UNE JOURNEE QUE J'OFFRE A TOUS
UNE JOURNEE QUE J'OFFRE A TOUS
Nous sommes allés à Dancharia. Le soleil remplissait le ciel. La voiture roulait bien à part les roues qui faisaient un bruit de frottement de plus en plus audible. Mauricette souriait avec ses larges lunettes et ses ongles joliment vernis. Au restaurant nous avons attendu longtemps avant de pouvoir être servi, mais Mauricette m’a dit « Nous avons le temps, apprécions le beau paysage ». Nous avons bu du vin rouge et nous avons échangés des idées sur l’essentiel de ce qui devait nous unir. Nous étions extraordinairement d’accord. Un garçonnet à une table voisine souriait à Mauricette en agitant sa main. Cela la fit rire en même temps qu’elle découvrait sa fine dentition de neige. Plus tard nous avons achetés des fleurs pour les jardinières de notre balcon, et aussi quelques habits pour la petite fille de Mauricette. Un boléro bleu à longues manches et des chaussettes. Mon vieux porte-monnaie qui n’en pouvait plus, j’ai dû le remplacer par un neuf en véritable cuir de vache. J’ai demandé à Mauricette si elle en aimait la couleur, elle m’a répondu affirmativement avec un enthousiasme qui me surprit. Après nous nous sommes promenés à pieds sur la route qui traversait la forêt. Les arbres étaient décharnés sans feuillage, et le soleil jouait à cache-cache entre les troncs fluets. Mauricette a cueilli des primevères. Je l’ai photographié plusieurs fois car j’aime bien voir Mauricette accroupie au bord des chemins. Son amour pour les fleurs des bois m’a toujours impressionné. Puis plus tard Mauricette s’est baissée à nouveau pour faire pipi dans la forêt, mais là je n’ai pas osé la photographier. Nous avons grimpés jusqu’à la carrière, avec ses machines, ses hangars, ses gros camions. Tout était silencieux aujourd’hui puisque nous étions dimanche. Une poussière blanche recouvrait toutes les herbes, les feuilles, les haies aux alentours. Mauricette m’a dit « Ca fait vraiment des dégâts ». J’ai acquiescé en ayant simultanément des visions de fin du monde. Nous sommes revenus en marchant d’un même pas silencieusement sur la route bitumée. La rivière qui coulait miroitait dans le soleil déclinant. Puis nous nous sommes arrêtés pour boire un verre dans un bistrot qui faisait aussi venta. Nous aimons bien nous asseoir sous le préau qui borde l’eau, les oiseaux viennent picorer les miettes que les clients y laissent. C’était Carnaval. Un groupe de jeunes gens et filles déguisés outrancièrement chantait et criait dans le café. Ils sont sortis pour se faire photographier sur les bancs et tables sous le préau. Nous avons dû changer de place pour ne pas être dans le champ de la photo. Nous étions comme deux étrangers au sein d’une peuplade excitée, éméchée, où tout aurait pu basculer au moindre prétexte. En repartant nous avons vu un couple de chevaux au milieu des voitures stationnées. Il attendait ses cavaliers. Une fille en chapeau de cow-boy et ceinturon avec son compagnon sont venus enfourcher leur monture, tandis que le reste de la troupe carnavalesque entamait laborieusement une danse vacillante et grotesque. Pour revenir nous avons emprunté le chemin des crêtes et le disque du soleil était immense dans le ciel sans nuage. Les maisons blanches aux pierres roses massives et aux balcons de bois donnaient au paysage un air de réconfort et rassurant malgré la campagne ravinée. Sans pouvoir se le dire, nous pensions, Mauricette et moi, que nous venions de vivre une excellente journée, pour un début de mois de mars encore frileux malgré le ciel gorgé de soleil.
