Le Paris des poètes - IV

Pour Domie
LA GARE D'AUSTERLITZ
Sur le flanc de la Seine, il est un vieux palais,
Aux verrières ternies, à l’armature usée,
Là se presse le vent, comme une ode au rabais,
Qui vient cabrer les foules aux regards égarés.
A juste quelques rimes des ogres de métal
Un jardin délicieux, aux senteurs surannées
Vous conte un chant gracieux, sur un mode banal,
Aux odorants caprices, aux parfums délaissés.
Le fracas des machines, sur les quais, échouées,
S’élevait jusqu’aux cieux, en chants industrieux.
La vieille gare observe en regards étonnés,
Tous ces yeux ébahis qui s’apprêtent aux adieux.
Sur l'asphalte terni de la noire indolente,
Immobiles au milieu de cette marée sombre,
Sont deux âmes inconnues à la pensée ardente
Qui vont se rencontrer pour sortir de leur ombre.
Passez, voyageurs impatients, allez au bout du monde,
Le temps s’est arrêté pour ces cœurs enchaînés,
Ils quitteront la ville d’une marche vagabonde,
Pour, sans se retourner, au loin s’émerveiller.
Paris s’est endormi, indifférent et las,
Tandis que partent au loin les trains sans bagages,
Avec pour compagnie, amants et falbalas,
Qui ne rêvent enfin que de serments bien sages.
LA GARE D'AUSTERLITZ
Sur le flanc de la Seine, il est un vieux palais,
Aux verrières ternies, à l’armature usée,
Là se presse le vent, comme une ode au rabais,
Qui vient cabrer les foules aux regards égarés.
A juste quelques rimes des ogres de métal
Un jardin délicieux, aux senteurs surannées
Vous conte un chant gracieux, sur un mode banal,
Aux odorants caprices, aux parfums délaissés.
Le fracas des machines, sur les quais, échouées,
S’élevait jusqu’aux cieux, en chants industrieux.
La vieille gare observe en regards étonnés,
Tous ces yeux ébahis qui s’apprêtent aux adieux.
Sur l'asphalte terni de la noire indolente,
Immobiles au milieu de cette marée sombre,
Sont deux âmes inconnues à la pensée ardente
Qui vont se rencontrer pour sortir de leur ombre.
Passez, voyageurs impatients, allez au bout du monde,
Le temps s’est arrêté pour ces cœurs enchaînés,
Ils quitteront la ville d’une marche vagabonde,
Pour, sans se retourner, au loin s’émerveiller.
Paris s’est endormi, indifférent et las,
Tandis que partent au loin les trains sans bagages,
Avec pour compagnie, amants et falbalas,
Qui ne rêvent enfin que de serments bien sages.
16 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 08:48
(ps : le magnifique jardin qui jouxte la gare d'Austerlitz, est le Jardin des Plantes, ravissant lieu de promenade entre la Seine et la montagne Sainte-Geneviève, pas loin de chez nos amis Verlaine et Baudelaire)
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
marcek · le vendredi 2 mars 2012 à 10:01
Les gares des villes, autrefois somptueusement bâties pour la plupart, les gares de campagne dans leur simplicité , toutes symbolisent un élan vers ailleurs (ou une routine pour celui qui les emprunte pour se rendre chaque matin au travail !) Dans ma jeunesse, prendre le train était toute une aventure ; c'était encore le temps des grosses machines fumantes et l'on ne se penchait pas à la fenêtre de crainte des escarbilles de charbon dans l'oeil.
Les marche-pieds étaient bien haut pour mes petites jambes d'enfant et j'étais intriguée par l'inscription appposée sur les portières et au-dessous des fenêtres "E PERICOLOSO SPORGIERSE " que personne n'avait su me traduire !
Le passage des tunnels me remplissait d'effroi et je guignais d'un oeil envieux la poignée du signal d'alarme qui permettait d'arrêter le train...Quant au bruit monstrueux que faisait le fond des toilettes où l'on apercevait les rails filant à une vitesse folle(!)
, je m'en souviens encore.
Merci, Philippe d'avoir par tes mots et l'ambiance crée ravivé tous ces souvenirs !
http://www.mespoemes.net/marcek
imparfaitlibre · le vendredi 2 mars 2012 à 10:17
Je n'ai qu'un vague souvenir de cette gare puisqu'elle n'est plus celle qui m'accueil quand je vais à Paris et contrairement à notre amie Domie, je n'en ai jamais rien ramené....
Leur rencontre est certainement une des plus belles que je connaisse puisque cela fait trente ans qu'ils vivent ensemble!!!!
Merci Philip pour cette destination qui va raviver la flamme de notre Domie.
Bises sincères mon ami.----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
oliverjane1950 · le vendredi 2 mars 2012 à 10:41
Amitiés.
Oliverjane
domidom · le vendredi 2 mars 2012 à 14:21
C'est drôle, où étais-tu caché quand j'ai rencontré Joël, peut être étais -tu dans ce café , ou gêné , il m'a dit, (excuse-moi de t'avoir pris la main)...
29ans se sont écoulés Philip, 29 ans d'un bonheur intense, comment oublier les quais de cette gare d'Austerlitz....
