L'ENFANT ADULTE QUI DORT EN NOUS

L'ENFANT ADULTE QUI DORT EN NOUS
Ostysème ouvre son livre
plonge dans un bouillonnant flot de lecture
Ostysème te souviens-tu du commencement ?
le livre fermé silencieux posé
sur sa table de bois
un livre de tous les possibles
avant qu’un flot d’histoires
ne vienne t’engloutir Ostysème
Ostysème est sur le pas de sa porte
elle ferme sa maison et marche sur la route
Ostysème te souviens-tu du pas de ta porte ?
une maison fraîche et sombre
ses objets familiers que tu caresses le soir
et que tu laisses maintenant derrière toi
Ostysème dans les sentiers de campagne part s’enivrer de lumière violente
Ostysème, pourquoi tu m’éprises la calme transition des seuils ?
Ostysème rencontre des hommes
elle les aime tous et elle ne sait lequel prendre
Ostysème te souviens-tu jadis de ton ennui encore pur ?
le premier homme que tu voyais dans ta nuit
ses bras comme une forteresse autour de toi
Ostysème, observe les larmes de celui qui t’aime sans pouvoir te le dire
Ostysème travaille pour vivre
ses jours sont remplis de fatigue
ses yeux ont un mur pour horizon
Ostysème te souviens-tu du désir exclu ?
il te ronge devant toutes les vitrines de la tentation
dans le village personne ne vient jamais s’asseoir à ta table
Ostysème, écoute donc le doux craquement d’un billet de banque dans tes mains usés
Ostysème regarde le ciel comme un plafond
avec pour interlocuteurs stratus nimbus cirrus
Ostyséme, te souviens-tu de l’infini ?
du père Noël et du père de la création loin par delà le plafond
tes mains sont jointes tes genoux écrasés sur le banc de prière
tu écoutes la paroles céleste d’un beau visage à barbe
Ostysème, si tu n’interroges plus le ciel laisse ouverte une fenêtre
avant de finir comme un paquet de viande sous les draps mornes de l’indifférence
Ostysème chaque matin trouve une raison à sa colère
une ride au menton le chat qui miaule un robinet qui fuit la pluie tambourinant
Ostysème te souviens-tu de la beauté pâle des nuages ?
et le vent sec d’hiver la floraison des cerisiers le clapotis courant d’un ruisseau
Ostysème, considère ta chance d’être debout là avant que le monde ne redevienne chaos
Ostysème est assise devant son ordinateur
ou allume sa télé branche son ipod mitraille avec son numérique
Ostysème te souviens-tu d’une seule image de toi ?
les mots à la craie sur ton ardoise
les concerts le dimanche sous le kiosque à musique
Ostysème, les machines savantes d’aujourd’hui ne sont que la répétition excessive
de ta préhistoire
Ostysème creuse un vide autour d’elle
son meilleur ami s’appelle le chat le chien les oiseaux
Ostysème te souviens-tu hier de ceux qui frappaient à ta porte ?
tu te fais un ciné avec Rémi un spectacle avec Georges un restau avec Jeanne
Ostysème, n’attends rien de l’amitié
pas plus ni moins que du chat du chien et de l’oiseau qui s’arrêtent
sous ton toit parce qu’il y fait chaud
Ostysème exècre le fruit vénéneux du capitalisme
elle n’a que propos amers pour ses capitaines
et leurs rafales d’injustices
Ostysème te souviens-tu des barricades de la rue Gay Lussac ?
les cocktails Molotov dans le soir de mai
la tignasse électrique des étudiants trotskistes
les esprits fumant dans les réunions
tes maximes fulgurantes de Bakounine plein la bouche
Ostysème, trouve toi encore les mots historiques de ton refus
descends dans la rue pour gravir ton chemin
fais de ta dignité un danger quotidien
RAOUL
Ostysème ouvre son livre
plonge dans un bouillonnant flot de lecture
Ostysème te souviens-tu du commencement ?
