LA BÊTISE PLUS GROSSE QUE SOI

LA BËTISE PLUS GROSSE QUE SOI
Roi de ma Bêtise
je suis
humilié
je ruisselle de honte
les clients me regardent
dissimulant derrière leur main
un sourire
je dois traverser le hall
rentrer dans la grande salle
accéder à mon effacement
en atteignant ma place
qui me paraît très loin
il y a des distances
comme ça insurmontables
ces distances dans la durée
elles peuvent remplir
des journées entières
et toute une vie
mes vêtements honteux
me collent à la peau
si je marche
mes pieds dans les chaussures
font des bruits clapoteux
je déborde de sueur
et j’urine
sur le tapis soyeux
d’un restaurant sélect
mais je me redresse
et je deviens Roi
je ralentis mon pas
que j’oblige à être léger
mes yeux
très important les yeux
je leurs autorise
à surplomber tous les crânes conformes
des clients
mes yeux balaient un champ planétaire et circulaire
et se perdent au lointain
dans la campagne
où les arbres et les animaux
ne condamnent pas les hommes
je suis le Roi
parfois je m’arrête
je consens à fixer mon regard
sur un client devant sa table obscène
remplie de victuailles
le rire du client moqueur se fige
je pue j’empeste
la vase
la fange verdâtre
des eaux stagnantes
mais je suis le Roi
celui qui inverse les règles
aucun domestique
ne me jette dehors
souverainement
je parviens à rejoindre
ma place
celle de ma famille
qui ne me reconnaît pas
et qui feint de m’ignorer
je suis debout
avant de décider de m’asseoir
je reste debout longtemps
à jouir de mon pouvoir
une frayeur indescriptible
règne sur les miens
aucune civilisation
ne pourra interdire
ce qui me traverse la tête
à cet instant
je suis le Roi qui vomit
debout
ses milliers de planctons
ses crapauds têtards orvets larves punaises araignées
invertébrés minus et dégoûtants
que mon inconséquente bêtise
m’a fait engloutir
une marée putride
grouillante sur la table se répand
en un don royal de ma générosité
ma vomissure coupable
je m’assois devant mon assiette
mais au menu
figurent des truites volumineuses
je ne suis plus Roi hélas
même plus de moi-même
la société vengeresse
plongent
ses truites bouffies
dans ma gorge
de garçon humilié
dogmes et savoir-vivre
ont des saveurs de blâme
pour tous les insoumis
et les pénitents honteux
qui se flagellent
voilà c’est une affaire
de déséquilibre
je hurle
le pied de mon imprudence
le bras de ma tentation
l’impulsion de mes rêves
harponner des crapauds verruqueux
puis c’est le déséquilibre
qui me chavira
dans les abysses
d’une mare immonde
je suis encore le Roi
dis-je
sous la verdict familiale
et seuls les rois
sont exemptés de jugement
mais une arête de truite
me cisaillant le palais
interrompit ma harangue
je suis le Roi
esclave de mes bêtises
au travers de la gorge
restent mes fautes ataviques
comme dans le conscience
de tous les enfants Rois
RAOUL
Roi de ma Bêtise
je suis
humilié
je ruisselle de honte
les clients me regardent
dissimulant derrière leur main
un sourire
je dois traverser le hall
rentrer dans la grande salle
accéder à mon effacement
en atteignant ma place
qui me paraît très loin
il y a des distances
comme ça insurmontables
ces distances dans la durée
elles peuvent remplir
des journées entières
et toute une vie
mes vêtements honteux
me collent à la peau
si je marche
mes pieds dans les chaussures
font des bruits clapoteux
je déborde de sueur
et j’urine
sur le tapis soyeux
d’un restaurant sélect
mais je me redresse
et je deviens Roi
je ralentis mon pas
que j’oblige à être léger
mes yeux
très important les yeux
je leurs autorise
à surplomber tous les crânes conformes
des clients
mes yeux balaient un champ planétaire et circulaire
et se perdent au lointain
dans la campagne
où les arbres et les animaux
ne condamnent pas les hommes
je suis le Roi
parfois je m’arrête
je consens à fixer mon regard
sur un client devant sa table obscène
remplie de victuailles
le rire du client moqueur se fige
je pue j’empeste
la vase
la fange verdâtre
des eaux stagnantes
mais je suis le Roi
celui qui inverse les règles
aucun domestique
ne me jette dehors
souverainement
je parviens à rejoindre
ma place
celle de ma famille
qui ne me reconnaît pas
et qui feint de m’ignorer
je suis debout
avant de décider de m’asseoir
je reste debout longtemps
à jouir de mon pouvoir
une frayeur indescriptible
règne sur les miens
aucune civilisation
ne pourra interdire
ce qui me traverse la tête
à cet instant
je suis le Roi qui vomit
debout
ses milliers de planctons
ses crapauds têtards orvets larves punaises araignées
invertébrés minus et dégoûtants
que mon inconséquente bêtise
m’a fait engloutir
une marée putride
grouillante sur la table se répand
en un don royal de ma générosité
ma vomissure coupable
je m’assois devant mon assiette
mais au menu
figurent des truites volumineuses
je ne suis plus Roi hélas
même plus de moi-même
la société vengeresse
plongent
ses truites bouffies
dans ma gorge
de garçon humilié
dogmes et savoir-vivre
ont des saveurs de blâme
pour tous les insoumis
et les pénitents honteux
qui se flagellent
voilà c’est une affaire
de déséquilibre
je hurle
le pied de mon imprudence
le bras de ma tentation
l’impulsion de mes rêves
harponner des crapauds verruqueux
puis c’est le déséquilibre
qui me chavira
dans les abysses
d’une mare immonde
je suis encore le Roi
dis-je
sous la verdict familiale
et seuls les rois
sont exemptés de jugement
mais une arête de truite
me cisaillant le palais
interrompit ma harangue
je suis le Roi
esclave de mes bêtises
au travers de la gorge
restent mes fautes ataviques
comme dans le conscience
de tous les enfants Rois
RAOUL
Pas encore de note
· connectez-vous pour noter
1 commentaire
AFF · le mardi 1 mars 2011 à 14:56
Voici un texte extrêment difficile, en contenu, en contenant et dans sa structure. Me voici découvrir, un nouveau style.Pourquoi pas ?
Pourquoi se condamner ? En portant son fardeau.
"Ne charge pas tes épaules d'un fardeau qui excède tes forces"(proverbe)
Je reste tout de même avec une incertitude sur le "paraître".
TU ES COMME TU ES !
Merci pour ce partage
Excellente journée
AFF
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.