La déchirure - Acte trois

Paris – février (dans son appartement)
Elle tenait à la main sa lettre, postée de Naples quelques jours auparavant. Une simple lettre ou plutôt un court poème dont la forme, pourtant inhabituelle, ne la surprit pas cependant qu'elle cherchait déjà à en comprendre la trame. Pas plus que les quelques mots qui le terminaient, les plus révélateurs certainement de ces jours de silence :
« Il y a près des contrées crépusculaires,
Des femmes portant des noms de sirènes,
Attirées par le fanal tremblotant d’un discret lucernaire.
Les navires alanguis s’abandonnent aux lointains arpèges,
Qui ponctuent d’Eternité la flamme des sortilèges.
Des équipages audacieux ont racontés qu’aux aurores,
Ils ont vu la caravelle d’un fier conquistador,
Remonter les courants, braver les maelströms,
Pour s'échouer en pleurant sur la grève de leurs rêves abandonnés.
J’existe. »
Mais il y avait dans ces mots toutes les certitudes du dormeur halluciné, qui atteint enfin les miroirs inaccessibles.
Il réapparaissait dans son existence, dans l’existence tout court, comme il semblait vouloir le souligner à travers une bribe de sa pensée, couchée sur un simple petit morceau de papier. Un fragment de sentiment, qu’il faudrait décoder patiemment. Elle n’aurait su dire en fait si ce message était vraiment rassurant. Les quelques lignes qu’elle tenait encore à la main semblaient pourtant chargées d’un contenu mystérieux, non pas tant en raison de leur apparente incohérence, mais dans ce qu’elles révélaient de plus subtil et de plus profond.
"A l'aune de tant d'Eternité, il ne restera que les souvenirs, à chérir comme une fleur qui ne mourra jamais"
Elle tenait à la main sa lettre, postée de Naples quelques jours auparavant. Une simple lettre ou plutôt un court poème dont la forme, pourtant inhabituelle, ne la surprit pas cependant qu'elle cherchait déjà à en comprendre la trame. Pas plus que les quelques mots qui le terminaient, les plus révélateurs certainement de ces jours de silence :
« Il y a près des contrées crépusculaires,
Des femmes portant des noms de sirènes,
Attirées par le fanal tremblotant d’un discret lucernaire.
Les navires alanguis s’abandonnent aux lointains arpèges,
Qui ponctuent d’Eternité la flamme des sortilèges.
Des équipages audacieux ont racontés qu’aux aurores,
Ils ont vu la caravelle d’un fier conquistador,
Remonter les courants, braver les maelströms,
Pour s'échouer en pleurant sur la grève de leurs rêves abandonnés.
J’existe. »
Mais il y avait dans ces mots toutes les certitudes du dormeur halluciné, qui atteint enfin les miroirs inaccessibles.
Il réapparaissait dans son existence, dans l’existence tout court, comme il semblait vouloir le souligner à travers une bribe de sa pensée, couchée sur un simple petit morceau de papier. Un fragment de sentiment, qu’il faudrait décoder patiemment. Elle n’aurait su dire en fait si ce message était vraiment rassurant. Les quelques lignes qu’elle tenait encore à la main semblaient pourtant chargées d’un contenu mystérieux, non pas tant en raison de leur apparente incohérence, mais dans ce qu’elles révélaient de plus subtil et de plus profond.
"A l'aune de tant d'Eternité, il ne restera que les souvenirs, à chérir comme une fleur qui ne mourra jamais"
9 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 4 février 2012 à 19:48
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
lesprosesdeslim · le samedi 4 février 2012 à 20:42
les phrases de ce beau poème, bien que alambiquées, sont suggestives plus d'un état d'âme particulièrement émouvant que d'un état de fait véritablement vécu. Autant, au départ de sa lecture, j'ai eu le sentiment d'avoir réussi à te suivre dans tes cheminements contre nature, autant, vers la fin, il m'a fallu reconnaître que j'étais entièrement désarçonné par ce singulier dénouement. La faute, fatalement, ne peut, sans aucun doute, être imputée qu'à une erreur d'appréciation de ma part ou, au mieux, à mon manque de discernement que la complexité de tes écrits n'a fait qu'exacerber.Du reste, je te demanderais, le moment venu, de bien vouloir éclairer ma lanterne.Amicalement. Slim.
Iiloreve · le dimanche 5 février 2012 à 03:20
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 5 février 2012 à 09:44
Merci, mon ami. Ce texte n'a pas de sens véritable, pas plus que le poème qui l'intègre. C'est ce que j'appelle, dans mon langage, une forme "d'impressionnisme littéraire", où l'assemblage et la confrontation de mots crée un ambiance, parfois étrange. La nouvelle "la déchirure", qui se construit au fur et à mesure de mon humeur, conte l'histoire d'un musicien qui quitte tout pour poursuivre une quête d'Absolu qu'il ne peut définir et qui le conduit en Italie, dans la région de Naples. S prochaine étape sera Venise. Voilà. Avec mes chaleureuses pensées, mon ami.
Pour LILO :
Ton commentaire est une vraie réflexion philosophique sur l'être humain (cf ce que je t'ai dis dans un récent mail). Cela me confirme que mespoemes.net n'est pas qu'un simple assemblage de poésies, mais permet un immense brassage d'idées qui nous donnent à réfléchir. Ce site fait, avec bonheur, d'une pierre deux, trois, etc... coups.
Pour SALAM :
A toi aussi, que de sagesse dans tes propos. J'avais oublié cette force du partage, peut être craint que ce partage n'existe plus. Une chose est sûre, je suis sincère. Donc demain, les craintes doivent s'évanouir. Merci. Gros bisous.
Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 5 février 2012 à 12:08
Encore de la sagesse : ne jamais oublier que dans notre vie quelle qu'elle soit, le partage et ses mots qui vont avec, ou le simple partage, sans les mots, dans le silence du coeur et de l'âme, est un Trésor immense. Qu'est une vie, sans partage ? Une bien grande tristesse !
Et fermons les yeux pour entendre toutes les sonates, toutes les musiques, tous les poèmes qui nous ont touchés. Bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
domidom · le dimanche 5 février 2012 à 16:52
Mes amitiés....Domie...
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 5 février 2012 à 18:30
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
lola · le dimanche 5 février 2012 à 20:14
imparfaitlibre · le dimanche 5 février 2012 à 21:21
Mais savons-nous nous contenter d'exister à nos propres yeux ou avons-nous toujours ce besoin d'exister aux yeux des autres!!!!
bises sincères mon ami philip!!!--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
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