Les chalands oubliés

Sous leurs pas affadis de rêve enseveli,
Ils portent leur ennui, de vêture endormis.
Leurs serments sont voilés de si obscures nuits,
Qu’ils ont perdu l’envie des brumes alanguies
Les chalands oubliés regardent les vitrines
De leur vie qui passe, sans regarder antan,
L’odeur des souvenirs, et les humeurs câlines
Complainte infidèle emportée par les ans.
Ils vont, ourdis de guipures et de soies vives,
Pantins monotones aux menuets tremblants,
Chercher des rêveries et des mots à vivre,
Comme des secrets perdus, abandonnés au Temps.
Et leurs âmes chavirent aux tempêtes, aux tourments,
Qui sombrent leurs navires de fredaines lasses.
Les reflets des miroirs, morts à jamais au vent,
Sont sensations vagues, comme un cœur qui passe.
Fantomatiques Princes sans cour ni Roi,
Vous courez devant moi, en ces biens tristes nues,
Dont les nuages noirs asservissent vos lois.
Vous n’aurez en retour que vos grimaces repues.
Rendez à l’élégiaque Nature vos souhaits,
Ils n’ont plus de rimes, ils sont las devenirs
Soignez vos ors ou bien dansez aux imparfaits,
Vos cadavéreuses armoises vont mourir.
Ils portent leur ennui, de vêture endormis.
Leurs serments sont voilés de si obscures nuits,
Qu’ils ont perdu l’envie des brumes alanguies
Les chalands oubliés regardent les vitrines
De leur vie qui passe, sans regarder antan,
L’odeur des souvenirs, et les humeurs câlines
Complainte infidèle emportée par les ans.
Ils vont, ourdis de guipures et de soies vives,
Pantins monotones aux menuets tremblants,
Chercher des rêveries et des mots à vivre,
Comme des secrets perdus, abandonnés au Temps.
Et leurs âmes chavirent aux tempêtes, aux tourments,
Qui sombrent leurs navires de fredaines lasses.
Les reflets des miroirs, morts à jamais au vent,
Sont sensations vagues, comme un cœur qui passe.
Fantomatiques Princes sans cour ni Roi,
Vous courez devant moi, en ces biens tristes nues,
Dont les nuages noirs asservissent vos lois.
Vous n’aurez en retour que vos grimaces repues.
Rendez à l’élégiaque Nature vos souhaits,
Ils n’ont plus de rimes, ils sont las devenirs
Soignez vos ors ou bien dansez aux imparfaits,
Vos cadavéreuses armoises vont mourir.
12 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 16 janvier 2012 à 16:52
Je vous adresse à toutes et à tous, mes amitiés. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
imparfaitlibre · le lundi 16 janvier 2012 à 21:16
pourquoi histoire insensée? Combien de personne peuvent se sentir concernées par ton poéme?
J'imagine qu'il y en a beaucoup plus dans ce monde que tu ne le penses.
Beaucoup de gens rêvent de ce qu'ils n'ont pas, de ce qu'ils voudraient avoir sans jamais essayer de l'obtenir ou de ce qu'ils n'auront jamais par manque de volonté.
Leur vie passe, jamais elle ne se dépasse et à la fin elle trépasse au rythme des calendriers que l'on achéte le premier janvier et que l'on jette le 31 décembre.
Les soldes, je les vis de l'intérieur alors des "chalands", j'en croise tous les jours.
Dans ce monde rien n'est parfait, rien n'est imparfait, tout n'est que passé, présent et futur!!!
bises sincères mon ami Philip.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
didou · le lundi 16 janvier 2012 à 21:49
http://www.mespoemes.net/didou
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 17 janvier 2012 à 07:11
J'aime beaucoup la lucidité de ton propos.
Combien de gens sont envieux du sort de certains autres (matériel ou moral) alors qu'ils n'ont pas la volonté d'essayer de changer leur vie. Cela me fait penser à un ami d'adolescence qui a 30 ans me disait, un peu amer "je ne fais rien de ma vie !". Aujourd'hui, il ne fait toujours rien et est toujours obnubilé par l'argent. Bon, ce genre d'individu, impensable d'imaginer qu'ils puissent s'émouvoir d'un ciel étoilé ou ouvrir, par simple curiosité; un livre de....Cioran, par exemple !
A part ça, bon courage pour ton travail, encore trois/quatre semaines de frénésie.
Gros bisous mon amie.
Pour DIDOU :
Merci de ton com. En plus de ça, si quelques uns de ces vers t'inspirent de futur poème, je suis comblé ! Il est vrai que la poésie ose tout, permet tout, et en vers, les idées prennent une autre forme, ont une autre acuité. Amitiés.
