LE FEU A MA SOUTANE

LE FEU A MA SOUTANE
A l’ombre sévère d’un presbytère
elle exposa sa fleur.
Etrangement, feuilletant mon bréviaire,
parvint une chaleur.
Avec des cols durs et blancs sans cravate,
jamais sur les pelouses
je flirtais, jamais pieds nus en savates
quelqu’un me fit jaloux.
Mais un matin le jour devint plus clair.
Des collines, les croupes
vertes propageaient des envies de chair
à faire jouir les troupes.
Existe-t-il vraiment ce pays bleu
là où les hommes craquent,
les fiers animaux balançant leur queue
devant des baraques ?
De ses bras elle m’ouvrit le berceau.
Dans le bel intervalle
je me glissai. Dans le lit d’un ruisseau
chantait une cigale.
Sous le feuillage protecteur d’un chêne
flottait l’exhalaison
douçâtre et bonne d’un monde sans haine,
comme au seuil des maisons.
Elle avait un bord frais à ses chevilles.
Vite déboutonné,
mon oiseau fou vint y lancer sa trille.
Il faut lui pardonner.
Rien de ce qui fut n’était effrayant.
C’est la danse des filles,
qui donne aux soutanes cet air riant,
à l’ombre des charmilles.
On s’amusa jusqu’à l’heure de la lune,
qui d’un coup de cravache,
de son linceul, cingla notre peau brune.
Au loin beuglaient les vaches.
Un bréviaire aussi décrit les saisons.
Y a le temps des délices,
avec celui d'un dieu à l’horizon,
et son œil de police.
Elle s’en alla pour que faute expire.
Je fermais mes paupières,
mais dessus souffla un curieux zéphyr,
comme un rêve de pierre.
Raoul
A l’ombre sévère d’un presbytère
elle exposa sa fleur.
Etrangement, feuilletant mon bréviaire,
parvint une chaleur.
Avec des cols durs et blancs sans cravate,
jamais sur les pelouses
je flirtais, jamais pieds nus en savates
quelqu’un me fit jaloux.
Mais un matin le jour devint plus clair.
Des collines, les croupes
vertes propageaient des envies de chair
à faire jouir les troupes.
Existe-t-il vraiment ce pays bleu
là où les hommes craquent,
les fiers animaux balançant leur queue
devant des baraques ?
De ses bras elle m’ouvrit le berceau.
Dans le bel intervalle
je me glissai. Dans le lit d’un ruisseau
chantait une cigale.
Sous le feuillage protecteur d’un chêne
flottait l’exhalaison
douçâtre et bonne d’un monde sans haine,
comme au seuil des maisons.
Elle avait un bord frais à ses chevilles.
Vite déboutonné,
mon oiseau fou vint y lancer sa trille.
Il faut lui pardonner.
Rien de ce qui fut n’était effrayant.
C’est la danse des filles,
qui donne aux soutanes cet air riant,
à l’ombre des charmilles.
On s’amusa jusqu’à l’heure de la lune,
qui d’un coup de cravache,
de son linceul, cingla notre peau brune.
Au loin beuglaient les vaches.
Un bréviaire aussi décrit les saisons.
Y a le temps des délices,
avec celui d'un dieu à l’horizon,
et son œil de police.
Elle s’en alla pour que faute expire.
Je fermais mes paupières,
mais dessus souffla un curieux zéphyr,
comme un rêve de pierre.
Raoul
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2 commentaires
claude · le samedi 26 février 2011 à 21:59
domidom · le dimanche 27 février 2011 à 09:47
Quel merveilleux poème, à déguster avec plaisir et sans répit, impossible de relever un vers en particulier, le tout étant d'une harmonie parfaite...
J'ai ADORE te lire mon ami...
A bientôt...
Domie...
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