari "écrire un poème en mettant des émotions c'est tout un art" et ta prose m'a donnée des sensations agréables...
J'ai souri en lisant ta conclusion "elle n'est pas toujours exact car au temps de Baudelaire et les autres grands poétes tu aurais été digne d'être à leurs côtés, je ne dit pas cela pour te flatter car j'ai horreur de la flatterie, mais parce que je le pense réellement.
Un bel après midi
Om
Marie
fevrier · le jeudi 12 septembre 2019 à 16:44
L'immortalité ne me sied pas.
Bonne soirée.
Amitiés.
.
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 12 septembre 2019 à 18:27
Bonsoir Michelle, merci infiniment de ton chaleureux compliment. Cela est d'autant plus flatteur (dans le sens noble du terme) que tu as déjà publié.
J'ai un amour réel pour l'écriture poétique et la littérature. Et la musique des mots (réflexe de mon métier de juriste pour les mots, et de musicien pour le reste). J'ai le souvenir d'un ami, qui travaillait chez Gallimard qui avait lu cette prose en me disant, amusé mais sincère, "Ah on dirait que c'est écrit au XIXème siècle !" Mais si j'étais heureux de la référence de ce siècle où brillait la littérature, je comprenais que plus personne n'écrit trop comme ça maintenant et plus encore ne le lit !"
Cette petite prose poétique a été, je le pense, le plus bel hommage que j'ai rendu à la littérature comme je l'aime. Encore merci, Michelle. Amitiés. Philip
Pour DEBBIE :
Ta remarque est juste. Savourer le verbe sans contrainte. Quoique, tu sais, la contrainte est plutôt pour moi, quand je m'astreint à la forme (néo) classique, à respecter la rythmique, les hiatus, les interdits prosodiques, choisir les rimes (croisées, embrassées…)
La prose poétique existe vraiment.
Tout comme le style libre, juste rimé, comme s'y sont essayés les grands Prévert et Apollinaire.
Cet écrit est donc l'exacte vision et émotion de ma flânerie dans l'Ile Saint-Louis, un lieu que je connais dans ses moindres détails.
Bonne soirée et amitiés. Philip
Pour MARIE :
Re-coucou, Marie. Ah, ta remarque et celle d'Alain est très vraie. Et c'est presque la question de savoir qui de l'œuf ou la poule a fait l'autre (sourire).
Cat à mes yeux, un poème c'est avant tout de l'émotion. Quel qu'en soit le sujet. Pour ton autre remarque, oh tu sais, si je fais du "mimétisme" c'est parce que les grands poètes sont passés avant moi et je ne fais que les imiter. Sans eux, je n'écrirais pas comme ça.
Encore merci, Marie. Bonne soirée er gros bisous. Philip
mariepaule · le jeudi 12 septembre 2019 à 21:25
mariepaule · le jeudi 12 septembre 2019 à 21:32
Marie
fevrier · le jeudi 12 septembre 2019 à 23:37
pleins de bons sens et très érudits.
Amitiés.
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 13 septembre 2019 à 11:29
Coucou, Marie, ah, je n'ai pas trop l'âme médiévale, alors Villon, ce n'est pas mon époque. Et au XIX° et début XX° la concurrence aurait été très rude aves des Verlaine, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Prévert, Aragon…(sourire). Alors je reste juste Philip de mespoemes.net;
Merci pour tes souhaits de belle nuit. Alors moi je te dis belle journée.
Bisous. Philip
Pour MICHELLE (Fevrier) :
Tu as raison Michelle, le passionné de littérature que je suis, mais aussi d'écriture contemporaine peut confirmer ton point de vue. Je pense, à titre d'exemple à cet écrivain américain, Brett Easton Ellis qui dans les années 90 était annoncé comme l'écrivain de génie de la fin de siècle. C'était plat et vulgaire. Il est établi maintenant et apparemment a toujours du succès. Pas sûr que la qualité se soit améliorée !
Mes écrits ? Parfois du bon sens, parfois non. Un fond humaniste, certainement. Erudits, ça j'en ai la fierté. Merci. La plupart de mes poèmes (ou quand l'action se déroule sur le lieu de mes voyages variés, le propos n'est jamais hasardeux et le détail authentique.
Amitiés. Philip.
Susan* Coquelicot * · le vendredi 13 septembre 2019 à 14:23
Les vieilles demeures et les rues pavées, de ce quartier parisien, me renvoient souvent vers le passé …De belles promenades qui font rêver.
Dans ta prose, on entend les cloches de Notre Dame …C’est un joli rêve !
Bel après-midi.
Bisous.
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 14 septembre 2019 à 06:26
Coucou, Susan.
Comme tu le sais, l'Ile Saint-Louis, est un endroit délicieux de Parsi (c'est la Lutèce ancienne), encore plus quand les touristes sont absents.
Je n'avais pas réalisé que re-postant cette petite prose, il y avait la référence implicite à Notre Dame, dont, hélas, les cloches sont silencieuses pour l'heure.
Gros bisous. Philip
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