le livre fermé silencieux posé
sur sa table de bois
un livre de tous les possibles
avant qu’un flot d’histoires
ne vienne t’engloutir Ostysème
Ostysème est sur le pas de sa porte
elle ferme sa maison et marche sur la route
Ostysème te souviens-tu du pas de ta porte ?
une maison fraîche et sombre
ses objets familiers que tu caresses le soir
et que tu laisses maintenant derrière toi
Ostysème dans les sentiers de campagne part s’enivrer de lumière violente
Ostysème, pourquoi tu m’éprises la calme transition des seuils ?
Ostysème rencontre des hommes
elle les aime tous et elle ne sait lequel prendre
Ostysème te souviens-tu jadis de ton ennui encore pur ?
le premier homme que tu voyais dans ta nuit
ses bras comme une forteresse autour de toi
Ostysème, observe les larmes de celui qui t’aime sans pouvoir te le dire
Ostysème travaille pour vivre
ses jours sont remplis de fatigue
ses yeux ont un mur pour horizon
Ostysème te souviens-tu du désir exclu ?
il te ronge devant toutes les vitrines de la tentation
dans le village personne ne vient jamais s’asseoir à ta table
Ostysème, écoute donc le doux craquement d’un billet de banque dans tes mains usés
Ostysème regarde le ciel comme un plafond
avec pour interlocuteurs stratus nimbus cirrus
Ostyséme, te souviens-tu de l’infini ?
du père Noël et du père de la création loin par delà le plafond
tes mains sont jointes tes genoux écrasés sur le banc de prière
tu écoutes la paroles céleste d’un beau visage à barbe
Ostysème, si tu n’interroges plus le ciel laisse ouverte une fenêtre
avant de finir comme un paquet de viande sous les draps mornes de l’indifférence
Ostysème chaque matin trouve une raison à sa colère
une ride au menton le chat qui miaule un robinet qui fuit la pluie tambourinant
Ostysème te souviens-tu de la beauté pâle des nuages ?
et le vent sec d’hiver la floraison des cerisiers le clapotis courant d’un ruisseau
Ostysème, considère ta chance d’être debout là avant que le monde ne redevienne chaos
Ostysème est assise devant son ordinateur
ou allume sa télé branche son ipod mitraille avec son numérique
Ostysème te souviens-tu d’une seule image de toi ?
les mots à la craie sur ton ardoise
les concerts le dimanche sous le kiosque à musique
Ostysème, les machines savantes d’aujourd’hui ne sont que la répétition excessive
de ta préhistoire
Ostysème creuse un vide autour d’elle
son meilleur ami s’appelle le chat le chien les oiseaux
Ostysème te souviens-tu hier de ceux qui frappaient à ta porte ?
tu te fais un ciné avec Rémi un spectacle avec Georges un restau avec Jeanne
Ostysème, n’attends rien de l’amitié
pas plus ni moins que du chat du chien et de l’oiseau qui s’arrêtent
sous ton toit parce qu’il y fait chaud
Ostysème exècre le fruit vénéneux du capitalisme
elle n’a que propos amers pour ses capitaines
et leurs rafales d’injustices
Ostysème te souviens-tu des barricades de la rue Gay Lussac ?
les cocktails Molotov dans le soir de mai
la tignasse électrique des étudiants trotskistes
les esprits fumant dans les réunions
tes maximes fulgurantes de Bakounine plein la bouche
Ostysème, trouve toi encore les mots historiques de ton refus
descends dans la rue pour gravir ton chemin
fais de ta dignité un danger quotidien
RAOUL
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2 commentaires
domidom · le dimanche 27 février 2011 à 20:26
J'avoue que j'ai besoin de faire quelques recherches pour comprendre certains passages, mais je vais m'y atteler dès demain...
A bientôt mon cher Raoul...
domidom · le mardi 1 mars 2011 à 09:56
Amicalement...
Domie...
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