RAOUL
Nous sommes allés à Dancharia. Le soleil remplissait le ciel. La voiture roulait bien à part les roues qui faisaient un bruit de frottement de plus en plus audible. Mauricette souriait avec ses larges lunettes et ses ongles joliment vernis. Au restaurant nous avons attendu longtemps avant de pouvoir être servi, mais Mauricette m’a dit « Nous avons le temps, apprécions le beau paysage ». Nous avons bu du vin rouge et nous avons échangés des idées sur l’essentiel de ce qui devait nous unir. Nous étions extraordinairement d’accord. Un garçonnet à une table voisine souriait à Mauricette en agitant sa main. Cela la fit rire en même temps qu’elle découvrait sa fine dentition de neige. Plus tard nous avons achetés des fleurs pour les jardinières de notre balcon, et aussi quelques habits pour la petite fille de Mauricette. Un boléro bleu à longues manches et des chaussettes. Mon vieux porte-monnaie qui n’en pouvait plus, j’ai dû le remplacer par un neuf en véritable cuir de vache. J’ai demandé à Mauricette si elle en aimait la couleur, elle m’a répondu affirmativement avec un enthousiasme qui me surprit. Après nous nous sommes promenés à pieds sur la route qui traversait la forêt. Les arbres étaient décharnés sans feuillage, et le soleil jouait à cache-cache entre les troncs fluets. Mauricette a cueilli des primevères. Je l’ai photographié plusieurs fois car j’aime bien voir Mauricette accroupie au bord des chemins. Son amour pour les fleurs des bois m’a toujours impressionné. Puis plus tard Mauricette s’est baissée à nouveau pour faire pipi dans la forêt, mais là je n’ai pas osé la photographier. Nous avons grimpés jusqu’à la carrière, avec ses machines, ses hangars, ses gros camions. Tout était silencieux aujourd’hui puisque nous étions dimanche. Une poussière blanche recouvrait toutes les herbes, les feuilles, les haies aux alentours. Mauricette m’a dit « Ca fait vraiment des dégâts ». J’ai acquiescé en ayant simultanément des visions de fin du monde. Nous sommes revenus en marchant d’un même pas silencieusement sur la route bitumée. La rivière qui coulait miroitait dans le soleil déclinant. Puis nous nous sommes arrêtés pour boire un verre dans un bistrot qui faisait aussi venta. Nous aimons bien nous asseoir sous le préau qui borde l’eau, les oiseaux viennent picorer les miettes que les clients y laissent. C’était Carnaval. Un groupe de jeunes gens et filles déguisés outrancièrement chantait et criait dans le café. Ils sont sortis pour se faire photographier sur les bancs et tables sous le préau. Nous avons dû changer de place pour ne pas être dans le champ de la photo. Nous étions comme deux étrangers au sein d’une peuplade excitée, éméchée, où tout aurait pu basculer au moindre prétexte. En repartant nous avons vu un couple de chevaux au milieu des voitures stationnées. Il attendait ses cavaliers. Une fille en chapeau de cow-boy et ceinturon avec son compagnon sont venus enfourcher leur monture, tandis que le reste de la troupe carnavalesque entamait laborieusement une danse vacillante et grotesque. Pour revenir nous avons emprunté le chemin des crêtes et le disque du soleil était immense dans le ciel sans nuage. Les maisons blanches aux pierres roses massives et aux balcons de bois donnaient au paysage un air de réconfort et rassurant malgré la campagne ravinée. Sans pouvoir se le dire, nous pensions, Mauricette et moi, que nous venions de vivre une excellente journée, pour un début de mois de mars encore frileux malgré le ciel gorgé de soleil.
RAOUL
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2 commentaires
domidom · le lundi 7 mars 2011 à 14:42
Voilà une douce journée de mars qui va te laisser d'excellents souvenirs, tu aurais pu appeler cet écrit, (Le temps d'une ballade)...
J'ai aimé vous suivre à travers la forêt, et j''ai imaginé Mauricette avec son petit bouquet de fleurs à la main...
Agréable moment de lecture...
Amitiés...
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
joel646 · le lundi 7 mars 2011 à 17:56
Vu vos écrits nous sommes voisins ce qui forcément éveille en moi quelques images bien précises.
Amitiés,
Joël
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http://www.mespoemes.net/joel646
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