Pour LOLA :
Merci mon amie pour ton propos qui laisse entendre que tu sais où son les vraies valeurs de l'existence. Mais ça, je n'en doutais pas. Gros bisous
Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
lesprosesdeslim · le mardi 17 janvier 2012 à 08:57
Nos réactions et notre comportement de chaque moment sont pratiquement toujours inspirés de ces visions, bonnes ou mauvaises, réelles ou virtuelles, que la vie nous impose au décours de chaque instant vécu. Dés lors, il en découle fatalement des états d'âme qui vont nous dicter une approche fantaisiste de la vie car elle ira se régler au rythme des émotions que les "les vitrines de la vie "vont nous renvoyer...Toutefois, comme l'a si bien évoqué et expliqué Lola dont j'ai énormément apprécié le commentaire trés percutant, l'on ne peut acheter l'inaccessible étoile nécessaire à notre bien être même si parfois on en récolte quelques poussières malheureusement trés volatiles!!C'est en cela que le beau poème de Philip me touche car, quelque part, l'on se reconnait tous dans ces marchands pathétiques qui cherchent, trés haut dans le ciel, cette part de bonheur qu'ils tentent vainement de deviner en ces hypocrites oripeaux de nos vitrines...
Et, sans doute, s'en iront ils, les bras lourds et vides, tout le long des ruelles mortes de la vie mais, néanmoins, avec des rêves fous plein le coeur, quelques larmes retenues au coin de leurs yeux, des soupirs langoureux qui emplissent l'âme et le coeur de beaucoup d'espérance...Sans doute, est-ce là le véritable message de la vie que tu nous a aimablement confié.Je te remercie beaucoup pour ce cadeau. Amitiés. Slim.
imparfaitlibre · le mardi 17 janvier 2012 à 09:16
passe une très bonne journée.
bises mon ami---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Vesta · le mardi 17 janvier 2012 à 11:32
domidom · le mardi 17 janvier 2012 à 14:10
J'aime bien ces petits ressentis des uns et des autres, c'est je pense à cela que l'on détermine la valeur du poème, car pour chacun, il peut y avoir une vision différente de chaque chose....
Pour moi, (Les vitrines de la vie), ne sont pas faites que de désirs et d'envies, ils est aussi des chalands qui entrent dans des magasins avec le désir d'acheter, mais souvent les étiquettes ne sont pas à leurs portées, bien sûr, il y a les autres, ceux que les soldes font rêver....
Pourquoi toujours vouloir ce que l'on ne peur acquérir, pour épater les autres ou pour s'épater soi même???
La vie m'a appris à ne jamais regarder plus haut que moi, aussi, je me trouve bien dans ma tête et dans ma peau, maintenant, je pourrais ajouter qu'en vieillissant on ne regarde, et surtout, on ne voit plus les choses de la même façon....
En résumé, contentons nous de ce que nous avons, l'envie n'apporte rien d'autre que de la mesquinerie et de la jalousie....
Moi, je suis devenue une sorte de chaland, que les années poussent doucement vers un univers méconnu, je ne suis pas certaine qu'il y aura des soldes.!!!
Juste un petit mot pour Vesta, nous aussi on t'aime très fort...
Pour Philip, tu as ma réponse à ta question sur mon poème ...(Remord)...
Amitiés et gros bisous à toi mon cher ami.....
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 17 janvier 2012 à 21:04
Merci mon ami, tu as bien compris le sens de mon poème. tu as rebondi par dessus avec des mots et des évocations si justes et si bien écrits que tu pourrais en faire un poème, qui serait un peu une suite du mien.
Pour Imparfait :
Merci mon amie, toi aussi tu m'as compris. Oui, je constate comme toi que plus les années passent, plus on voit les choses différemment. Est-ce ce que l'on appelle la sagesse ? En tout cas ce ne doit en être, si c'est le cas, que le tout début, car il nous reste tant de choses à apprendre, à revisiter. Et je crois qu'à la fin de notre vie, nous serons contraints de nous dire une chose, à la finale "Je sais, je sais que je ne sais rien". D'autres savent tout depuis longtemps, c'est évident pour eux. Tant mieux pour eux, quelque part je les plaints.
Tu dis qu'il ne faut jamais regarder plus haut que soit. Mais au fond de nous même, d'une façon intime qui ne regarde pas les autres, il faut mettre en pratique cette profonde réflexion que faisait Louis Pasteur : "regarder en haut, apprendre au-delà, chercher à s'élever, toujours". Mais ça, ça n'a rien à voir avec une réussite sociale où autre, c'est le moteur de nos propres leçons de vie. J'ai acheté cet après-midi un livre de Cioran. Tombé sous le charme de sa profondeur d'esprit. Je t'en parlerai demain. Merci de ta sagesse et de ta clairvoyance. Amitié sincère et bisous. Philip
A Domie et Vesta : merci de votre gentillesse et de votre fidélité. Ce n'est pas parce que mon com est plus court que mes mots pour vous sont moins chaleureux (je tombe simplement de fatigue).
Merci à tous mes ami(e)s. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
mandoespartero · le mercredi 18 janvier 2012 à 12:06
http://www.mespoemes.net/mandoespartero
Jamais ivresse n'aura porté au coeur du poéte autant d’exaltation!
Ce poème glisse en reptation sur le ciré du temps et se laisse couler en musiques dociles sur la peau de nos âmes...
Poète!?...Oui, cher ami, tu l'es!!!
Amicalement tien
@rm@nd
worrell02 · le mercredi 18 janvier 2012 à 18:05
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Dedeye · le jeudi 19 janvier 2012 à 14:48
Avec toutes mes amitiés
André
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