Soir sur la mer
D'abord voici le ciel et voici le grand large,
Voici le flot tranquille
Où l'ombre va descendre et s'installer sans hâte
Et fureur inutile.
Voici l'oiseau qui passe et traverse l'espace
Emportant avec lui
Le rêve de toujours de notre humaine espèce :
Se fondre dans l'azur.
Voici le crépuscule et son combat tragique ;
C'est l'aurore à rebours où tout parle de mort :
Le brûlot du couchant, le deuil de la lumière
Et cette angoisse au coeur.
Voici le jour vaincu. C'est l'heure inexprimable
Du calme revenu dans le ciel qui s'endort.
Et de l'horizon gris monte en voile impalpable
L'étrangeté du sort.
Et puis, comme l'oiseau, voici que le silence
Vient planer sur la mer.
Et tout semble irréel ; la prison indécise
S'entr'ouvre à l'univers.
C'est le rêve et l'amour, le poème qui monte
Et découvre là-haut
La vision sublimée au regard d'indulgence
Que sait le trépassé.
Et tel un goéland aux grands vents de partance,
Le vol de la pensée ayant pris son essor,
Va, s'élève et palpite et médite et s'élance
Et domine la mort.
Binic (22) août 1978
paru dans la revue "Art et Poésie"
Voici le flot tranquille
Où l'ombre va descendre et s'installer sans hâte
Et fureur inutile.
Voici l'oiseau qui passe et traverse l'espace
Emportant avec lui
Le rêve de toujours de notre humaine espèce :
Se fondre dans l'azur.
Voici le crépuscule et son combat tragique ;
C'est l'aurore à rebours où tout parle de mort :
Le brûlot du couchant, le deuil de la lumière
Et cette angoisse au coeur.
Voici le jour vaincu. C'est l'heure inexprimable
Du calme revenu dans le ciel qui s'endort.
Et de l'horizon gris monte en voile impalpable
L'étrangeté du sort.
Et puis, comme l'oiseau, voici que le silence
Vient planer sur la mer.
Et tout semble irréel ; la prison indécise
S'entr'ouvre à l'univers.
C'est le rêve et l'amour, le poème qui monte
Et découvre là-haut
La vision sublimée au regard d'indulgence
Que sait le trépassé.
Et tel un goéland aux grands vents de partance,
Le vol de la pensée ayant pris son essor,
Va, s'élève et palpite et médite et s'élance
Et domine la mort.
Binic (22) août 1978
paru dans la revue "Art et Poésie"
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6 commentaires
Rêveuse · le vendredi 25 janvier 2019 à 21:40
Pour moi qui suis une "amoureuse de la mer" ce poème est tout simplement magnifique!!!!!!!!!
Il n'a pas pris "une ride" et a eu toute sa place dans cette revue "art et poésie"!
merci pour cette très belle lecture !
belle soirée avec mes sincères amitiés!
rivaudais · le vendredi 25 janvier 2019 à 22:50
Susan* Coquelicot * · le samedi 26 janvier 2019 à 06:26
Qu'il est beau ton poème ...Moi qui adore rêvasser face à la mer et les goélands je suis comblée par cette très belle lecture !
Merci beaucoup ...Ce fût un moment très agréable pour moi ...Rêverie et l'envie soudaine de faire un petit tour vers l'océan ....Paris n'est si loin !!!
Bon week-end René !
Bien amicalement.
Susan
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 26 janvier 2019 à 07:08
Ah, quelle très bonne idée de nous faire partager ce poème que tu avais écrit en 1978 !
Ce poème a de la force. Cela se ressent. C'est une description tant minutieuse qu'émotionnelle de l'ambiance océane.
De surcroît, je connais le petit port de Binic, alors le plaisir n'en est que plus grand.
Te flatterais-je en te disant également que les deux derniers quatrains me semble avoir aussi cette force que démontrait Hugo quand il parlait de l'océan et de ses drames ?
Beau week end breton et océanique, cher René. A très bientôt. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
debbie · le samedi 26 janvier 2019 à 10:50
Belle journée
Amitié
Debbie
rivaudais · le samedi 26 janvier 2019 à 15:24
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