Oсень Татарстан (Un automne au Tatarstan)

Dans une rue de Kazan un vieux tram est en panne,
Et les premiers flocons sinistres comme l’enfer
S’écrasent sur la tête d’un vieil éthéromane
Confondant le pavé au vieux chemin de fer.
Dans l’Automne chiasseux, le Tatarstan s’éveille,
Comme les vieux poulaillers des fermes d’Orwiczé.
Dans le matin blafard, il reprend sa bouteille;
Mstilav est résigné, ses joues couperosées.
Et ainsi va la vie dans ces riants vallons
Balayés par les vents d’une Sibérie proche,
Tandis que des soldats aux gestes trop brouillons
S’acharnent sur un vieux pour lui faire les poches.
Dans l’Automne pluvieux, le Tatarstan se meurt
Quand, à Léninogorsk, au musée Sokolka,
Les papillons miteux ne sont plus racoleurs ;
Mstilav est engoncé, perdu sous sa chapka.
Devant un vieux palais, une statue de Staline,
Oubliée par le Temps, défie tous les regards.
Les passants fatigués n’ont plus l’humeur câline
Quand novembre ingénu apporte ses brouillards.
Ô mon fier Tatarstan, dans ta douce autarcie,
Tes façades blêmes chantent ton désespoir.
Saoul comme à Kamionka, Mstilav s’est endormi,
Rêvant d’un paradis las comme un assommoir
Et les premiers flocons sinistres comme l’enfer
S’écrasent sur la tête d’un vieil éthéromane
Confondant le pavé au vieux chemin de fer.
Dans l’Automne chiasseux, le Tatarstan s’éveille,
Comme les vieux poulaillers des fermes d’Orwiczé.
Dans le matin blafard, il reprend sa bouteille;
Mstilav est résigné, ses joues couperosées.
Et ainsi va la vie dans ces riants vallons
Balayés par les vents d’une Sibérie proche,
Tandis que des soldats aux gestes trop brouillons
S’acharnent sur un vieux pour lui faire les poches.
Dans l’Automne pluvieux, le Tatarstan se meurt
Quand, à Léninogorsk, au musée Sokolka,
Les papillons miteux ne sont plus racoleurs ;
Mstilav est engoncé, perdu sous sa chapka.
Devant un vieux palais, une statue de Staline,
Oubliée par le Temps, défie tous les regards.
Les passants fatigués n’ont plus l’humeur câline
Quand novembre ingénu apporte ses brouillards.
Ô mon fier Tatarstan, dans ta douce autarcie,
Tes façades blêmes chantent ton désespoir.
Saoul comme à Kamionka, Mstilav s’est endormi,
Rêvant d’un paradis las comme un assommoir
11 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 18 février 2021 à 14:34
Le propos ne se moque pas de la misère, c'est un peu un triste constat de la vie de ces anciennes républiques de l'Est, autrefois membres de l'Union Soviétique, et où, aujourd'hui l'on continue de survivre, plus durement qu'autrefois sans doute. Un tableau social grincant et glacial.
Mais la poésie est au rendez-vous et sert à la peinture du triste décor.
Amitiés à tous et à toutes.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
José · le jeudi 18 février 2021 à 20:23
Avant de lire ton commentaire, je pensais justement que tu nous dressais un tableau social bien sombre de ce coin de l'ex-URSS dont le peuple a beaucoup souffert sous Staline (déportation de Crimée en 1944 entre autre).
Bonne soirée
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 19 février 2021 à 08:48
Bien sûr, tu n'aura pas eu, dans ces vers, la délicatesse apaisante de ta "fille-lavande".
Mais c'est en effet un "tableau social" de réalités que l'on ne fait que deviner.
Il y a des contrées où le bonheur est si difficile à vivre.
J'essaierai d'être plus optimiste dans mes prochaines poésies.
Avec toute mon amitié.
Philip.
mariepaule · le vendredi 19 février 2021 à 09:12
J'ai froid en te lisant, mais pas à cause du temps, mais de ce décor si sombre et de plus, même las flocons étaient fait de violence.
On sent fortement la rudesse de vie de cet endroit, car tes mots à travers tes vers le soulignent parfaitement...
Une belle lecture mais sombre...
Je ne me souvenais plus de ce poème...
Om
Bisous de Marie
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 19 février 2021 à 10:26
Coucou Mairie.
Il est vrai que le moment n'est pas le meilleur choisi pour ce re-post.
A l'époque où je l'ai écrit, il s'agissait plus d'un exercice de style -grinçant certes - qui voulait allier un vrai style poétique, avec une réalité loin de la beauté que doit inspirer la poésie.
J'écoute souvent, en ce moment, "Des pas sur la neige" et "La neuge dance", deux pièces pour piano de Debussy. Là, la neige est....joyeuse !
Gros bisous Marie.
Philip
rivaudais · le vendredi 19 février 2021 à 20:06
gymnote29 · le samedi 20 février 2021 à 07:23
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 22 février 2021 à 18:24
Merci d'être passé, René.
Oui, sous une forme poétique, c'est hélas la réalité de ses Etats de l'Est, à l'économie si précaire que le désespoir a bien trop souvent des gens les plus dignes.
Le poème n'est pas joyeux, mais ce n'était pas le but, évidemment.
Amitiés.
Philip
Pour GYMNOTE29 :
Oui, on pourrait dire "que c'estd du Zola", dans l'ambiance qui touche au sordide.
Mais dans mes mots, c'est évident, au-delà de la tournure grinçante du poème, il y a de la compassion pour tous ceux qui souffrent sous d'autres latitudes.
Amitiés, Jean-François.
Philip
Rachelle · le lundi 22 février 2021 à 19:15
Rachelle · le lundi 22 février 2021 à 19:18
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 1 mars 2021 à 10:02
Merci d'avoir aimé ce poème, volontairement caustique et dur pour décrire l'envers de la poésie idylique et joyeuse.
Mais la poésie sert à ça également.
Je vais passer sur ton site pour te lire?
Amitiés. Philip
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.