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poètes et gitans de Grenade

Le mardi 19 novembre 2013 à 12:04, posté par QUETZAL · 205 lectures

Les oliviers, sous le soleil,ont des feuilles d'argent. 
Dans l'ombre des collines,dessous leurs fruits sombres 
flotte toujours l'odeur du sang. 
Sang du taureau ou sang du poète 
dans la lumière d'improbables fêtes. 

Au coin d'une forge vit un gitan 
vêtu de noir,ridé,lunaire, 
il pleure le temps,à l'heure de l'été ibère 
qu'il vit comme un trop long hiver. 
A la lune,le soir,  
il chante ses regrets,la mort,le désespoir, 
sous la colline où dort Lorca,d'un éternel sommeil. 
Sur des sentiers cachés, courent des rêves de cristal 
tachés de sang vermeil, 
sous le pas de cavaliers noirs dressés contre le ciel. 

Dans Grenade la ville rouge , écoute ces murmures 
aux cours de l'Albaicin qui cachent des ombres pures. 
Sous les orangers en fleurs, est mort le poète 
dans des rumeurs au parfum suave. 
Leur mémoire imprègne les ruelles , et les regards graves, 
derrière ce chien noir qui boite dans l'ombre bleue. 

Au fond des yeux du gitan , au fond de son regard, 
les braises d'un feu qui s'éteint lentement ce soir ; 
au fond des grottes, bientôt , on allumera d'autres feux. 
On y entendra le Cante Hondo, Le Chant profond, 
la plainte de l'âme , et derrière les flammes , 
dans l'ombre rougeoyante, dans la brise des arpèges 
aux accords dissonants,l'esprit du Romancero 
viendra, avec tous ses sortilèges, 
peupler l'Andaluz de rêves rémanents. 
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7 commentaires

salus · le mardi 19 novembre 2013 à 13:21

Des mots pleins du temps, du soleil et des gens d'Andalousie...

C'est très beau, je suis épaté !
Ce que tu fais me semble âpre et difficile, le résultat est superbe.
Salus

quetzal · le mardi 19 novembre 2013 à 16:07

----merci;
c'est plus du travail que de la poésie ,dans cet effort désespéré
d'exprimer ce qui tient à coeur en quelques mots glissants qui vous échappent et trahissent souvent la pensée; "cent fois sur le métier remettez votre ouvrage"disait Boileau; je n'en suis qu'à la dixième version;il y a encore des possibilités d'amélioration.
personnellement; j'admire votre facilité apparente et la richesse de vos textes et de ceux de certains autres auteurs;
amicalement;
jf
http://www.mespoemes.net/quetzal

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 19 novembre 2013 à 17:55

Ah, Granada, tout le mystère de l'Andalousie.....enfin, une partie seulement de l'Andalousie. Moi, je suis plus sensible au charme de Sevilla !
Quant au choix de tes mots et à l'agencement de tes vers, il n'y a pas de doute, ils décrivent bien cet endroit merveilleux. Tu n'as surtout pas à rougir de ton écriture et ton sens de la perfection t'honore, cher Quetzal. Et puis, au passage un hommage à Federico Garcia Lorca est bien sympathique. Au plaisir de te lire, ami poète. Philip.

domidom · le mardi 19 novembre 2013 à 20:35

L'Andalousie doit être une des sept merveilles du monde, il suffit de suivre cette magnifique prose pour l'imaginer et sentir vibrer tous ces chants remplit de mystère et de nostalgie....
Te lire est un plaisir...
Amitiés, Domie...

didou · le mercredi 20 novembre 2013 à 07:44

Bonjour quetzal , merci pour ces voyages, ces contes , entre gitans et indiens, bravo cher ami ce n'est pas donner à tout le monde d'écrire des poème sur cette idée là ...
Bien à vous
amicalement didou
http://www.mespoemes.net/didou

quetzal · le mercredi 20 novembre 2013 à 07:48

A Philip de Berg:
merci pour cet encouragement;
j'ai eu la chance de travailler quelque temps dans le sud de l'Espagne et là j'ai découvert le monde du flamenco
;j'ai parcouru les montagnes arides
et les rivières sèches du grand sud;
Malaga et Grenade,Séville,Almeria et tous ces petits villages dans la sierra;
et Lorca indissociable de la magie flamenca;
cordialement;
jf

quetzal · le mercredi 20 novembre 2013 à 07:56

A Domidom/
Au delà des clichés faciles c'est un atmosphère particulière qui nous imprègne dans ces lieux austères et charges d'histoire parfois tragique; la musique y est toujours présente;
cordizlement,
jf

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