Merci mon ami, merci pour ce merveilleux poème, ce soir, je vais le lire à Joël, je suis certaine que ses yeux brilleront en écoutant le récit de ce merveilleux souvenir....
J'ai été très très touchée par cette trop belle lecture...
Je te fais plein de gros bisous....
Ta marraine....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 14:39
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 16:00
Chère marraine, chère Domie, c'est drôle, mais en écrivant ce poème, je m'imaginais bien que votre histoire, Joël et toi, avait commencé dans un café. Presque un tiers de siècle de bonheur ! Quelle chance vous avez. Je suis infiniment touché et infiniment heureux que mes quelques vers aient fait remonter de si beaux moments - ceux du début d'une longue histoire - et que quelques larmes de joie aient pu s'évader de tes yeux. Ce genre de larmes, est autorisé, mieux, vivement recommandé !
Moi qui aime écrire l'Amour, je te ferai d'autres dédicaces, ce sera avec un immense plaisir. Je te fais de gros et affectueux bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 16:06
Je vois que tu connais bien le quartier. Je fais souvent cette promenade qui commence par le Jardin des Plantes, la Mosquée, mais là, ma balade bifurque : Arènes de Lutèce, rue Monge, bas de la rue Mouffetard, rue Descartes (maison où mourut Verlaine), Panthéon et Jardin du Luxembourg.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Loïc · le vendredi 2 mars 2012 à 16:10
La dimension "poème écrit pour" vient ajouter à l'ensemble ; car si de nombreuses personnes se sont rencontrées sur les quais d'une gare, le fait qu'on en connaisse une personnellement, une qui a vécu l'expérience, ancre le poème dans le réel.
Voilà, j'ai fait les 4 "Paris" -- et je remonterai le temps, sinon dans Paris, du moins dans ta liste de poèmes pour rattraper un peu mon retard ! Et sinon, prévois-tu de faire un poème classique prochainement ? Ou, sans aller jusque-là, un poème en vrais alexandrins, qui donneraient à un futur poème le grade tout à fait honnête de "néo-classique" à la Aragon ? Ce n'est vraiment pas très dur à faire ; le néo n'a que deux règles : les alexandrins doivent en être, et ils doivent rimer... C'est tout !! Tu es à l'aise dans ta poésie, tu manies très bien tes sujets : ne reste plus qu'à travailler la technique !
Amitiés, et merci pour le voyage dans le temps (qui ne s'arrête peut-être pas là, d'ailleurs ? Paris V bientôt ?).
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 16:10
Ces ambiances que tu décris, je les ai bien connues. Ah oui, l'énigmatique "E pericolo sporgesi" (il est dangereux de se pencher à la fenêtre !". Comme je descendais sur la Côte d'Azur, dans la rame du train bleu, il y avait parfois quelques wagons italiens. Et puis, n'oublie pas que je suis un "garçon", fasciné depuis tout petit par les trains. Ah mes trains électriques, comme j'aimais y jouer. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 mars 2012 à 16:26
Merci de profiter de ton temps disponible pour lire mes oeuvrettes. Voilà ce que c'est que de déserter un temps le site, il y a beaucoup de retard à combler.
Alors oui, je vais bien entendu faire l'effort de me lancer d'abord dans du néo-classique (moins contraignant) puis dans du classique. J'ai même laissé de côté les quelques traités de poésie que j'ai acheté et je prendrai pour référence les exemples que toi et Domie m'avez donné. Domie, qui a la gentillesse de me consacrer un peu de temps, veille au grain. Elle a même commencé à me corriger, dans les règles un de mes poèmes. Mais son élève est bien paresseux en ce moment. Pour ma série "le Paris des poètes", j'ai, une fois de plus écrit dans l'urgence, alors le résultat tu le devines. Par contre, lorsque je déclare que mes poèmes sont "à la manière, de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, c'est uniquement dans l'utilisation des mots, de la structure émotionnelle, de l'ambiance, mais pas de la technique. En tout cas, patience. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
didou · le vendredi 2 mars 2012 à 20:06
A bientot
amitié didier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 3 mars 2012 à 08:57
Eh bien, comme je sens qu'au fil des jours se tisse lentement un album de photos poétiques sur Paris et ses environs, peut-être aurais-je le coup de foudre pour cette île de la Jatte dont tu me parles tant et écrire un poème sur ce lie. Et pourquoi pas en ta présence, ô muse inspiratrice (Lol). Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
phantom · le samedi 3 mars 2012 à 11:44
lesprosesdeslim · le dimanche 4 mars 2012 à 21:42
c'est vrai que les gares ont toujours été ce lieu mythique où se font et se défont les plus belles relations au monde. Qui de nous tous ne frémit pas toujours aux sifflements d'un train dans le soir ou ne piaffe d'impatience dans l'immensité d'un quai! Ton poème nous parle tellement d'autres émotions encore enfouies au plus profond de nos êtres que l'on a du mal à ne pouvoir s'y reconnaître. Merci mon ami pour ce beau partage. Amitiés. Slim.
lilorev · le jeudi 8 mars 2012 à 03:21
Continu de nous balader on te suit toujours avec plaisir même quand on est en retard lol.
Bisous. Lilo
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